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27 novembre 2008 4 27 /11 /novembre /2008 17:12





OGAWA Yoko ,
Une parfaite chambre de malade

Actes Sud Babel, 2003
traduit du japonais

par Rose-Marie Makino-Fayole
 












Ogawa Yoko est née à Okayama (Japon) en 1962 ; au collège, âgée de 13 ans, elle est marquée par la lecture du Journal d'Anne Franck, ce sont la simplicité et la maturité d'Anne Franck lorsqu'elle parle de la guerre qui l'impressionnent ; elle est aussi profondément touchée par la cruauté de la Seconde Guerre mondiale et les bombardements d'Hiroshima, et c'est ce qui la pousse à écrire. Elle étudie la littérature anglaise et américaine à l'université de Waseda à Tokyo,et grâce à l'un de ses professeurs Motoyuki Shibata également traducteur elle  découvre l'oeuvre de Paul Auster, pour qui elle a une grande admiration. Elle est influencée dans ses écrits par Junichiro Tanizaki (1886/1965) ou encore Haruki Murakami, son auteur préféré, mais également par des auteurs américains comme Fitzgerald, Truman Capote ou Raymond Carver.

Elle commence par écrire des romans courts, des nouvelles et obtient un premier prix littéraire, le prix Kaien  en 1988. Depuis elle a écrit une trentaine de livres dont huit sont traduits en français par Rose-Marie Makino-Fayole et publiés chez Actes Sud. En 1991, pour son roman la Grossesse, elle obtient le prix le plus prestigieux du Japon, le prix Kawabata (équivalent du prix Goncourt en France), qui tient son nom d'un grand auteur des années 50 et prix Nobel de la littérature.
 
 
Elle écrit ce recueil de deux nouvelles en 1989 mais elles ne sont publiées en France qu'en 2003.

Dans Une parfaite chambre de malade, elle a une approche de la mort complètement dédramatisée, elle arrive à en extraire de la beauté, dans un style qui lui est caractéritique et trés poétique. Un paradoxe réside déjà dans le titre, car cette chambre est la chambre d'hôpital du jeune frère de la narratrice. Ce dernier ,àgé de 21 ans à peine, est atteint d'une maladie qui le ronge de l'intérieur et va finir ses jours dans cette chambre, qualifiée de parfaite ! Ogawa nous décrit là le courage d'une jeune femme accompagnant son frère loin de la douleur de la mort mais plutôt dans l'intimité et l'amour qui les unit.

La désagrégation du papillon nous conte l'histoire d'une jeune femme dont la grand-mère se "désagrège" mentalement ; elle devient silencieuse, immobile, s'efface complètement de la réalité et la narratrice se trouve bien obligée de la confier à une institution médicalisée. Dans ce texte, Ogawa explore une fois de plus le passage de la vie à l'absence qui génère beaucoup de sentiments. Accablée de remord, de regrets, de solitude, la narratrice se pose des questions sur la réalité et ses apparences et en vient finalement à douter d'elle-même. Le lecteur est plongé dans un monde original et mystérieux mélé de rêves et d'illusions...

L'oeuvre de Yoko Ogawa est fascinante pour la qualité et la simplicité de son écriture mais aussi pour son souci
déconcertant du détail.

Citation : "il faut partir de l'imaginaire pour toucher la réalité"

Kadija, 1ère année Bibliothèques

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Published by Kadija - dans Nouvelle
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commentaires

mika.L 28/11/2008 20:14

Oui, le réel est invisible. Il s'imagine à taton.
Nous sommes des mains qui cherchent...

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