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29 novembre 2008 6 29 /11 /novembre /2008 00:11
Après avoir travaillé pendant plusieurs années dans la publicité, Bruno Loth se lance dans la BD et crée sa propre maison d'édition, Libre d'images. Il y publie Ermo, bande dessinée en rouge et noir qui nous conte l'histoire d'un jeune orphelin qui décide de suivre une troupe de saltimbanques à travers leur tournée en Espagne. Mais nous sommes en 1936 et la guerre civile espagnole ne va pas tarder à éclater… La troupe va alors se retrouver confrontée à la montée du fascisme...


Tout d’abord, comment êtes-vous passé du milieu de la publicité à celui de la bande dessinée ?

C’est tout simple, je n’ai jamais arrêté de faire de la bande dessinée, mais pour me nourrir il était plus simple de faire de la pub. En parallèle je construisais des projets BD sans pouvoir les faire aboutir par manque de temps (9 mois en ne faisant que ça pour une BD), il a fallu choisir…
 
Pourquoi avoir choisi le sujet de la guerre d’Espagne ?

Cette période est, je crois, une tragédie touchant tout un peuple et jusqu'à nos jours les plaies ne sont pas encore totalement refermées et quand on a dans sa famille des gens qui l’ont vécue on ne peut qu’avoir envie d’en parler et surtout il était essentiel de transmettre à mes enfants le passé de leur grand-père.
 
Pourquoi avoir choisi la bichromie rouge et noire ? Qu’est-ce que cela apporte à l’histoire selon vous ?

Je me suis retrouvé devant un problème, les premières planches d’Ermo terminées et mises en couleurs semblaient s’adresser à un public d’enfants. Je voulais m’adresser surtout aux ados et aux adultes, et retranscrire l’ambiance de l’époque. M’inspirant de Picasso qui réalisa la toile « Guernica » en noir et blanc pour, selon lui, n’avoir vu que des films (en noir et blanc à l’époque) et des coupures de journaux traitant du sujet, je suis passé au noir et blanc. Cela ne m’a pas satisfait complètement et j’ai rajouté le rouge pour contraster certaines parties du dessin. Le rouge et noir pour exprimer la révolution, la guerre, le sang, mais aussi le cirque et l’Espagne. 



Vous avez choisi de vous auto-éditer, auto-diffuser et auto-distribuer et vous avez créé votre propre maison d’édition Libre d’Images. Qu’est-ce que cela vous apporte et quelles sont les contraintes de l’autoédition ? Est-ce selon vous un réel avantage et le conseilleriez-vous à de jeunes auteurs voulant se lancer dans la bande dessinée ?

Pour moi, qui ai travaillé en tant que freelance dans la pub pendant 20 ans, il n’était pas question de retomber dans les mêmes schémas. Pour réaliser ma bd j’ai beaucoup lu sur les principes du capitalisme et de l’anarchie, et l’idée de liberté compte énormément pour moi. En choisissant de m’éditer par mes propres moyens tout me semblait plus simple et en accord avec mes principes. Je réalise un livre sans aucune contrainte, je l’imprime et je vais à la rencontre des lecteurs via les salons de la BD ; ainsi je reste libre à tous les niveaux. A vrai dire cela n’est pas si simple et demande beaucoup de temps et d’énergie. Donc je conseillerai aux jeunes auteurs de faire la même chose s’ils ont du temps et du courage et pas envie de se faire exploiter.  
 
Comment faites-vous pour faire connaître votre livre (dans et hors de la région) ?

Les salons du livre et autres festivals et par internet : www.libredimages.fr 

Pensez-vous un jour vous faire rééditer chez un plus gros éditeur ?

Pour quoi faire…
 
Avez-vous des projets après Ermo ? Si oui, pensez-vous les éditer chez Libre d’Images ?

Oui, j’ai plein d’autres projets et suivant les projets, d’autres, peut-être, les publieront. Je ne suis pas toujours seul dans ces projets, donc on verra…

Avec tous nos remerciements.

Maëla Le Gall et Fanny Gaujacq, L.P.

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Published by Maëla et Fanny - dans Entretiens
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