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30 novembre 2008 7 30 /11 /novembre /2008 00:45





Taniguchi et Utsumi,
L' Orme du Caucase
, 1993,
Trad. Marie-Françoise Monthiers
et Frédéric Boilet,
adaptation graphique, Frédéric Boilet,
Casterman écritures, 2004.





















L’Orme du Caucase, ce sont huit nouvelles de Ryuichiro UTSUMI adaptées ensuite en manga par Jiro TANIGUCHI. Ce recueil est paru en 2004 chez Casterman dans la collection « Écritures » et contient, en plus des huit nouvelles, une post-face d’Ushio YOSHIKAWA.

UTSUMI est un scénariste japonais qui est né le 20 juin 1937 au Japon. Jiro TANIGUCHI quant à lui est mangaka (auteur de mangas) et il s’est surtout fait connaître avec Quartier lointain (dont le 1er tome a reçu un prix à Angoulême en 2003). Il est né le 12 août 1947 et produit encore aujourd’hui de magnifiques œuvres comme L’Orme du Caucase.

Les auteurs se rejoignent et se ressemblent parfaitement dans leur univers. Ils nous font en effet voyager dans un monde paisible, calme, de douceur et d’une simplicité redoutable puisque très riche et très profonde.

Dans la sphère de TANIGUCHI on retrouve souvent une certaine importance du lien qui se construit ou se renforce, au fil de l’histoire, entre des personnes, souvent proches. Et c’est le cas de toutes ces nouvelles où des frères et sœurs (« Le parapluie », « Dans la forêt »), un grand-père et sa petite-fille (« Le cheval de bois ») ou encore un couple (« Les environs du musée ») apprennent à se connaître et à s’interroger sur leur façon d’être et sur le comportement à avoir avec ces personnes qui justement les entourent.

Le dessin de TANIGUCHI est d’apparence simple mais au fil de la lecture on se rend compte d’un travail très approfondi. En effet, ce qui compte n’est pas forcément ce qu’on voit à travers nos yeux mais ce qu’on ressent à travers la lecture de ces écrits dessinés : le présent dans lequel se déroule l’histoire ne sert qu’à introduire le passé, parfois brièvement (« Le cheval de bois »), qui va ensuite donner tout son sens à la nouvelle ; les personnages sont ce qu’ils sont par leur façon de penser, d’agir mais aussi par leur vécu et leurs souvenirs et non par leur apparence physique qui ne s’avère que partiellement représentée ; et la bulle, qui est primordiale et qui est LE symbole du manga ou de la B.D. anime seulement le manga car ce sont les interventions de l’auteur qui nous expliquent le mieux la scène en exprimant le ressenti des personnages et leur façon de voir.


De même cette simplicité riche se retrouve dans ses dessins qui ne nous perdent pas dans l’histoire et nous la font comprendre du mieux possible mais qui parfois nous donnent l’impression d’être face à des œuvres d’art, notamment pour la représentation des expressions des personnages : par un simple trait on ressent immédiatement toute la joie, la peine ou la tristesse du personnage (« Son pays natal », « Dans la forêt »). De plus, caractéristique du manga (mais que l’on retrouve aussi dans certaines B.D.) l’absence de couleurs qui, ici, par la beauté du texte et de l’image ne se perçoit presque pas et le lecteur peut ressentir tous les jeux de lumière et de couleurs, dans « L’Orme du Caucase » par exemple.

Cette nouvelle sur laquelle s’ouvre le roman nous fait pénétrer immédiatement dans l’univers des deux auteurs et surtout dans ce qu’ils souhaitent nous montrer et ce sur quoi ils souhaitent aussi nous faire réfléchir : notre façon d’être envers nos proches mais aussi envers le milieu qui nous entoure, milieu où la nature règne et doit continuer à régner.

La nouvelle qui suit, « Le cheval de bois », quant à elle, représente bien le travail de TANIGUCHI et notamment la beauté de ses dessins, ici, les portraits de la petite-fille et ses différentes expressions, très palpables, nous font presque nous retrouver dans une salle de cinéma.

Cette œuvre est qualifiée de manga mais il serait mieux de la situer entre la B.D. et le manga de par sa qualité ; de plus, les nouvelles sont à la base des récits d’UTSUMI. Et, selon moi, il ne faut pas s’arrêter à son aspect, malgré les préjugés qu’on peut avoir dessus car c’est une œuvre si riche, si calme, si apaisante, si facile à comprendre et à pénétrer qu’il serait dommage de passer à côté d’un si magnifique chef-d’œuvre où deux auteurs réussissent à nous faire rêver et réfléchir sans nous attaquer et c’est en cela que les œuvres d’UTSUMI sont « gentilles ».

Nathalie, 1ère année Bib

Sur Taniguchi, voir aussi :


et les articles de Fanny et de BenoÎt sur Japon (Collectif).


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