Raymond CARVER,
Neuf histoires et un poème
Traduit de l’américain par :
Gabrielle Rolin, François Lesquin,
Simone Hilling et Jean-Pierre Carasso.
Editions de l’Olivier, 1996
Collection : Petite Bibliothèque de l’Olivier
Raymond Carver (1938-1988) est considéré comme l’un des plus grands nouvellistes de son temps.
Biographie
Carver est né aux Etats-Unis dans l’Oregon près de la rivière Columbia. Son père, ouvrier dans
une scierie était alcoolique et sa mère travaillait en tant que serveuse ou vendeuse dans un commerce. Elevé à Yakima dans l’Etat de Washington, il lit plusieurs nouvelles policières de Mickey
Spillane. En 1956, il se marie avec une amie du lycée et a deux enfants. Il effectue de multiples travaux à la scierie de son père. Lorsque la famille s’installe en Californie, Carver s’intéresse
à l’écriture et prend des cours avec l’écrivain John Gardner (auteur britannique à l’origine de nombreuses nouvelles sur le personnage de James Bond). Carver continue ensuite ses études dans
diverses universités. Dans les années 60, Carver et sa famille s’installent à Sacramento où il apprend beaucoup sur l’art de la poésie. C’est d’ailleurs durant cette période que paraît son
premier recueil de poèmes intitulé Near Klamath en 1967. Cette année est très importante pour l’écrivain car en même temps que son premier ouvrage est publié, son père décède et Carver
s’en trouve très affecté.
Entre les années 70 et 80, Carver est enfin reconnu par ses pairs. Il en profite pour enseigner
dans diverses universités américaines. Cependant la notoriété le fait plonger dans l’alcool. Un problème qui le poursuivra jusqu’en 77. Continuant à écrire pendant encore quelques années, Carver
meurt finalement en 88 d’un cancer du poumon à l’âge de 50 ans. Il venait d'entrer à l’Académie Américaine des Arts et des Lettres.
Les œuvres de Carver
Carver est avant tout un nouvelliste de premier ordre. Néanmoins il n’a publié que 26
nouvelles durant sa vie. Ce qui est très peu. Parmi les recueils les plus célèbres, on trouve Tais-toi je t’en
prie (1976), Parlez-moi d’amour (1981) et Les Vitamines du
bonheur (1983). Deux recueils posthumes contenant ses nouvelles ont été publiés : Short Cuts (adapté au cinéma en 1993) et Where I’m Calling From ? (1988).
Carver a aussi publié plusieurs poèmes et une pièce de théâtre sur Dostoïevski.
Carver et ses nouvelles
Lorsqu’on lit les écrits de Carver, on s’aperçoit à quel point il décrit avec finesse et
exactitude le quotidien. Chacun des personnages qu’il met en scène s’avère complexe et réel. Ces protagonistes sont tellement ancrés dans une réalité tangible qu’il est très facile pour le
lecteur de s’identifier à eux. Quand on parcourt ces récits, on s’étonne de la précision du détail et de la dimension psychologique des héros de Carver. Son génie parvient à cibler sans
difficulté les problèmes liés aux rapports humains, à nos angoisses et envies tout en utilisant un style très simple, sans embellissements. C’est la raison pour laquelle, les nouvelles de
cet écrivain sont intemporelles et si plaisantes à lire.
"Dites aux femmes qu’on va faire un tour"
Bill et Jerry sont deux amis de toujours. Ils ont grandi ensemble et entretiennent une amitié
très forte. Chacun mène une vie à peu près similaire. Un jour, lors d’un barbecue chez Jerry, les deux copains décident d’aller se balader entre hommes en voiture. Sur la route, ils ont alors
l’idée de tester leur pouvoir de séduction auprès de deux jeunes inconnues, qui montent la côte à vélo. Après une première approche, les deux groupes décident de grimper jusqu’au sommet de la
colline. Là, Bill et Jerry commettent un adultère en compagnie des deux étrangères. Un acte qui selon la fin de la nouvelle, restera entre les deux amis.
"De l’autre côté du palier"
Bill et Arlène Miller sont un couple heureux et ordinaire qui cependant aimerait quelquefois
mener une autre vie, comme celles des Stones, leurs voisins. En effet d’après les Miller les Stones doivent avoir une existence plus exaltante que la leur. Un jour les Stones qui doivent partir,
demandent aux Miller de veiller sur leur appartement. Au bout de quelques visites, les Miller commencent à s’approprier les lieux, à vivre dans le luxe et l’abondance à la manière de leurs
voisins. Cette habitude peu commune commence alors à devenir une obsession et le couple passe de plus en plus de temps dans l’appartement. Malheureusement le destin s’en mêle et rappelle d’une
façon assez brutale que tout cela n’est qu’un rêve et que cette vie n’est pas la leur.
Valentin, 1ère année Bibliothèques
Voir aussi
les articles de Joséphine et de Cécile sur Les
Vitamines du bonheur, d'Elise sur Tais-toi, je t'en
prie.