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2 décembre 2008 2 02 /12 /décembre /2008 06:14








Myriam ICAZA est née à Bordeaux en 1954. Sa passion pour l’écriture et la lecture lui est venue de son grand-père qui dans sa jeunesse lui a fait la lecture de Cyrano de Bergerac. En 1997, elle quitte Paris et la production de disques pour Sore dans les Landes et la production d’ouvrages illustrés pour la jeunesse.







En 2000, elle crée les personnages de Nine et de son chat Lou-Minou. Les deux héros, à travers leurs différentes aventures, font découvrir aux lecteurs le patrimoine landais avec ses diverses fêtes et traditions tout en sensibilisant la jeunesse aux problèmes actuels. Entre 2000 et 2003 paraissent quatre albums, tous publiés aux éditions du Carnet de notes, maison créée par l’auteur elle même : Tempête dans la lande (thèmes abordés : la tempête de 1999, le gemmage, le patois…), Fête au village (thèmes abordés : la myopathie, la vie des bergers, les plantes médicinales…), Le secret de la source (thèmes abordés : les sources miraculeuses, la nature, la pollution de l’eau…) et Cap au Sud…Ouest (thèmes abordés : découverte du Bassin d’Arcachon, l’île aux oiseaux, le parc à huîtres, la réserve naturelle, la pollution marine…)


En 2005 parait une suite des aventures de Nine et Lou-Minou au format BD, Sud-west sauvage. Aujourd’hui, Myriam Icaza en a terminé des aventures des personnages de Nine et Lou-Minou et se lance dans la rédaction de carnets de voyages dont la sortie n’est pas encore déterminée.







Interview réalisée le Mercredi 12 Novembre 2008 à Sore, dans les Landes, chez l’auteur.

Myriam Icaza, bonjour.
J’ai fait votre connaissance par le biais d’une animation que vous étiez venus faire, avec Lionel Baillemont, à la médiathèque municipale de Vielle Saint-Girons dans les Landes en juin dernier. Cette animation avait pour but de promouvoir vos ouvrages mais aussi de montrer aux enfants « le processus de création, de mise en page, d’impression et de réalisation finale des ouvrages de la série Nine et Lou-Minou »

Vous êtes née à Bordeaux mais vous avez vécu une partie de votre vie à Paris où vous travailliez dans la production de disques. En 1997, vous quittez Paris, vous venez vous installer à Sore et vous vous lancez dans la rédaction et la production d’ouvrages illustrés pour la jeunesse. Pourquoi un tel changement ?


Je suis née à Bordeaux. Paris est un passage obligé pour faire de la musique, c’est une classe obligatoire. Un jour, nous en avons eu assez, la musique ce n’était plus ça, puis il y avait tous ces papiers, car au fond nous sommes des créateurs. Nous avions à nouveau envie de travailler pour nous. Et comme j’aime le Sud-ouest, je suis revenue chez moi.


 Vous dites de vous : « Je suis une journaliste pour enfants ». Pensez-vous qu’aujourd’hui les enfants ne sont pas assez bien informés, du moins de leur patrimoine passé ?

Je ne sais même plus quoi penser. La télé ! Ça fait peu de temps que j’ai vendu la mienne ; avant c’était un bon outil, on nous montrait des choses pédagogiques, maintenant c’est devenu violent et bêtifiant. Il reste quelques émissions intéressantes, mais rien ne vaut le contact avec les gens, rien ne vaut le fait d’entendre de leur bouche ce qu’ils ont accompli. Sans être obsédée par le passé j’aime la vie des gens. Parmi les livres pour la jeunesse il y en a beaucoup de bien, les dessins sont souvent magnifiques, mais les textes laissent parfois franchement à désirer. On prend les enfants un peu trop pour des idiots, ça me gène énormément car lorsque je leur parle normalement ça n’a pas l’air de les gêner ; les rendre bêbêtes moi ça ne me plaît pas trop, et je n’ai pas essayé de changer mon style parce que j’écrivais pour des petits. J’ai eu trois refus en allant dans des bibliothèques justement parce qu’il y avait trop de texte, si ce n’est pas dans les bibliothèques qu’on apprend à lire où doit-on aller ! C’est une petite anecdote très révélatrice.
Dans mes albums, les dessins sont naïfs mais mon écriture ne l’est pas. Certes il faut un bon niveau de lecture mais grâce aux dessins tout enfant peut s’y retrouver.


 Vous avez choisi des personnes réelles pour créer vos personnages, par exemple vous êtes Nine. Pourquoi ? Est-ce une façon d’être pleinement ancré dans la réalité vu que vous parlez de faits réels dans vos histoires ?


J’aime bien l’imaginaire mais j’ai besoin de partir de choses réelles comme mes voisins, c’est tellement plus sympa de travailler sur eux, comme ça ils ne sont pas oubliés ; c’est intéressant le réel.
Parallèlement je rêve beaucoup, je suis souvent dans l’imaginaire mais j’ai besoin de partir de personnes réelles.


 Vos ouvrages peuvent être perçus comme un vibrant appel à la défense du patrimoine landais. Pensez-vous qu’il est en danger ?

Je parle du patrimoine landais car il se trouve que c’est là que je vis ; c’est le patrimoine en général dont je parle, on revient au passé, j’aime bien parler de ce qui est menacé. Le patrimoine landais n’est pas particulièrement en danger, mais j’essaie à travers le patrimoine landais de parler de la réalité.


 Vous abordez dans vos ouvrages des thèmes assez différents à la fois distrayants comme la cueillette des champignons ou la recette des merveilles (dans Tempête dans la lande) et à la fois profonds comme la tempête de 1999 (dans Tempête dans la lande), la myopathie (dans Fête au village), ou la pollution de l’eau (dans Cap au Sud… Ouest).L’album illustré est-il un moyen pour vous de sensibiliser les enfants à la réalité de la vie faite de joie et de peine ?


Oui. J’ai vu également qu’il y a des maisons d’éditions qui font des ouvrages sur des sujets comme la mort, le divorce… je trouve ça très intéressant. Je voulais sensibiliser les enfants. Avant on nous protégeait et quand quelque chose de grave arrivait, on ne comprenait pas ; on devrait nous faire appréhender certaines choses de la vie courante, car après on est désarçonné. Aborder des sujets sérieux sous forme d’album, voilà ce qui m’intéresse. Il faut sensibiliser les enfants mais il faut que ça soit bien fait. Dans l’avenir je vais plus me tourner vers l’écriture et moins vers l’illustré.


 Vos ouvrages ont été promus par le biais de vitrines dans les bureaux de La Poste. Pourquoi avoir choisi un tel partenariat ?


C’est un hasard. La Poste s’y est mise il y a trois ans. C’est ici, à Sore, qu’on m’a demandé. La Poste avait commencé un choix par rapport à des artistes locaux (poterie, bijoux,…) ; j’avoue que c’était presque sans conviction car j’ai toujours trouvé cette idée… surprenante ! Pourtant au début c’était très intéressant, on ne nous connaissait pas, nous, les artistes locaux, donc c’était bien d’avoir un coin dans une vitrine. Après cela ils sont devenus trop à l’image d’une boutique, c’est devenu un business. Seulement sept à huit fournisseurs étaient choisis par département et ça, c’est dommage car il n’y avait plus la même spontanéité. Quand j’ai vu que ça marchait bien à Sore, je suis allée démarcher d’autres bureaux de Poste afin d’atteindre certains petits villages. Maintenant, j’ai un autre contrat avec le Lot et Garonne et la Dordogne.


 En plus d’être auteur, vous êtes également directrice de la maison d’éditons Carnet de Notes. Pourquoi avoir créé votre propre maison d’édition ?


J’ai vu qu’il y avait de gros problèmes dans la distribution et quand j’ai vu ce qui se passait : un pourcentage ridicule pour les auteurs, on ne peut pas vivre de ça, j’ai décidé de créer ma propre maison d’édition. J’avais un grossiste sur Bordeaux qui n’a pas fait grand chose pour moi. Il y a une guerre entre les libraires, les éditeurs mais sans les auteurs ils ne sont rien. Les libraires ne jouent pas le jeu, ils ne veulent pas des petites maisons d’édition. Alors je me suis prise en main et toute seule j’ai vendu 10 000 ouvrages ; pas trop dans les Landes mais dans les départements voisins comme le Gers ou le Béarn. Je voudrais pour mon prochain ouvrage me faire publier par une autre maison d’édition juste pour voir ! Je pense que, comme les disquaires, les libraires vont disparaître car ils ne jouent pas assez le jeu et ne s’intéressent pas assez aux petites maisons. Quant à l’ARPEL et la BDP, ils n’ont rien fait pour moi ; l’ARPEL m’a même oubliée une année dans la liste des auteurs jeunesses d’Aquitaine.
Je suis à la fois l’auteur, le directeur de la maison d’édition et le distributeur ; ce qui est différent des autoédités qui sont souvent refusés (hélas) dans divers salons du livre.


 En 2005, vous publiez une suite des aventures de Nine et Lou-Minou sous la forme d’une BD (Sud-west sauvage). Ce format est-il le reflet de l’évolution des enfants qui lisent vos histoires ?


La bande dessinée, c’est de la curiosité pour moi, une aventure, j’ai vu mon personnage devenir autre. Mais je ne me reconnais pas personnellement dans la BD. Lionel [Baillemont] a fait le scénario, il est plus dans l’humour, moi je suis plus poétique. La BD, c’est tout un état d’esprit, c’est un monde de jeunes. La BD a été éditée par une autre maison d’édition qui est sous forme associative ; elle a bien marché mais il n’y aura pas de suite car l’illustrateur a décidé d’arrêter. La suite est dans un carton, peut être sortira-t-elle un jour ?


 Myriam, vous avouez sur le site de l’ARPEL « avoir fait un peu le tour de Nine et Lou-Minou. » Quels sont donc vos projets pour l’avenir ?

Nine et Lou-Minou c’est terminé, je vais me lancer dans les carnets de voyages. J’ai plein d’idées, j’ai commencé à écrire et je vais chercher une maison d’édition extérieure mais il faudra que les gens me plaisent. Avant le salon du livre de Pau, j’avais demandé à des enfants de me faire leurs propres carnets de voyages et les choix qui sont ressortis en premier sont les îles, l’Egypte et l’Inde. Mon ouvrage sera sûrement illustré par des photographies de voyages mais pas de dessins d’illustrateurs, je me débrouillerai avec mon ordinateur !
Je n’ai pour l’instant écrit que quatre pages, je suis paresseuse donc je ne sais pas quand il sortira car la Poste continue à me prendre du temps. Les dates butoirs m’obligent souvent à travailler mais là il se trouve que je n’en ai pas !












Je tiens ici à remercier Myriam Icaza qui m’a gentiment accordé de son temps pour répondre à mon interview et qui m’a permis d’utiliser les jaquettes des ses albums pour illustrer ma présentation.








Site des éditions du Carnet de Notes :

http://www.editionsducarnetdenotes.com/


Marion Labeyrie, L.P.

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Published by Marion - dans Entretiens
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