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2 décembre 2008 2 02 /12 /décembre /2008 18:00









Karla SUAREZ,
La Voyageuse

Traduit de l’espagnol (Cuba) par Claude Bleton
titre original : La Viajera
Paris : Métailié, 2005
Collection : Bibliothèque hispano-américaine. 








A propos de l’auteur





Karla Suarez est née à La Havane en 1969. Plusieurs de ses récits ont été réunis dans des anthologies publiées à Cuba, en Espagne et en Italie; également dans des revues littéraires au Mexique, en Argentine. Sa nouvelle "Aniversario" a été adaptée au théâtre en 1996. Elle fut l’invitée de la résidence la Maison des Écrivains Étrangers et des Traducteurs en 2004.

Ingénieur en informatique, elle vit aujourd’hui à Paris.

ANTHOLOGIES / REVUES
Un poème pour Alicia  (Un poema para Alicia), nouvelle publiée dans La Gaceta de Cuba en 1997, traduite par Liliane Hasson, dans Des nouvelles de Cuba, Métailié, 2001.
Carrosse pour acteurs  (Carroza para actores), nouvelle traduite par Rauda Jamis, dans Meet n°7, 2003.
Qui lira cette histoire ?, traduit dans le recueil Meeting, le lecteur idéal, Éditions Meet, 2003.

AUTRE OUVRAGE

*Tropique des silences  (Silencios). Récit semi-autobiographique, publié en 2002 en France, aux éditions Métailié. Il a reçu le Prix du premier roman en Espagne.
Elle collabore avec le photographe italien Francesco Gattoni. De cette rencontre entre le monde de la photographie et celui de l’écriture, naît l’ouvrage Cuba, les chemins du hasard, paru en 2008.
Karla y raconte son pays, à travers les photographies.

A propos de l’intrigue

Circé et Lucia, sont deux jeunes femmes cubaines et amies depuis leur rencontre en avion au Brésil lors d’un voyage d’études. A la fin de leurs visas, chacune suivra sa route : Lucia se marie à un homme d’affaires italien Bruno, tandis que Circé aime à se perdre en Amérique Latine, à Sao Paulo, puis au Mexique, à Madrid et à Paris. Celle-ci ne se manifestera que par des cartes postales. Des années plus tard, elle est invitée chez son amie, à Rome. L’arrivée de la sublime et légère Circé accompagnée de son fils Ulysse, et d’un bonsaï nommé Saï, bouleverse le quotidien de Lucia et son mari. Circé donne à lire
à Lucia son carnet de bord où elle écrit tout ce qu’elle ne veut pas oublier, sa quête de la ville unique, son Ithaque, celle qui lui appartiendra. Lucia, qui n’a jamais vraiment saisi les motivations de Circé lors de son départ hâtif du Brésil, découvre alors une tout autre réalité. Son amie lui apparaît comme un être fragile, sous ses rires et son énergie apparents. Circé, qui n’aime pas le mot « patrie », se défend d’appartenir à son pays d’origine. Les villes qu’elle parcourt sont peintes de jours bleu-vert ou rouge orangé selon ses humeurs, dans sa mémoire, et dans les pages de son carnet. Elles sont humées et embrassées, le temps d’une fête, de petits boulots, de musique, de conversations et d’espoirs. Car dans l’esprit de l’imprévisible Circé, les villes deviennent des ports de passage, dont elle prélève des fragments : elles n’existent que pour être abandonnées par la suite.

Thèmes abordés


La mémoire, l’exil, le temps (par la métaphore récurrente de l’eau), l’amitié féminine, la maternité.


Références littéraires citées dans l’ouvrage: L’ Odyssée d'Homère, Les Villes Invisibles
d'Italo Calvino, Cronopes et Fameux de Julio CORTAZAR et référence musicale : Concerto de Aranjuez de Joaquim RODRIGO.


Intérêt du roman


Facile à lire, dans un style simple et épuré, il nous dévoile avec poésie la redécouverte de deux jeunes femmes que tout semble opposer à commencer par leur caractère. En effet à la lecture du carnet, Lucia se révèle déstabilisée par la passion de Circé qui s’ennuie un jour, ne croit plus en rien et veut mourir ou rit aux éclats dans ses jours rouges. Elle se trouve dépassée par l’entêtement de son amie à « trouver sa ville »et elle l’envie même un peu pour son pragmatisme. Cependant, Circé va rendre à Lucia (en même temps qu’au lecteur ?) sa vraie place dans sa vie, et d’une certaine manière elle aura l’effet d’une averse : après la pluie tout sera à nouveau possible. Réfléchie et compréhensive, Lucia apporte finalement son soutien à Circé et comprend en l’observant la nébuleuse mystérieuse qui l’entoure.


Karla Suarez se plaît à doser l’humour vif et piquant pour le personnage de Circé et fait jaillir des images audacieuses, des sons nouveaux, révélateurs, épicés d’un ailleurs en perpétuel mouvement.

Un livre pour tous ceux qui n’ont pas encore trouvé leur port d’attache et pour les autres qui ne connaissent que trop bien la couleur ancienne de l’exil.

Deux citations

« Un peu de rose sur Sao Paulo ne ferait pas de mal. Sao Paulo qui n’en peut plus, qui est à bout de souffle. »  p116.

« […] les gens que l’on aime sont au centre de notre vie et, d’une certaine façon, ils nous obligent à porter sur le monde un regard différent, mais quand cette liaison magique est rompue, il ne reste que le monde, nu, sans audace de couleurs. »  p 334


Netogaphie
- ELECTRE
- http://pagesperso-orange.fr/calounet/resumes_livres/suarez_resume/suarez_voyageuse.htm
- http://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2006/01/dernier_dimanch.html
- http://www.sitartmag.com/karlasuarez.htm
- http://www.meet.asso.fr/meeting2005/auteurs/suarez.htm
- http://www.librairie-compagnie.fr/caraibe/auteurs/suarez_karla.htm

Anaïs Assemat, 1ère année Bib.



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