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6 décembre 2008 6 06 /12 /décembre /2008 22:20










Boris VIAN
Le loup-garou et autres nouvelles

Livre de poche, 1999
















Boris Vian, écrivain et musicien de jazz hors-pair est né à Paris en 1920.

Atteint d’une maladie cardiaque depuis sa jeunesse, il profita au maximum des possibilités multiples que lui offrait la vie. Figure mythique de la littérature française, il écrivait « la chronique du menteur » dans la revue littéraire Les Temps modernes de Sartre, et aussi des articles de jazz dans le magazine Jazz Hot. Ses écrits sur le jazz montrent toute la puissance du parolier et de l’interprète insolent qu’il était, ce qui se ressent aussi dans ses écrits.


L’écriture


Ce recueil est composé de 13 nouvelles de longueurs très différentes . certaines sont très courtes et d’autres plutôt longues.


A l’intérieur de ce recueil on retrouve toute la gamme des genres. On passe du fantastique au réel (nouvelle 1), du policier à l’horreur (nouvelle 2), suivent des nouvelles érotiques (nouvelle 4), mais aussi d’amour (nouvelle 13) ! C’est un véritable expert dans la manière de jouer avec  les genres pour nous surprendre.

Créateur du néologismes, il déforme les mots,crée des distorsions au fil de sa plume ; pour nous amuser, il parle de « monsieur Curepipe », de « Folubert »,  « de sesque féminin ».
Déconcertée au départ, l’envie de les repérer au fil de la lecture nous démange.

C’est une véritable littérature à tiroirs, avec une narration caustique et étrange, une écriture rythmée ; on ne trouve que très peu de virgules dans ses textes, c’est un rythme haletant qui nous tient chaque seconde ; on  retrouve sous cette plume le jazzman qui ne tient pas en place.


On trouve dans certaines nouvelles des allusions à la musique ; dans la deuxième, il compare  les tendons de la main à de « petites  cordes »  et lorsqu’un tendon lâche, « une note frêle » qui retentit.


La place de la femme dans les nouvelles de Boris Vian

La femme n’est jamais l’héroïne, mais elle possède un grand pouvoir sur les hommes.

Souvent c’est une domination par le sexe (dans la nouvelle 9 elle pousse un homme au suicide, dans la nouvelle 7 elle en conduit un autre à la chaise électrique).Le pouvoir sexuel des femmes sur les hommes dans ces nouvelles les conduit à la folie ; elles sont perçues comme le mal, le diable. On peut s’interroger sur la perception que Boris Vian avait  des femmes,  était-il misogyne ? Ou au contraire trouvait-il leur pouvoir  de séduction tellement fort qu’il admirait cette domination ? Les femmes sont-elles plus libérées et finalement plus fins stratèges que les hommes ?

Ces nouvelles sont un mélange baroque de fantastique, de délire onirique, de science-fiction, d’horreur, de policier, d’érotisme et d’amour. Tout l’art de Boris Vian consiste à subvertir les conventions, celles de la société, de la littérature que se soit par l’humour, le fantastique, le réel…
 
Dans L'Écume des jours, il écrit :
 

« La réalisation matérielle de ma démonstration consiste essentiellement en une projection de la réalité, en atmosphère biaise et chauffée sur un plan de référence irrégulièrement ondulé et présentant de la distorsion. »

Cette phrase extraordinaire traduit et reflète exactement son travail, et sa manière d’appréhender la vie.


Tiphaine, 1ère année édition-librairie



   




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Published by Tiphaine - dans Nouvelle
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