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11 décembre 2008 4 11 /12 /décembre /2008 19:36











Armistead MAUPIN,
Michael Tolliver est vivant
 Éd. de l’Olivier, 2008
























Armistead Maupin est né 1944 à Washington. C’est à partir 1976 qu’il publie au rythme de cinq fois par semaines Les chroniques de San Francisco dans le quotidien  The San Francisco Chronicle. Ces textes sont ensuite compilés en roman et sortent en France aux éditions Passage du Marais. Ils sont publiés en poche chez 10/18 dans les années 2000 amplifiant  le phénomène et touchant un nouveau public.










Ces chroniques, sur six tomes, racontent l’histoire de jeunes gens dont le point commun est leur logeuse un peu particulière et très attachante : Anna Madrigal. Ils vivent dans un curieux immeuble du 28 Barbary Lane à San Francisco dans lequel les rapports de voisinage, déjà très complices, se transforment rapidement en amitiés dont certaines deviendront extrêmement solides avec le temps. Ce joyeux capharnaüm se déroule sur fond de libération sexuelle des années 70. Mais c’est aussi la période où le spectre du sida fait son apparition, brisant dans leur envol tant de destinées.


Dans ce nouvel opus, nous retrouvons ces héros vingt ans plus tard. Les années on fait leur œuvre, mais les protagonistes ont gardé toute leur fraîcheur. Contrairement aux précédents épisodes dans lesquels nous suivions un à un les différents personnages, ce dernier se place uniquement du point de vue de Michael Tolliver. Il est serein mais plus grave qu’auparavant. On y apprend ce que sont devenus Brian, Mary-Ann et les autres. Le passé est comme un intermède plus ou moins joyeux dans une vie qui doit suivre son cours. Armistead Maupin est toujours aussi provocateur, utilisant un ton cru, notamment pour décrire les rapports sexuels entre les protagonistes. Au risque de choquer, il dépeint ces scènes de manière abrupte, sans périphrases ni fioritures, tout simplement telles qu’elles sont dans la réalité.

Le paradoxe de l’ensemble de la série, que l’on retrouve dans ce dernier tome, est l’omniprésence de la mort malgré une ambiance de joie et de franche camaraderie. Cette menace survole l’ensemble des premiers tomes avec la découverte pour Jon et Michael (qui sont à ce moment-là en couple) de leur séropositivité. Elle rôde constamment, et la paralysie de Michael tombe comme un couperet. Il s’en remettra, mais c’est Jon qui par la suite perdra la vie à cause du sida. Dans ce dernier tome, c’est la vieillesse qui, comme une épée de Damoclès, pèse sur les vies d’Anna et de la mère de Michael. Leurs santés respectives se dégradent, faisant craindre le pire.

On retrouve également dans ce tome le clivage entre la famille biologique de Michael qui a toujours refusé d’accepter son homosexualité et sa famille « logique » pour reprendre les mots d’Anna, qui comprend les anciens locataires du 28 Barbary Lane. Suite à l’aggravation de l’état de santé de sa mère, Michael se rapproche de sa famille. Mais il va devoir faire un choix entre sa famille de sang et sa famille de cœur…

Ce roman, entre légèreté et gravité, est un régal pour les yeux et pour le cœur.


Marie B., A.S. Ed.-Lib.

Sources :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Armistead_Maupin
http://amaupin.free.fr/
KOCK, Marie. «Over the Rainbow», in Livres Hebdo, n°729, 11 avril 2008, p.13

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