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12 décembre 2008 5 12 /12 /décembre /2008 23:56












Jean-Hugues OPPEL
Chaton : Trilogie

Editions Payot et Rivages, janvier 2002
Collection Rivages/noir














4 octobre 2008 : Gradignan, 4ème édition de Lire en poche.

Une fois le programme en main, mon regard se pose sur une rencontre : « Comme à la radio !».

Le rendez-vous est pris au théâtre des Quatre Saisons pour seize heures. Un siège confortable, un décor vert anis, un mobilier que tout passionné de livre aimerait avoir dans son salon ; me voilà prête pour une rencontre montée « comme à la radio » autour d’une animatrice et de ses invités : Henri Loevenbruck et Jean-Hugues Oppel.

Une timidité irrésistible, un humour à la fois spontané et raffiné me poussa à rencontrer Jean-Hugues Oppel et à faire dédicacer une de ses œuvres : Chaton : Trilogie.

Prix Polar 2002 de Cognac, cette œuvre se divise en trois parties : « Poune Coton », « Missoula Transfert » et « Bingo Chonchon ». Etrange au premier abord, les titres des trois parties ont une signification : Poune, Missoula et Bingo sont trois chats et l’association avec les noms Coton, Transfert et Chonchon n’est pas anodine. Chaque chat a son caractère, sa spécialité et représente l’ambiance qui se dégage du chapitre et la progression de l’affaire.

Jean-Hugues Oppel s’est inspiré de trois contextes d’écriture pour réaliser son livre : de la photo collective de ses chats qui trônait en permanence sur son bureau, de la situation politique pendant les élections et de la bande annonce de « Scream 3 », fondée sur les règles d’une trilogie de film d’horreur. C’est donc un livre construit en trois parties prenant chacune les courants majeurs du genre : roman policier, roman noir et roman à suspense.

La première partie met en place une intrigue pour le moins surprenante : dix corps sont retrouvés dans un pavillon de banlieue. Sur dix cadavres, l’un est sans mains ni tête.

Le trio soudé de l’Aquarium, composé de la commissaire principale Valérie Valencia, du lieutenant Georges Briffet et du capitaine Wilfried Discheim, va essayer de résoudre l’affaire. A première vue, elle semble être un règlement de compte entre deux gangs de trafiquants de drogue.

En parallèle, un personnage apparaît : Chaton. Solitude, minutie, caméléon : voilà ce qui caractérise ce personnage qui n’a qu’un but : venger la mort de sa femme, de ses enfants et de ses trois chats, carbonisés dans leur villa en Belgique. Chaton apparaît donc comme un justicier, un « héros positif » mais au fur et à mesure il deviendra un meurtrier. Il éliminera toutes les personnes qui se mettront en travers de son chemin et qui l’empêcheront d’accomplir sa vengeance.

Dans  "Missoula Transfert", Valérie Valencia est amenée, pour poursuivre l’enquête, à aller en Belgique. D’une simple vendetta entre deux gangs, nous passons à une affaire politico-financière où « personne n’est innocent », même les hautes personnalités de l’état. De rebondissements en rebondissements, nous mettons un nom sur Chaton, découvrons de nombreux personnages secondaires (mais importants) et nous nous apercevons que l’enquête et l’histoire de Chaton se croisent.

La dernière partie fait de Chaton la cible à traquer mais des rencontres insolites vont se produire. Qui du labrador sable (représentant de Valérie Valencia) ou de Chaton va  arriver en premier à son but ? Qui saura  utiliser le mieux son odorat ?

Influencée par des années d’assistant cinéma, l’écriture de Jean-Hugues Oppel est simple, avec des phrases nominales et des descriptions minutieuses sur les armes et le matériel informatique. Cela donne de l’ampleur et du caractère aux personnages, notamment à Valérie Valencia et Chaton.

En conclusion, cette « politique-fiction », ponctuée d’ironie et de jeux de mots fait de Jean-Hugues Oppel un auteur qui se démarque.

Nous retrouvons en lui des caractéristiques de Chaton, à la fois discret, simple et provocateur. Dans une interview faite sur Bibliosurf, il dira à propos de ce roman policier : « Je ne sais pas si j’ai été chat dans une vie antérieure, mais c’est une réincarnation qui ne me déplairait pas... » et qualifie son métier ainsi : « Mon métier de raconteur d’histoires est de vous manipuler rien qu’avec des mots ».


Elodie,1ère année Bibliothèques




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