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13 décembre 2008 6 13 /12 /décembre /2008 20:19








Jack LONDON,
Parole d’Homme et Histoires du pays de l’or

Titre original: The Faith of Men & Other Stories
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Louis Postif
Phébus libretto, 2003













L’Auteur

Jack London (1876-1916) vit une enfance difficile. Il se forge sa propre culture littéraire en lisant beaucoup Darwin, Spencer et Nietzsche.

Il participe, en 1898, à la ruée vers l’or du Klondike. Il rapportera peu d’or mais les chercheurs d’or et les indiens seront sa principale source d’inspiration.

En 1902, il part pour Londres et passe trois mois avec les travailleurs pauvres, les sans-logis et les chômeurs. De cette expérience il tire un livre : Le Peuple de L’Abyme.

Il meurt en 1916 suite à une crise d’urémie. Mais une polémique persiste encore sur sa mort, suicide ou maladie ?

Durant sa courte vie et ses années de vagabondages et d’engagement politique au sein des rangs socialistes, il fut un auteur prolifique publiant plus de cinquante œuvres au total. On distingue notamment L’Appel Sauvage (1903), Croc Blanc (1905), Martin Eden (1906) – considéré comme sa biographie romancée – mais aussi des textes plus engagés comme La Guerre des classes et Le Talon de fer.

Certains de ses romans ont été adaptés au cinéma.


Le Recueil

Publié au printemps 1904, ce recueil est constitué de huit nouvelles d’une vingtaine de pages en moyenne. L’ordre des nouvelles a été conservé dans cette édition de 2003.


Le contexte est celui de la ruée vers l’or du Grand Nord dans les régions du Yukon et du Klondike (Canada, Alaska), dans ce pays sans frontières précises. Dawson est la capitale de l’or, là où convergent tous les chercheurs.

Les huit nouvelles évoquent le monde sauvage, la vie et la mort au Grand Nord. Ce sont des fragments de vie, des récits atypiques sur l’Homme et sa condition de vie au pays du grand froid. Jack London réalise presque une étude anthropologique. C’est la conduite des hommes qui fait la matière du recueil.

L’oralité est très présente, elle sert à mieux définir les personnages et leur attitude.  Elle amplifie le réalisme des nouvelles et donne une saveur particulière à la lecture grâce aux expressions langagières des personnages.


L’Héroïsme

La dimension épique est très présente dans l’œuvre. Jack London nous présente des êtres humains dans un contexte de survie. Ils sont tous empreints d’une forte détermination et ont le caractère bien trempé. Tous les moyens sont bons pour survivre et aucun de ces héros ne se décourage.

Le lecteur pénètre l’intimité de ces aventuriers animés par l’instinct de survie et la fierté. Tous les personnages du recueil sont donc des héros mais parfois pour rien. C’est le cas pour le protagoniste de  la nouvelle intitulée « Les Mille Douzaine d’œufs ».

L’héroïsme se manifeste sous plusieurs formes : l’ingéniosité, le courage, la ruse, la dignité …


L’Etat Sauvage

La rudesse de la vie au Grand Nord pousse les hommes à l’animalité. On est ici loin du « bon sauvage » de Rousseau, voué à aimer son prochain et sociable de nature.
 

« Le Mariage de Lit-Lit » met en scène un indien qui vend sa fille à un Blanc pour 100 couvertures, 5 livres de tabac, 3 fusils et 1 bouteille de rhum.

Dans la nouvelle intitulée « Bâtard », on retrouve une thématique chère à Jack London, le rapport homme /animal déjà développé dans Croc Blanc, L’appel sauvage … L’homme et l’animal sont sur un pied d’égalité car ils sont confrontés aux mêmes dangers.

Mais cet esprit d’état sauvage n’empêche pas la solidarité et la fraternité entre les hommes. Il est question dans plusieurs nouvelles de ce recueil, de fonder un couple pour échapper à la solitude et résister à la dureté de la vie. Les personnages cherchent à surpasser cet état sauvage en fondant un foyer, ou en trouvant fortune.


Humour

L’humour fait totalement partie de l’écriture de London. C’est ce qui donne ce plaisir de lecture. Il n’est jamais totalement pessimiste mais plutôt d’un profond réalisme.

C’est l’humour noir, grinçant qui est le plus présent. On peut sourire de tout même du malheur des personnages mais ce n’est pas un humour malsain ni sarcastique.  D’ailleurs certains personnages pratiquent l’autodérision.

L’humour est donc ici une sorte de recul de l’auteur, comme des réflexions ajoutées à un témoignage.



Ce recueil présente un aspect inconnu de l’auteur. Nous le connaissons plus pour ses grands romans et épopées mais les nouvelles sont les plus représentatives de son style et de son talent de conteur. Ce sont des témoignages de cette vie méconnue, qui paraît être loin de notre société, une vie où l’homme ne domine pas la nature mais vit avec et où l’alcool apporte un peu de chaleur à l’âme humaine.

Les nouvelles représentent aussi son vécu et ses rencontres qui l’ont influencé dans toutes ses œuvres comme des instants fixés par l’écriture.

A lire aussi
 
Construire un feu, un autre recueil de nouvelles aux éditions Phébus.

Thomas, 1ère année édition/librairie


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Published by Thomas - dans Nouvelle
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