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13 décembre 2008 6 13 /12 /décembre /2008 21:46








Bret EASTON ELLIS,
Zombies
, 1994
Titre original : The Informers
Traduit de l’américain par Bernard Willerval
Editions Robert Laffont, 1996

Rééd. 10/18

   
















Zombies est un recueil de treize nouvelles publié en 1994, qui a été rédigé avant la publication, en 1985, du premier roman de Bret Easton Ellis Moins que zéro. Ce recueil est donc une œuvre de jeunesse. Ellis est né en 1964 à Los Angeles, ville où se situe la majorité des actions de ses différents romans. Il fait partie de la Génération X, génération décrite comme agressive, parfois violente et toujours cynique. En effet, Ellis semble s’inscrire dans ce mouvement générationnel comme en témoigne ce premier écrit sombre et brutal. 

Zombies est l’immersion dans le monde sulfureux, aisé, étouffant de Los Angeles dont la chaleur pèse sur les épaules de chacun des personnages et qui lentement les empêche d’avancer, les fait s’enfoncer dans une vie dont ils n’aiment rien. Ils sont riches, beaux, parfois célèbres mais ils ne peuvent dormir ou se lever sans une quantité considérable de Valium. Ils sont seuls, pourtant entourés d’amis, d’amants, de familles à qui ils sont indifférents. Un monde sans amour, sans vie ; et pourtant aucun des personnages n’est à la recherche d’autre chose, bien trop conscient des limites de ce que leur vie a à offrir.

Les différentes histoires sont brèves, comme éphémères, mais pourtant elles laissent une empreinte indicible dans l’esprit du lecteur. Au fil du livre, les personnages défilent, tous d’âges différents et dans des situations diverses ; mais comme pour nous dire qu’ils sont animés par les mêmes peurs, Ellis donne à ses personnages des prénoms souvent identiques de nouvelle en nouvelle et les personnages se retrouvent au fil des différentes histoires. Ainsi on retrouve beaucoup de Graham, de Tim, de Cheryl qui sont des adolescents, de jeunes hommes ou femmes, pères ou mères de familles désabusés. Les histoires que Ellis nous dévoile sont de petites tranches de vies prises sur le vif : un dîner au restaurant entre quatre amis, un voyage en train, une conversation téléphonique, un père qui emmène son fils en vacances quelques jours… Ces instants sont insignifiants, le lecteur pénètre sans préliminaires dans la vie intime de chaque personnage, nous sommes immergés dans leur univers qui leur est étranger, hostile.

Ce n’est pas un livre que l’on peut lire d’une traite. Non seulement les nouvelles se prêtent à une lecture hachée mais plus on avance dans ces petites histoires plus on est ébranlé, plus le ton semble se durcir, plus les personnages sombrent dans une folie dangereuse et plus le lecteur a peur d’être pris au même piège. Chaque histoire, Ellis nous la murmure au creux de l’oreille avec, au coin des lèvres, un rictus inquiétant.


                                                                                             
Marie-Aurélie,1ère année Ed-Lib

Voir aussi l'article de Julie.

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Published by Larie-Aurélie - dans Nouvelle
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commentaires

Flopso 14/12/2008 01:53

je cherche un poème ou texte de théâtre célèbre dans tous les blogs de la catégorie littérature,qui exprime la souffrance que l'on ressent quand la personne que l'on aime est loin. Pas quelque chose de "gnan gnan" mais avec des mots assez forts, qui expriment le déchirement, la "décomposition intérieure" que l'on peut ressentir par manque de l'autre. Merci

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