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15 décembre 2008 1 15 /12 /décembre /2008 06:48

     



Louis-Ferdinand CÉLINE
D’un Château l’autre

Editions Gallimard, 1957


























P’tit essai critique imaginaire
Critique «  à la manière de… »




Drôle de bouquin !... Pour sûr, drôle de bouquin !... Pas à dire : dans le genre hargneux, ça se tient ! Une fameuse œuvre à l’emporte-pièce ! Et comment ! Tout écumant de fièvre et de rage, que c’est juste ! Vrai ! ça suinte le verbe cru et l’aigre baragouin sur cinq cent pages !... Impayable !... Rien que le titre, tiens : D’un château l’autre… c’est-y seulement français ça ?... Foutre non !... D’un château à l’autre, qu’on devrait dire !... Dame ! a-t-on idée de sabrer ainsi les prépositions !...Crime de lèse-majesté ! Hérésie grammaticale ! Sacrilège syntaxique ! Outrage aux sacro-saintes muses de l’Antiquité ! Et dès le frontispice, encore !... Cherchez pas : du Céline tout craché !

Céline… Louis-Ferdinand, de son prénom (et Destouches de son nom véritable. Docteur Destouches même, pour l’usage)… ah, sacré couillon çui-là encore ! Le crasseux génie, le pouilleux des Lettres, le loquedu, le crevard !... Non mais vous l’avez déjà biglé, sur ses vieux jours, dans sa baraque de Meudon (Hauts-de-Seine, pleine banlieue, 25ter de la route des Gardes… « Célingrad », comme qu’il appelait ça lui-même !), au milieu de sa ménagerie, entre Bébert, son chat galeux et Toto, son perroquet déplumé ? Vaut le coup d’œil !... Pardessus râpé, chandail cradoque, grolles boueuses, les ongles noirs et la morve aux nez comme un moutard malpropre… ça, pour une dégaine !... La panoplie du parfait crève-la-dalle !... De la débine garantie pur sucre !... Dans  la dèche jusqu’au cou le Père Céline !... Oh,  c’est qu’il l’a pas volé, va !... Et que c’est pas cher payé au vu de toutes les sales combines dans lesquelles il a trempé ! Car après des débuts en fanfare et la sortie de son premier roman Voyage au bout de la Nuit, faut bien avouer qu’il a tourné complètement maboul, le Ferdinand !



…Les pamphlets d’abord… ah, foutus pamphlets !... d’un antisémitisme puant, d’un antijudaïsme crasse, ils lui valent l’inimité d’une partie de son lectorat et jette, aujourd’hui encore, le discrédit sur tout un pan de son œuvre. C’est que, pour l’occase, l’olibrius y fait montre d’un art consommé de se tirer du plomb dans le pied ! Charges virulentes contres les « youtres », les « youpins » et autres « schmoutz », diatribes à la mords-moi-le-pif sur la juiverie internationale et ses diverses ramifications, interminables gloses sur le « péril juif »… eh ! on est pas sorti du Moyen-âge ! y a erreur ! C’est du Torquemada dans le texte !

Pour ne rien arranger, le zouave fricote ouvertement avec plusieurs grosses légumes nazies, fréquente l’ambassade d’Allemagne rue de Varenne et ne cache pas ses sympathies Vichystes. Pour le coup, il se fiche vraiment dans  de « beaux draps » !...  Alors, vous comprenez, à la Libération… zou !…fini joujou !... on plie bagage !... on se fait la malle !...on met les bouts !... fille de l’air et poudre d’escampette !... hop ! toutes voiles dehors ! Les Destouches, mari et femme, se carapatent à l’étranger !... En Allemagne qu’ils atterrissent !... A Sigmaringen, plus précisément ! Sigmaringen, la planque à collabos, la ruche à pétochards !... Six mois, qu’ils y resteront ! Six mois à côtoyer la fine fleur du régime de Papy Pétain, le beau linge de la collaboration, le gratin de la charognerie française ! Six mois avant d’obtenir les fameux visas qui leur permettront de quitter l’Allemagne pour le Danemark (saut directo dans la gueule du loup puisque c’est le mitard et l’exil qu’ils rencontreront en terre scandinave !)

Ça qu’il raconte, le Ferdinand, dans son roman ! Ça ! Son séjour à Sigmaringen avec toute sa clique de capitulards ! Ah, sacré spectacle !... Imaginez un peu : onze cents réfugiés, condamnés à mort par contumace, qui se rongent les sangs dans un patelin perdu du Saint-Empire !... Et le Céline aux premières loges !... Avec la palette et le pinceau !... Un peu qu’y a matière à roman !... Ah, la belle bande de troufions ! Faut voir ça, comment qu’il les dézingue, notre plumitif en chef !... hop !... tous à la casserole ! Et le Pétain ! Et le Bichelonne ! Et le Laval ! Tous !... Raillés !... Charriés !...Traînés sur la claie !... Flagellés au knout !... Ensevelis vifs sous tombereaux d’ordures !

…Tous !... Qu’elle lui serve enfin à quelque chose, sa verve de pamphlétaire, au Père Destouches !… Au vitriol, le portrait de famille ! Là ! bien noirci le daguerréotype !... Photo souvenir : Céline derrière l’objectif…attention, le p’tit oiseau…. et vlan, v’là pour ta poire !...Vrai ! toute une tapée de peigne-culs saisie sur le vif ! D’un Otto Abetz (ancien ambassadeur d’Allemagne à Paris) complètement hystérique à un De Brinon (secrétaire d’Etat du gouvernement Laval) raide dépressif en passant par un Pétain gâteux et ramollo… ça envoie sec ! … caricature à pleins tubes ! … Louis-Ferdinand Céline : Honoré Daumier des Lettres !

 Vous salivez ?... Minute ! …Y a mieux ! Car plus encore que le mordant des portraits, que le piquant de la caricature, ce qui esbroufe, ce qui bluffe, ce qui coupe le sifflard, c’est le grotesque de la situation !...Saint-Elme ! Allez pas croire une seule seconde que tous ces prestigieux pensionnaires, exilés volontaires, glorieux expatriés, se fassent le moindre souci pour leur sort !... Que non, m’sieur ! Même vaincus, archivaincus, encerclés de toutes parts et dos au mur, ils continuent de batifoler et s’entêtent à croire en une hypothétique victoire de l’Allemagne ! Les zigs mettent un point d’honneur à jouer la farce jusqu’au bout : au bord du précipice, ils poussent encore la chansonnette !... Maréchal, nous voilà !... Pas banal !... Et ça chante, et ça danse, et ça folâtre, et ça fait bamboche, et ça soupe tous les soirs dans de l’argenterie de Saxe (même si, rationnement oblige, ça bâfre du rutabaga six jours sur sept !)… pendant que les bombes de la R.A.F pleuvent dans le jardin du château de Sigmaringen et que l’armée du Général Leclerc s’approche à toute biture !



Le seul gus qui tienne le cap au beau milieu de cette tartuferie à la manque ?.... laissez-moi deviner !... le Père Céline, évidemment !... Enfin qui « tienne le cap », façon de jacter ! … Disons qu’il garde farouchement les pieds sur terre, lui ! Et comment ! Furibard, comme de coutume, il braille, gesticule, tempête, fulmine, se démène comme un beau diable pour tenter de s’extirper de ce cauchemar en pays fritz !... Eh ! c’est qu’il l’entend bien lui, l’hallali !.. L’angoisse de la proie, la bête aux abois, le cor au fond des bois… y connaît ! Et comme il n’a guère envie de servir de curée aux chiens… il gueule ! Alors évidemment, sur le paysage, ça détonne !…Un satyre enragé au milieu d’un groupe de nymphettes effarouchées, qu’on dirait !... Mais c’est le but, pardi !... Effet de contraste, peuchère !... Sournoise manœuvre d’un écrivain de génie !... Ridiculiser la galerie pour mieux se mettre en valeur ! … Au diable Pétain, ce vieux débris gâteux !... Et toute sa clique de lèche-botte, tous plus dégénérés les uns que les autres !... Au diable !... Tout pour bibi !... Bibi seul maître à bord !… Bibi grand timonier !... Et v’là comment notre docte saligaud en arrive à passer du statut de simple figurant à celui de danseuse-étoile dans sa propre opérette !... Centre du monde !... Nombril de l’univers !... Noyau de la planète ! De cette drôle de planète, Sigmaringen, qui gravite à vide et  ne semble tourner que pour-elle-même, alors que tout autour, c’est le cosmos entier qui fout le camp !

Au fond, ça sent son Proust ! Oui-da ! Proust ! Proust et son p’tit monde ! Son Tout-Paris, bien coquet, bien fringant et frétillant du croupion, qui se cuite au champagne et aux mondanités, alors même que l’Europe bascule dans l’horreur de la « Der des Ders » !... Un peu que c’est ça Le Temps retrouvé ! Au-delà (ou en deçà) de l’ultime étape du parcours métaphysique du narrateur, c’est aussi la peinture d’une aristocratie d’avant-guerre en perdition qui assiste, sans broncher, sans moufter, l’œil torve et un brin pompette, à sa propre disparition !... Charlus, Laval, même jus (la gaudriole en moins) !…Des décadents, pour sûr !... Spectateurs de leur propre déchéance !... O tempora, O mores ! comme disait l’autre…

Ah, je vous oubliais : outre le souvenir angoissant de Sigmaringen (d’octobre 1944 à mars 1945), le Ferdinand pérore aussi un bon coup sur l’actualité littéraire de l’époque (époque de la rédaction, s’entend: soit de 1954 à 1957)… Parce qu’y a pas que la politique qui lui tourne les foies, au Père Céline !... Figurez-vous !... La littérature aussi lui fout la rate à court-bouillon !... Et le milieu littéraire en particulier !... Le sacro-saint milieu !... La machine à pondre du livre !... La machine à pondre de l’idée !... Vache ! il sait pas où y met les pieds, le Ferdinand ! Y aller de sa plume contre la vénérable confrérie des « gendelettres », c’est défier Belzébuth avec un cure-dent !... Pensez-donc !... Le milieu !... Années 50 !... L’ère intellectuelle !... La fièvre du bourrichon !... Le règne de l’encéphale !... L’Empire existentialiste !... L’Axe Sartre-Beauvoir !.... Saint-Glinglin-des-Près sur le toit de l’Europe !... Chapelles, cercles, cénacles, écoles !.. Des bataillons de scribouillards tyrannisent la Mère Patrie !... Une vraie cabale !... Qu’on a jamais vu pire dans toute l’histoire de la littérature française ! Que la pègre à côté, c’est de l’eau de bidet ! Que la Mère Récamier, avec son salon de la rue de Sèvres, elle peut bien aller se rhabiller !... Sainte maman !

Et pourtant… et pourtant… il s’y colle le Père Céline ! Terré dans sa baraque de Meudon, dans son cabanon de banlieue (d’où le titre D’un Château l’autre ; la bicoque de Meudon pouvant être considéré comme l’un des « châteaux » symboliques du roman, au même titre que celui de Sigmaringen) il tire à boulets rouges sur l’intelligentsia littéraire française !...  Il rue dans les brancards !.... Il crache l’opprobre et dégorge l’anathème !... Les rapaces de l’édition s’en prennent évidemment plein la binette ! Et Gaston Gallimard, le premier d’entre tous ! Hop ! Un p’tit coup de cirage et le grand manitou des Lettres se transforme subito en « sordide épicier », en « maniaque gâcheur », tout juste bon à « compter son pèze » ! Même jeu pour Denöel, le « vicelard » et Paulhan, le « châtreur maison » de la NRF (« nénéref » ou « Pin-Brain Trust » dans le texte, c’est selon) !... Et pour nos p’tits prosateurs parisiens ? Pour nos gentils poivrots du Café de Flore ?... Poussez pas, y en aura pour tout le monde !...  Sartre, déjà descendu en flammes dans A l’agité du Bocal,  est rabaissé plus bas que terre, Malraux est rebaptisé « Dur-de-Mèche », Montherlant « Buste-à-pattes », Mauriac rime avec morbac, Aragon et sa « Triolette » n’en mène pas large, à l’instar de Gide, de Maurois ou de Paul Morand, tous passés à la moulinette !... La déculottée suprême !.... La dérouillée fantastique !... Catilinaire collective ! Prix de groupe pour la mise au pilori !... Tu parles d’une satire !

V’là donc pour le récit ! De Meudon à Sigmaringen, des promenades en compagnie de  Pétain aux cafés crème du Flore, de la colère vive à l’angoisse sourde, le Père Céline blablate, baragouine, déblatère à qui mieux mieux sur tous ces tribulations sordides qui ont émaillé son quotidien d’écrivain miteux. Il emplit son œuvre de sa vie (ou serait-ce l’inverse ?)… A la Proust, une nouvelle fois !… Des tranches de vie bien saignantes !... De juteux biftecks autobiographiques !...Le plaisir de dire « je » !... De le gueuler sur cinq cent pages !... Narration pas du tout objective !... Pas du tout impartiale !... Pas du tout « compte-rendu » !... Que non !... Ma version des faits ! Ma vérité ! Mon ressenti !... Moi d’abord !... Et après moi ?... Le déluge !...  Jouissif !

Et puis le style ! Ça surtout qu’est surprenant chez Louis-Ferdinand ! Le style !... Inimitable !... Pas deux comme lui dans toute l’histoire de la littérature française !... Ah, faut dire qu’il en tenait une sacrée couche, le zig !... Une névrose carabinée, qu’il se coltinait !… Une névrose obsessionnelle caractérisée: la névrose du Verbe !... Oui-da ! monomane du  Verbe, le Père Céline !... Un Verbe qu’il aura modelé, bidouillé, trifouillé sa vie durant, un Verbe qu’il aura voulu différent, intense, original, à l’inverse de nombre de ses contemporains, conformistes jusqu’au trognon ! Assurément, il est l’un des rares zozos à s’être appesanti sur le problème !... C’est peut être ben le seul véritable styliste de la littérature française !... Et pour cause !...Comme il le disait si bien lui-même :  « Le style, dame, tout le monde s'arrête devant, personne n'y vient à ce truc-là » !

Que je vous explique ! N’en déplaise à certains béni-oui-oui des Belles-Lettres, il faut d’abord et avant tout considérer le Louis-Ferdinand comme un artiste… Quoi ça ? Un artiste ? Ce clochard cradingue ? Cette infâme donneuse ? Cette Marie-Salope ? Cette graine de facho ?... Oui-da ! Un artiste ! Et mieux encore, il est l’un des seuls plumitifs de sa génération à avoir assimilé ce postulat fondamental : la littérature est un art !... Ni soupe aux idées, ni brouet psychologique, ni ragoût à la sauce sociale… art d’abord ! art essentiellement ! ars principum est !... Et, tout comme la photographie se veut  l’art de l’image, la danse celui du mouvement, la sculpture celui de la matière, la littérature se réclamera naturellement de l’art du langage.

« De la musique avant toute chose », qu’il beuglait déjà le Père Verlaine !...

 Oui, mais la musique des mots !... Non celle des idées ! …Eh ! Un peu que c’est ça, la « petite musique » Célinienne !2 ... Du langage, rien d’autre !... Une terrible distorsion du langage !... Because ?.... Because le Louis-Ferdinand est  tout bonnement sorti de la langue littéraire !... De  la sacro-sainte langue littéraire !... Celle qui, de Malherbe à Mauriac en passant par Bourget a façonné, cimenté, maçonné des siècles de pieuse littérature, bien bonace, bien pépère ! … Il en sort, le Céline !... Vlan ! D’un coup sec ! Net ! Pas de chichis ! Pas de fla-flas !... Il se dégage de la tyrannie du beau verbe, de la phrase filée et du mot coquet !... Mieux encore : c’est la langue littéraire toute entière qu’il fait sortir de son carcan, de son fichu corset « froufrous-dentelles » vieux de trois cent ans !... Comment ?.... En faisant passer le langage parler à travers l’écrit !... L’émotion du langage parlé à travers le langage écrit !… Toutes les vicissitudes de la langue commune, de la langue du peuple, de la langue de tous les jours…hop ! dans la marmite ! Louche de juron ! hop ! Cuillérée d’argot ! hop ! Pincée d’onomatopée ! hop ! Zeste de patois ! hop !... En un mot comme en cent : on délaisse le beau pour aller vers le vrai !... Un naturaliste, Céline ?... Oui, mais un naturaliste du langage !... Un Gustave Courbet de la langue française !

En fourrant ainsi ses deux panards dans le plat, Louis-Ferdinand ouvre une porte en même temps qu’il rend illisible la plupart de ses contemporains. Sartre lui-même, l’ennemi juré, le « ténia » de l’Agité du bocal, le  « Tartre » de D’un Château l’autre en prendra de la graine !3  …Tu parles d’une révolution littéraire !... Et le plus fort : du premier roman au dernier, de Voyage au bout de la nuit à Rigodon, ce style si baroque, si brindezingue, si brut de décoffrage ne cessera d’évoluer, de s’affermir, de se radicaliser même ! Le Père Céline refusant obstinément de plier sa subjectivité au moule du langage, se sera donc au langage de traverser sa subjectivité et d’en ressortir chaque fois un peu plus chamboulé, un peu plus bigorné, un peu plus amoché !… Céline, terroriste du langage !... Castagneur de prose !... Ravachol des Belles-lettres !... Plus du tout écrivain d’ailleurs ! Plus du tout littérateur !... Hors champ ! Positivement !...  Ou alors à la limite ! A l’extrême limite ! A la lisière entre oralité et littérature ! .... Ou alors… ou alors… oui-da ! c’est ça : écrivain mais écrivain de « langue française», au sens littéral du terme !... Enfin un héritier à la hauteur de l’ancêtre Rabelais !    

V’là donc l’affaire !... Soixante trois ans, le Père Céline… et toujours bon pied bon œil ! J’en veux pour preuve ce fameux pavé, D’un Château l’autre, premier volet de la « trilogie allemande » (suivront Nord et Rigodon), virevoltante satire des vices et travers de la gentilhommerie vichyste, écrit dans un baragouin caractéristique du style « seconde manière » de Louis Ferdinand (amorcé à partir de Mort à Crédit).

A  servir bien chaud accompagnée d’une p’tite boutanche d’huile de vitriol. Succulent !


Florent Zephir,.première année Bibliothèque Médiathèque



Notes

1. Louis-Ferdinand Céline vous parle, 1958 (interview radiophonique)

 2. — Moi j'ai fait passer le langage parlé à travers l'écrit. D'un seul coup.
     — Ce passage est ce que vous appelez votre "petite musique", n'est-ce pas ?
     —  Je l'appelle "petite musique" parce que je suis modeste, mais c'est une transposition très dure à faire, c'est du travail. Ça n'a l'air de rien comme ça, mais c'est calé.
Interview avec Claude Sarraute, Le Monde, juin 1960.

3. Simone de Beauvoir raconte : « Le livre français qui compta le plus pour nous cette année, ce fut Voyage au bout de la nuit de Céline.  […] Il s'attaquait à la guerre, au colonialisme, à la médiocrité, aux lieux communs, à la société, dans un style, sur un ton, qui nous enchantaient. Céline avait forgé un instrument nouveau : une écriture aussi vivante que la parole. Quelle détente, après les phrases marmoréennes de Gide, d'Alain, de Valéry ! Sartre en prit de la graine. »   La force des choses. Paris, Gallimard, 1960.

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commentaires

Alexandre 02/02/2011 16:28


Hihi! J'arrive un peu après la bataille, mais je peux pas ne pas complimenter ce joli travail...Il y a les points d'exclamation et de suspension, d'accord, mais il y a surtout le rythme et
l'humour! Jouissif! Bravo!


Chromos compagnie 19/01/2010 22:27


Bonjour.
Voici une annonce qui peut-être vous intéressera.

"Nuit d'Amérique"

(d'après les chapitres américains du "Voyage au bout de la nuit" de L. F. Céline)

Théâtre du temps, 9 rue du Morvan, Paris. Métro Voltaire.

Du 17 au 28 février 2010.
20h30 / 17h dimanche.
Prix : 8 et 16 euros.

Synopsis : Bardamu débarque pauvre et fiévreux au pays du travail à la chaîne et du dieu Dollar.


Version scénique / Mise en scène : Julien Bal
Avec : Guillaume Paulette ( Bardamu)
Valentina Sanges (Molly)
Giulio Serafini (Le groom, le joueur de Base Ball qui danse au bordel)
Julien Ratel (Flora, l'infirmier, Bébert)
Renaud Amalbert (Pierrot)
David Augerot (Marcel, Robinson, Poupou)
Musique : Paul Anka
Lumières : Renaud Amalbert
décor : Lightcorner


Informations : chromoscompagnie ( at ) yahoo.fr
01 43 55 10 88

Notes de mise en scène, extrait :

... Pour raconter la coulée de Bardamu aux US, nous refusions d'emblée tout théâtre de narration, du souvenir par la voix, du sommeil. Nous voulions faire de ce texte du désarroi un théâtre de la
joie et du nerf. Il fallait alors injecter dans les dialogues certains passages narratifs, faire de ce roman une suite d'échanges, traduire ces chapitres en théâtre. Si toute traduction est une
négociation serrée entre l'oeuvre de départ et la langue d'atterrissage, nous avons joué de cet espace trouble qui parfois s'annule, parfois s'étend, entre le Bardamu secret de l'oeuvre et le
Bardamu qui sait dire dans l'instant ce qu'il ressent du monde.

De cet effort est né notre second spectacle Célinien (Après les "Entretiens avec le Professeur Y." en 2007) "Nuit d'Amérique".
Une troisième version scénique, dans un an, fermera ce cycle "New-York, Detroit, Meudon" par des instants d' "Un Château l'autre".

Ici, en cette "Nuit d'Amérique", des figures perturbent le parcours de Bardamu (Molly, Pierrot, Robinson, Marcel et Flora (l'Eglise), Lola, L'infirmier, le groom, le joueur de Base Ball).
La nuit, les fantômes rendent hommage au "rien du tout de derrière le ciel" et Molly console Bardamu qui fuira un dimanche (un gloomy sunday).
Nous le retrouvons, le Bardame, pour finir, à Meudon, en 1950, au lendemain du décès de Madame Bérenge. Et puis voilà. Et puis tant pis...


Scredlove 16/05/2009 09:19

Mille mercis ! j'ai adoré !!! C'était aussi intéressant que de lire un lire du bonhomme lui-même. Vous, je ne vous lache pas!
Bonne continuation.

Tietie007 16/12/2008 13:16

Quel curieux personnage que ce Céline, grand antisémite devant l'éternel, génial écrivain et grand ami des chats !

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