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17 décembre 2008 3 17 /12 /décembre /2008 06:03





Guillaume TROUILLARD
Colibri

Editions de la Cerise, 2007























Rencontre avec Guillaume Trouillard

scénariste et dessinateur de la bande dessinée Colibri


Le 13 novembre 2008, Guillaume nous a fait le plaisir de venir lors de notre cours de littérature. Guidé par mes questions, il nous a raconté avec passion et modestie son parcours, ses idées et sa façon de travailler…

Qui est Guillaume ?

Originaire de Pau, il a fait ses études à l’Ecole des Beaux-Arts d’Angoulême et y a fait ses débuts d’éditeur. Il a crée les Editions de la Cerise pour publier ses travaux et ceux de ses amis de classe : les revues Clafoutis n°1 et 2 (collectif), suivis des livres Le cas de Lilian Fenouilh par Guillaume, Pourquoi pas ? par Samuel Stento, Entre deux par Vincent Perriot et Bix par Gregory Elbaz. Guillaume a fait quelques voyages pendant ses 5 ans aux Beaux-arts : Pakistan, Chine… Il est désormais basé à Bordeaux.

Que raconte Colibri ?

C’est un long plan-séquence, qui suit l’un après l’autre divers habitants d’une grande ville et permet au lecteur de découvrir des bouts de leurs vies... Il dénonce les excès de notre société et s’en moque : la loi du plus fort dans la rue (des voitures de plus en plus grosses, des buildings qui remplacent de petits bistrots), l’hypocrisie (un riche va faire du sport, mais, vite fatigué, il se rassure comme un gamin en se goinfrant d’une barre de chocolat cf. planche 1), l’indifférence, la surconsommation (overdose d’affiches de pub et de spots télé), la solitude (un personnage dit : « La merde : c’est tout ce qu’il reste d’humain ici ! »), le pouvoir de l’argent, le capitalisme (l’être humain n’est-il finalement pas dépassé par ses propres inventions ?), la surpopulation (un second personnage dit : « Y’a trop d’hommes sur terre » et « On en est rendu à vivre comme des fourmis »)…



Où se déroule l’histoire ?

Dans une mégalopole telle que Guillaume en a vu en Chine. Inquiet, il nous montre un ensemble urbain effrayant et très pessimiste (où par exemple la nature est enfermée dans un immeuble, l’Eden Plazza) qu’il ne souhaite pas voir arriver en France.

Qui sont les protagonistes ?

Guillaume s’est amusé à dessiner des personnages atypiques : des indigènes (inspirés des papous, quasi-nus, avec plumes dans les cheveux et peintures rituelles sur le visage…) qui symbolisent la sagesse mais sont exploités, un agent qui fait la circulation pendu à un lampadaire (cf. planche 2), une maman qui possède un piège à souris géant dans son appartement, un employé en combinaison jaune et rouge qui désinfecte une fausse jungle, un gardien d’immeuble qui pêche dans un aquarium géant… Ils ne sont pas décrits comme des héros, mais comme de simples individus malheureux, stressés par leurs vies, qui ne se rendent même pas compte qu’ils sont dans leur bulle, invisibles les uns pour les autres !



Comment lui est venue l’idée de cette BD ?

Le titre Colibri (le plus petit oiseau du monde face à une mégalopole) en tête depuis longtemps, les compositions en pleine page de la première (une grande jungle et l’assourdissant bruit d’une batterie) et dernière pages (une grande ville et un tout petit chant d’oiseau) déjà trouvées, Guillaume s’est lancé dans l’improvisation. Suivant les codes de la BD (suspense en fin de double-page, personnages qui marchent ou regardent vers la droite pour faire avancer le récit…), il a composé son histoire 3-4 pages par 3-4 pages : une longue séquence s’est ainsi déroulée au fur et à mesure de son écriture.

Quel style a-t-il utilisé ?

De la peinture plutôt que des couleurs travaillées à l’ordinateur. Toujours un peu de marron (couleur terre) dans les cases pour parsemer un peu de nature dans la ville… Et surtout pas de couleurs criardes comme un arc-en-ciel sur les pages… Des planches composées classiquement mêlées à des pages au style graphique différent (crayons de couleur naïfs pour décrire des souvenirs d’enfance, ou un style publicité « design » pour se moquer du suremballage des aliments cf. planche 3…). Et plein d’humour.



Quels sont ses projets ?

En tant qu’auteur, une BD peut-être publiée chez un gros éditeur. Guillaume est-il vraiment prêt à faire les concessions demandées ? Affaire à suivre…
En tant qu’éditeur, un Clafoutis n°3 en 2009. Une bonne dose de courage lui sera nécessaire pour le futur, car les petits éditeurs indépendants sont fragiles et seront les premiers touchés par la crise qui s’aggrave…


Nolwenn, A.S. Bib.

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Published by Nolwenn - dans Entretiens
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