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18 décembre 2008 4 18 /12 /décembre /2008 19:29






Pascal QUIGNARD,

Triomphe du temps,

Éditions Galilée, 2006




















Pascal Quignard naît le 23 avril 1948 à Verneuil-sur-Avre (Eure) dans une famille de grammairiens et d’organistes. A l’âge de 18 mois, il passe par des périodes d’«autisme», lesquelles se renouvellent lorsqu’il a 16 ans. Plus tard, il déclare à ce propos : «Ce silence, c’est sans doute ce qui m’a décidé à écrire, à faire cette transaction : être dans le langage en me taisant». Son enfance est difficile la plupart du temps. Il connaît notamment l’anorexie.


Il suit des études de philosophie à Nanterre où il est condisciple de Cohn-Bendit. Parmi ses professeurs : Emmanuel Levinas et Paul Ricœur. Mais il considère qu’en Mai 68, la pensée a « vêtu un uniforme qui ne lui convient plus » et il s’éloigne de la philosophie. C’est dans ce contexte qu’il travaille à son premier livre. En 1969, le Mercure de France publie son premier essai, consacré à Sacher Masoch : L’être du balbutiement. Il devient parallèlement lecteur dans cette maison et chez Gallimard, et en 1976, il entre au comité de lecture des éditions Gallimard et devient secrétaire général pour le développement éditorial en 1988. De 1981 à 1990, les huit volumes des Petits Traités marquent son penchant pour le fragment et la méditation érudite. En 1994, Pascal Quignard renonce brutalement à toute position dans l’édition et décide de ne plus publier chez Gallimard. Il déclare « Je suis plus heureux d’être libre et solitaire ». Il se consacre à l’écriture, à l’exclusion de toute autre activité et, en 2002, publie une trilogie intitulée Dernier royaume. Les ombres errantes, premier volet de cette trilogie, reçoit le prix Goncourt.

« J’écris par besoin, j’écris parce que j’ai besoin de répondre à un besoin physique, j’écris parce que j’ai besoin de dire quelque chose que j’ignore ».

Ce recueil de contes mêle quatre histoires. Quignard compose son ouvrage d’un conte-cadre entourant les trois autres contes et qui s’immisce entre chacun d’entre eux. Le conte-cadre évoque les souvenirs d’enfance d’un homme, qui le submergent lors de visites rendues à sa vieille mère.

Le premier conte donne à voir l’histoire d’amour d’un homme et la fille de son meilleur ami, qui décident de tout quitter ensemble. Finalement, l’homme abandonne la jeune femme. C’est en fait le récit d’un homme qui quitte perpétuellement tout ce qu’il a construit pour refaire une nouvelle vie. Il reviendra auprès de la femme, vieille, usée et aigrie, pour mourir avec elle.

Le second nous invite à un songe, le songe du jeune Racine lors d’une de ses leçons de latin avec monsieur Hamon. Monsieur Racine (« C’était un temps où on disait Monsieur aux enfants et où on leur enseignait les morts. », p.47), dans un rêve, déambule aux enfers et y rencontre Virgile.

Quant au dernier conte, il relate les mésaventures d’une femme qui nourrit un mendiant revenu « de l’autre monde » en échange de vêtements pour sa défunte mère ; « C’était un temps où on disait Monsieur aux mendiants et où on témoignait du respect pour les morts » (p.60). Pour cela, elle est punie de mort par son mari.

    L’écriture de Pascal Quignard, d’une simplicité superbe et savante, invite à pénétrer dans le domaine non pas du fantastique, ou de l’irréel, mais du merveilleux – avec tout ce que ce mot suppose de possible effroi, de proximité de la folie et du néant.

Élise Riard, A.S. Édition-Librairie



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