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19 décembre 2008 5 19 /12 /décembre /2008 19:50






Colum MC CANN
Zoli

Traduit de l’anglais (Irlande)
par Jean-Luc Piningre

Belfond, 2007



















Colum McCann, né à Dublin en 1965, est issu d’une famille catholique.

Il commence  sa carrière en tant que  journaliste, puis devient romancier-nouvelliste. La critique et le public  ont  salué  unanimement  ses deux romans intitulés le Chant du coyote et les Saisons de la Nuit ; il exploite dans ce dernier des thématiques sombres  et relate les misères de New York,
.

Colum McCann vit actuellement dans cette ville et enseigne l'écriture d'invention (creative writing) dans un collège.

En France ses romans sont publiés aux éditions Belfond.


Bibliographie

Le chant du coyote (1998)
Les Saisons de la nuit (1999)
La Rivière de l’exil (2001)
Ailleurs, en ce pays (2003)
Danseur (2003)
Zoli (2007)


Zoli, une jeune tzigane est  très tôt séparée de sa famille dans d’atroces circonstances. Afin de surmonter ses souffrances, elle chante ses poèmes. Ainsi, Zoli, libre comme le vent, revendique ses idéaux, grâce à sa plume.

Ses talents lui vaudront le respect des siens et l’amour d’un jeune journaliste anglais, nommé Stephen Swann. Mais Zoli demeure inaccessible, ce dernier le sait, ainsi va-t-il commettre un parjure et exposer sa bien-aimée à de redoutables tourments. Qu’osera-t-il faire sans son consentement ? Il  publiera ses écrits. Ainsi, Zoli transgresse  indirectement les lois tziganes qui interdisent formellement de publier des écrits roms hors de leur cercle. Par ailleurs, Martin Stransky, un poète communiste aux idéaux ardents souhaite transformer Zoli en une égérie de son parti.

La sentance est lourde : Zoli est exclue, reniée par sa communauté. Elle devra alors fuir et parcourir de vastes territoires, franchir des montagnes, vivre comme une exilée. 
 

Finalement n’avait-elle jamais souhaité cette errance, cette aventure, ce retour à la vie élémentaire qu’elle affectionne tant ? Citons alors un extrait d’un de ses poèmes qui, sur un ton encomiastique, décrit  la nature : 

«  Terre des forêts noires, tu nous as nourris.
Le soleil était dans tes branches,
Tes racines étaient un abri,
Tes mousses une chemise, un chapeau, une ceinture,
Voilà qu’il pleut, il pleut si fort,
Qui te fera sécher, terre noire? »


Grâce à Zoli, Colum, McCann nous laisse entrevoir l’univers des tziganes. Il éclaire notre compréhension de la représentation du monde rom dans l’imaginaire collectif et nous offre ainsi un regard neuf sur cette communauté, trop souvent incomprise et rejetée. Nous découvrons les valeurs auxquelles ils conforment leur vie, les préjugés qu’ils combattent, la  lutte  qu’ils ont menée  pour revendiquer leur différence, les préjudices qu‘ils ont subis de la part des fascistes notamment en Tchécoslovaquie durant le vingtième siècle et ailleurs en Europe.

Il ponctue cette fresque historique d’épisodes sensibles, authentiques, émouvants. La fraîcheur de cette héroïne  renouvelle chaque page. Il s’agit d’un roman social, d’un livre du voyage qui nous berce des années trente jusqu’à nos jours.


Laura, 2ème année BIB.

Voir aussi les articles de Marianne et Anne-Claire sur Les Saisons de la nuit.

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