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19 décembre 2008 5 19 /12 /décembre /2008 21:58




Alberto MORAVIA
Nouvelles romaines

Titre original : Racconti Romani
Traduction française : Claude Ponçot
Flammarion, 1954
GF Flammarion























Nouvelles romaines  est un recueil de 36 nouvelles qui ont été écrites entre 1951 et 1954.

Alberto Moravia

Moravia est né à Rome, en 1907, sous le nom d’Alberto Pincherle. Durant son adolescence, il est atteint d’une tuberculose osseuse qui l’empêche de poursuivre ses études durant sa maladie (de 12 à 17 ans). Il profitera de ce repos forcé pour lire. Il écrit son premier roman, Les Indifférents, à 17 ans. Celui-ci, bien que Moravia ne se considère pas comme engagé à l’époque, est une critique de la société et du fascisme. C’est ce qui entraînera la censure de cet ouvrage malgré son grand succès.

Par la suite son engagement pour la gauche le pousse à s’exiler à l’extérieur de Rome. Il va donc aller se cacher avec sa femme, Elsa Morante, chez des paysans du peuple. C’est cette rencontre qui va le pousser à écrire Nouvelles Romaines.

Il décède en 1990 en laissant derrière lui une trentaine d’ouvrages de tout genre (roman, théâtre, essai, documentaire, poésie, nouvelle…). Ses œuvres s’inspireront beaucoup des nombreux voyages qu’il a faits au cours de sa vie à travers le monde.


L’œuvre

Moravia se considère plus comme un conteur qu’un nouvelliste, il fait ressortir un esprit de tradition italienne en exploitant le mythe du prolétariat avec des personnages principaux attachants. Il dit que les contes vont "du type français de la nouvelle avec des situations presque de roman, au poème en prose, au bozetto, au document lyrique."

Son style d'écriture s'inspire beaucoup des méthodes de Giacchino Belli, un auteur qu'il admire beaucoup pour l'humour de ses textes et les contraintes qu'il s'impose (contrainte de langage, de taille...). Dans Nouvelles Romaines, il utilise pour la première fois la première personne en adoptant le style de langage du narrateur et non plus celui de l'auteur (ici, le dialecte romain), ce qui est une contrainte importante qui réduit considérablement le vocabulaire utilisable puisqu'il est beaucoup moins riche. Il choisit aussi de faire des nouvelles très brèves, chacune d'elle mesure entre cinq et dix pages, donnant par là l'impression d'assister à un moment de la vie du personnage (on entre dans la vie du narrateur au moment déclencheur de l'histoire et on en ressort dès que l'intrigue est résolue sans rien savoir de ce que va devenir le narrateur).

Certaines de ces nouvelles ont été adaptées en film par Gianni Franciolini dans Les Mauvais Garçons ou Cette folle jeunesse en 1955
(http://www.antoniodecurtis.com/romani.htm).

La nouvelle « Le Fanatique » a fait l’objet d’une comédie sous le titre de Dommage que tu sois une canaille en 1955. Cette nouvelle raconte l’aventure d’un chauffeur de taxi qui va transporter deux hommes et une femme qui vont tenter de lui voler son taxi ; il arrive à retourner la situation et espère séduire la jeune fille mais celle-ci, à peine revenue à Rome, l’abandonne. Le film utilise la nouvelle comme un début de scénario et crée une suite à cette aventure.

Alberto Moravia nous fait vivre à travers ces Nouvelles Romaines la vie de gens souvent pauvres et leur vision de la haute société qu’ils n’approchent souvent que de très loin. Afin de rester au plus près de la réalité, il s’est imposé la contrainte d’utiliser le langage de ce petit peuple (l’observation se fait surtout dans la version originale).


Cécile, 1ère année Bib.

Voir aussi l'article de Margaux sur Le Mépris.

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Published by Cécile - dans Nouvelle
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