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5 janvier 2009 1 05 /01 /janvier /2009 20:53









Kiran DESAI

Le Gourou sur la branche,
1998
Traduit de l'anglais par Jean Demanuelli
LGF, 2002 (coll. Le Livre de Poche)


















Kiran Desai 



Kiran Desai est née en 1971 à New Delhi. Elle est la fille de la romancière Anita Desai.

A l’âge de 14 ans, elle quitte l’Inde avec sa mère pour s’installer aux Etats-Unis.
Le Gourou sur la branche, paru en 1998, est son premier roman.
En 2006, son deuxième roman, La Perte en Héritage, reçoit The Man Booker Prize .
Les romans de Kiran Desai sont aujourd’hui publiés dans plus d’une trentaine de pays.




L'histoire

Sampath Chawla vit avec sa famille à Shahkot, une petite ville en Inde. Il travaille à la poste mais passe son temps à lire le courrier des gens.

Un jour, alors qu'il est employé comme serveur au mariage de la fille de son patron, il fait scandale en se déshabillant devant tous les invités. Il est alors licencié. Il décide de quitter la ville et se réfugie dans un goyavier. Sa famille tente de le faire descendre ; en vain. La situation attire quelques curieux. C'est alors que Sampath reconnaît des habitants et révèle devant tout le monde leurs petits secrets qu'il a lus dans leurs lettres. Les gens sont stupéfaits et pensent que Sampath a un don de divination. La nouvelle fait le tour de la ville et tous les habitants affluent dans le verger pour voir Sampath "l'ermite", lui demander conseil et le questionner sur leur avenir.   

Son père, M. Chawla, flairant la bonne affaire, décide d'installer toute la famille dans le verger : il fabrique même une baraque à thé où les fidèles pourront aussi acheter des photos de Sampath ainsi que des objets et de la nourriture pour l'offrande.

Un jour, une bande de singes envahit le goyavier ; Sampath les accepte et tout le monde pense qu'il les a apprivoisés encore une fois grâce à un pouvoir surnaturel.

Mais un jour les singes trouvent de l'alcool et terrorisent le verger et la ville entière en saccageant les boutiques et en agressant les passants pour trouver ce dont ils ne peuvent plus se passer. Toute la ville cherche alors un moyen de se débarrasser de ces animaux sacrés. Le préfet prend la décision de faire capturer les singes par l’armée et de les transporter loin dans la forêt. Mais tout ne va pas se passer comme prévu… 


Sampath : un personnage libre

En hindi, Sampath signifie « heureux hasard » car le jour de sa naissance, deux miracles se sont produits : la mousson tant attendue arriva et un container de ravitaillement de la croix rouge tomba, par erreur, dans le jardin de la famille Chawla. Le garçon de la famille était donc promis à un bel avenir.

Mais à 20 ans, Sampath est un jeune homme qui se laisse vivre : il n'a jamais aimé l'école et n'a aucune ambition professionnelle : « [il] ne veut pas travailler, [il] veut sa liberté ».

La nature est le seul endroit où il se sent serein et à sa place, loin du bruit et de l'agitation de la ville. Le goyavier sera donc « l’endroit idéal » d'où il va pouvoir observer la beauté du monde. 

Il veut qu'on le laisse tranquille, seul, en communion avec la nature et les animaux. Les singes sont d’ailleurs sa seconde famille.

Sampath est un jeune homme rêveur et solitaire. Il partage ces traits de caractère avec sa mère Kulfi. Sa mère qui est d’ailleurs le seul personnage à le comprendre et à le considérer à sa juste valeur.


Ridiculiser pour dénoncer

Le Gourou sur la branche est un roman satirique. Kiran Desai nous livre son regard sur l’Inde d’aujourd’hui. Le fait de vivre aux Etats-Unis lui permet d’avoir du recul et un point de vue critique sur son pays d’origine. Toutefois, on sent qu’elle n’a pas renié ses racines (elle revient d’ailleurs souvent en Inde) et même si ses personnages sont parfois extrêmement ridicules, ils n’en restent pas moins attachants.

Kiran Desai dénonce le fanatisme à travers les habitants de Shahkot : immédiatement, sans l’ombre d’une hésitation, ils croient fermement que Sampath a un pouvoir divin alors que ce dernier n’a fait que se rappeler les lettres qu’il a lues. Mais l’auteur ridiculise aussi l’espion de la Ligue de la Libre Pensée (la LLP) envoyé par l’Organisation de Dépistage des Ermites Charlatans (l’ODEC) pour révéler au grand jour la supercherie de la famille Chawla. L’espion se focalise sur Kulfi, la mère du célèbre ermite, car il est persuadé qu’elle met de la drogue dans les plats qu’elle prépare à son fils.

L’auteur dénonce aussi la cupidité à travers le personnage de M. Chawla : il ne lui a pas fallu longtemps pour comprendre que l’agitation autour de son fils serait une formidable aubaine dont il pourrait retirer beaucoup d’argent. Il passe son temps à développer son « affaire » sans se préoccuper du bonheur de son fils.

Enfin, Kiran Desai dénonce la place des femmes dans la société indienne : le garçon de la famille doit épouser « la  fille parfaite » ; c’est-à-dire celle qui parle peu et qui est dévouée à son mari et sa belle famille. Tout le contraire de Pinky, la sœur cadette de Sampath, qui terrorise le garçon dont elle est « folle » amoureuse.



Le ridicule des personnages et des situations donne au roman une véritable force comique. L’histoire est très originale. Le lecteur est plongé dans l’Inde d’aujourd’hui et suit les aventures de personnages atypiques. Le style de Kiran Desai est très fluide et donc très agréable à lire.


Cécile, 2A BIB
 
Voir aussi

les articles de
Grégoire,
M.A., Emmanuelle sur le Gourou sur la branche,

l'article de Mylène sur La Perte en héritage.

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Published by Cécile - dans Réalisme magique
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