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16 janvier 2009 5 16 /01 /janvier /2009 18:03








William GOLDING
Sa Majesté des mouches

Lord of the flies, 1954
Gallimard, 1983,
coll. Folio



















Biographie et bibliographie de l'auteur

William Golding est né le 19 septembre 1911 à St Columb Minor, en Cornouailles en Angleterre. Fils d’instituteur, il grandit à Malborough dans une vieille maison située au fond d’un cimetière.

   
Il entre à Oxford en 1930 où il obtient son diplôme en littérature anglaise, puis travaille dans un petit théâtre comme auteur, acteur et producteur avant de se tourner vers l’enseignement. Il se marie en 1940 et devient père de deux enfants.

   
Pendant la Seconde Guerre mondiale, William Golding sert dans la Royal Navy et reste profondément affecté par cette expérience. Après la guerre, redevenu professeur d’anglais et de philosophie à Salisbury jusqu’en 1961, il publie son premier roman Lord of the Flies en 1954.

   
En 1969, bien que fortement apprécié de ses élèves, il démissionne et se retire à la campagne dans les environs de Salisbury pour se consacrer intégralement à l’écriture. Ses romans ont souvent traité du mal, de l’opposition entre la barbarie instinctive de l’homme et l’influence civilisatrice de la raison. C’est en particulier marquant dans Sa Majesté des Mouches, son premier roman et son livre le plus connu.

   
William Golding obtient le Booker Price en 1980 avec Rites of Passage, est fait Chevalier en 1988 et reçoit le Prix Nobel de Littérature en 1983. Il meurt le 19 juin 1993.


    Sa bibliographie


Sa Majesté des Mouches, 1954
Les héritiers, 1955
Chris Martin, 1956
Le papillon de cuivre, 1958
Chute libre, 1959
La nef, 1964
Portails brûlants, 1965
La pyramide, 1967
Le dieu scorpion, 1971
Parade sauvage, 1979
Rites de passage, 1980
La cible mouvante, 1982
Les hommes de papier, 1984
Journal égyptien, 1985
Coup de semonce, 1987
La cuirasse de feu, 1989
Arieka, 2001

Le roman Sa Majesté des Mouches a fait l’objet de deux adaptations au cinéma, un film anglais de Peter Brook sorti en 1963 et un film américain de Harry Hook en 1990.












































Résumé

Durant la Seconde Guerre mondiale, un avion s’écrase sur une île montagneuse, en plein océan Pacifique, avec à son bord un groupe d’écoliers anglais en route vers l’Australie. Aucun adulte ne survit à l’écrasement et les enfants se trouvent livrés à eux-mêmes. Le livre commence ainsi par le rassemblement des enfants survivants sur l'île, autour du personnage principal de l'histoire, Ralph, qu'ils élisent tout de suite comme chef de leur tribu. Chaque enfant dans l'île a sa propre personnalité bien à lui et ils forment à eux tous un reflet de notre société moderne. Ralph  incarne ainsi le leader, il représente les idéaux de notre société : l'ordre, la sécurité, la démocratie, l'égalité et il tente d’inculquer le sens des responsabilités et de la discipline au groupe, même si c'est en vain. Lorsqu'il ramasse une conque par terre et s'en sert pour rassembler les enfants, ceux-ci se tournent naturellement vers lui et le coquillage devient le symbole de leur petite démocratie. Contrairement aux autres enfants, il met tout en oeuvre pour qu'on vienne les secourir.

Le deuxième personnage que l'on découvre, « Porcinet », est quant à lui le souffre-douleur, celui dont on se moque toujours. C'est un garçon intelligent, avisé et qui a un grand sens pratique, mais qui n'arrive jamais à se faire écouter à cause de son obésité, de son asthme et de sa myopie. Il réussit cependant à se rapprocher du pouvoir en se liant d'amitié avec Ralph, dont il devient très proche.

Grâce à ces deux garçons, la bonne entente règne au début sur l'île. Chacun s’acquitte mollement de sa tâche, sauf les plus petits qui passent leurs journées à se gaver de fruits et à jouer sur la plage. Trois cabanes sont construites sur la plage, mais elles restent branlantes et fragiles. La vie sur l’île comporte plusieurs avantages, comme l’absence d’adultes qui laisse au enfants l’entière liberté de leurs actes, la seule autorité reconnue étant celle de Ralph. L'harmonie dans le groupe ne dure cependant pas très longtemps lorsque les conflits commencent à éclater entre Ralph et Jack Merridew, qui deviennent peu à peu ennemis.

Jack est un garçon mince et anguleux, assez laid, autoritaire, dominateur, et agressif. C'est un pessimiste, qui se concentre uniquement sur les plaisirs et qui ne croit pas à leur sauvetage. Il est jaloux du statut de chef de Ralph lorsqu'il a été élu et tente sans cesse de le déstabiliser, le défier. C'est aussi le chef de sa propre bande, qu'il appelle ses « chasseurs » et qui sont les plus grands de l'île. Ralph leur a donné au début deux tâches quotidiennes : alimenter un feu dans la forêt pour qu'un bateau puisse les apercevoir et nourrir le clan en viande en chassant les cochons sauvages de l'île. Malheureusement cette dernière tâche devient très vite une passion pour Jack et le feu est peu à peu délaissé, puis oublié, jusqu'à ce qu'un jour, alors que Jack réussit enfin à tuer un cochon et arrive au sommet de son influence sur sa bande, un bateau passe à proximité de l'île sans apercevoir de fumée. L'événement marque une première scission dans le groupe, même si Jack s'excuse devant Ralph, fou de rage. Jack invite le même soir toute la tribu pour manger le cochon tué et raconte ses exploits de chasse devant des enfants extasiés.

La découverte du pilote de l'avion mort, sur une colline, avec son parachute déployé, met un terme définitif à la cohésion du groupe. Deux jumeaux découvrent en premier le pilote, en pleine nuit, mais le prennent pour un monstre et fuient en courant vers le camp. Face à l'effroi des enfants devant la nouvelle, Jack décide que lui et ses chasseurs iront tuer ce monstre, mais finalement Ralph et d'autres garçons partent aussi avec eux. Lorsqu'ils arrivent sur place, ils prennent peur et partent en courant devant la tête du mort, remuant à cause du parachute qui enfle et se désenfle dans le vent. De retour sur la plage, Jack profite de la terreur des enfants pour traiter Ralph de poltron et demande un vote pour qu'il ne soit plus chef. Il n'obtient pas cependant son renvoi et part, humilié, monter son propre clan. Bientôt, il ne reste plus sur la plage que Ralph, « Porcinet », les deux jumeaux et Simon, un garçon à l'air bizarre qui ne parle quasiment jamais, mais qui se révèle au cours de l'histoire très sensible, franc et courageux. Celui-ci décide d'ailleurs de partir seul dans la forêt pour vérifier si le monstre existe bel et bien.

Pendant ce temps, Jack et sa bande continuent de chasser le cochon sauvage. Ils réussissent à capturer une truie, que Jack égorge, vide et dépèce devant les enfants. Il pique la tête sur un bâton en guise d'offrande au monstre de la montagne et part vers la plage, où Ralph continue d'alimenter un feu pour qu'un bateau vienne les chercher. Il l'invite lui et son groupe à venir au festin organisé et ceux-ci finissent par accepter.

Lorsque Simon s'aperçoit que le monstre n'est en fait qu'un homme mort, il retourne en courant vers la plage, mais s'arrête un instant horrifié devant la tête de la truie, qu'il surnomme Sa Majesté des Mouches. Quand il arrive vers la plage et le festin, les autres enfants sont dans une sorte de transe où ils miment la scène de la chasse. Il arrive au milieu du groupe exténué, en rampant, en expliquant qu'il n'y a pas de monstre, mais se fait tuer par les autres,
qui ne l'ont pas reconnu, à coups de bâton.

Cette mort accroît encore l'animosité entre les deux groupes, celui de Ralph avouant qu'ils ont assassiné leur ami et celui de Jack affirmant que le monstre s'était métamorphosé en Simon. Ceux-ci décident de faire une rafle dans l'autre groupe pour voler les lunettes de Porcinet, seul moyen d'allumer un feu. Ils réussissent à les prendre en détruisant les quelques cabanes restantes. Le lendemain, Ralph et son groupe lancent une expédition pour récupérer les lunettes, Porcinet étant aveugle sans elles. Ils arrivent à la Forteresse des Roches, le camp de Jack, et aperçoivent les autres enfants déguisés en sauvages, le visage barbouillé de peinture. Porcinet se fait tuer par Roger, le garçon le plus cruel et méchant de l'île et les autres se font capturer, sauf Ralph qui réussit à s'enfuir. S'ensuit alors une longue course-poursuite entre Ralph et ses anciens camarades, où il se fait traquer impitoyablement. Les chasseurs décident d'allumer un feu pour le faire sortir de sa cachette, mais c'est toute la forêt qui s'embrase alors. Pris de panique, Ralph retourne à la plage, où il tombe sur un officier de marine, qui a aperçu la fumée et a arrêté son bateau. Il s'abandonne alors à son chagrin et se met à pleurer sur la mort de son ami, la noirceur du cœur humain et la fin de l'innocence.


Critique


Sa Majesté des Mouches est un roman d’aventures mais aussi une satire sociale pessimiste, montrant la difficulté pour l’être humain de vivre en communauté harmonieuse et le rapide retour à la barbarie en l’absence d’autorité et de règlements. Il nous fait prendre conscience de la fragilité de l’être humain qui, sans loi, redevient très vite un animal féroce, se battant pour sa survie et n’hésitant pas à supprimer ses ennemis.


L’écriture de William Golding est vivante et poétique. On trouve dans le récit de belles descriptions de la nature sauvage de l’île et de l’âpreté des paysages rocheux. Les dialogues entre les personnages prennent une bonne place dans le récit, apportant de la vivacité et de l’animation. La force du roman réside sans conteste dans les personnages. Chacun a son caractère bien à lui, illustrant à merveille la diversité des personnalités qui composent le groupe.


Le roman est bien construit, le rythme du récit est parfois haletant et parfois plus doux. L’auteur s’attarde à décrire les réflexions et rêveries de plusieurs personnages, leurs espoirs, leurs regrets et leurs motivations profondes. Les scènes d’action tiennent une bonne place dans le livre et certaines descriptions de chasse et de cadavre en décomposition sont assez frappantes.


Julien, 2ème année Ed.-Lib.

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Published by Julien - dans dystopies
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