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5 février 2009 4 05 /02 /février /2009 21:06









MURAKAMI Haruki
L’éléphant s’évapore
 
Zô no shômetsu
traduit du japonais par Corinne Atlan
et, pour « TV People » par Véronique Brindeau
Belfond, 2008









Article de Noémie



Biographie de l’auteur 


Né en 1949 à Kyoto (Japon), Haruki Murakami est un auteur japonais contemporain ; il a étudié la tragédie grecque, dirigé un bar de jazz à Tokyo avant de partir pour l’étranger, notamment aux Etats-Unis afin d’enseigner la littérature japonaise à Princeton (New Jersey). Il ne reviendra dans son pays d’origine qu’en 1995, choqué par le tremblement de terre de Kobe ainsi que par l’attentat du métro de Tokyo. Son retour au Japon donne naissance à un recueil de nouvelles : Après le tremblement de terre. Il a traduit Raymond Carver, Scott Fitzegerald et John Irving,à qui il voue une admiration sans borne. Aujourd’hui, il vit au Japon et continue à écrire.
   
Courte bibliographie

Pinball, 1973.
Ecoute la voix du vent, 1979
La course au mouton sauvage, 1982
La fin des temps, 1985
Danse, danse, danse, 1988
L'éléphant s'évapore (recueil de nouvelles), 1988
Chroniques de l'oiseau à ressort, 1994
Les amants du Spoutnik, 1999
Kafka sur le rivage, 2002 


Présentation du recueil

L’éléphant s’évapore est un recueil de nouvelles de Haruki Murakami paru chez Belfond en 2008 (421 pages), traduit de Zô no shômetsu (japonais) par Corinne Atlan. Ce recueil est composé de 17 nouvelles, principalement tirées du recueil Zen haku hin paru en plusieurs volumes au Japon chez Kôdansha entre 1979 et 1989. Ces nouvelles, parfois dramatiques et tendant souvent vers l’absurde, sont en lien avec des thématiques bien japonaises, souvenirs et regrets, travail, irruption du surnaturel dans la vie quotidienne, méconnaissance des autres (voisins, collègues) mais aussi rencontres et envies de bonheur. Les nouvelles de ce recueil sont en effet très insolites :  un homme demande à un autre s’il lui est déjà arrivé de frapper quelqu’un au cours d’une scène violente, une ménagère affronte un petit monstre vert lisant dans ses pensées, un nain sadique ne vit que pour la danse, une femme ne trouve plus le sommeil, un couple prépare l’attaque d’une boulangerie et s'en prend finalement à un fast-food, des TV People envahissent des maisons et installent des récepteurs de télévision, un individu maniaque est obsédé par la disparition de l’éléphant du zoo, un jeune chômeur tente de retrouver son chat perdu au milieu de nulle part, … bref, un recueil ne manquant pas de diversité ni de rebondissements !

Présentation de la nouvelle " L’oiseau à ressort et les femmes du Mardi "

L’histoire


Cette nouvelle met en scène un jeune chômeur d’une trentaine d’années, qui par une journée étouffante d’été est chargé par sa femme de retrouver leur chat mystérieusement disparu. Durant cette quête pour le moins insolite, il rencontre une étrange jeune fille de 16 ans prenant le soleil dans son jardin. Mais, que va-t-il advenir de la quête du personnage principal, dont on ne connaît pas le nom ? Retrouvera–t-il son chat ?… 

Mon avis
   
J’ai beaucoup aimé cette nouvelle, car elle s’inscrit dans la continuité des œuvres de Murakami. On y retrouve les univers parallèles que Murakami a l’habitude de créer. En effet, pour moi il y a deux univers dans cette nouvelle : l’univers de l’appartement qui est plutôt normal, quotidien : faire à manger, ménage, attente du coup de téléphone de sa femme,… et l’univers plus ou moins onirique (l’étrange fille, sa disparition, la maison, le jardin,…) que le narrateur découvre hors de son appartement. Bien entendu, l’univers de l’appartement semble tout à fait « normal », tiré de la vie quotidienne du protagoniste, ce qui n’est pas le cas dans le roman Chroniques de l’oiseau à ressort, où l’univers semble différent. Cette recherche de l’étrange est très intéressante chez Murakami. En effet, tout au long du recueil il ne cesse de mettre l’accent sur le phénomène de l’étrange dans la vie quotidienne de chacun : c'est un peu un leitmotiv chez lui.

De plus, l’atmosphère de cette nouvelle s’inscrit merveilleusement dans la continuité du recueil. En effet, ce recueil dépeint la vie et les habitudes quotidiennes d’hommes et de femmes, dans un Japon relativement moderne, entourés de musique (jazz, classique) et de littérature américaine. Nous retrouvons souvent ce thème chez Murakami, par exemple dans Kafka sur le rivage, ou bien dans La fin des temps. Ces ouvrages décrivent avec précision, comme sait si bien le faire Murakami, un univers quotidien paraissant ordinaire, et en parallèle un tout autre univers relativement différent et absurde.         
   
Noémie Defaye, Bib 1A



Article de Samantha


Quinze nouvelles sont tirées des Œuvres complètes, Murakami Haruki Zen saku hin. Ed. Kodansha, Tokyo. La nouvelle intitulée « TV People » est tirée du recueil TV pîpulu. Ed; Bungei-shunjû, Tokyo, 1990. La nouvelle intitulée « le monstre vert » est tirée du recueil Kenshinton no yûrei. Ed, Bungei-shunjû, Tokyo, 1996.


La sélection des nouvelles publiées ici correspond à celle parue aux Etats-Unis sous le titre The Eléphant Vanishes, 1993

Le recueil de dix-sept nouvelles témoigne d’un parfait mélange des genres. Domaine dans lequel Murakami excelle. Des univers différents s’entremêlent sans jamais se dénaturer pour autant. En effet tout au long des nouvelles, le quotidien réaliste est constellé d’épisodes fantastiques. Ainsi, des salariés et des femmes au foyer prisonniers de leur existence monotone vont croiser le chemin d’étranges créatures : un oiseau à ressort dont le mécanisme régule la configuration du monde, de petits êtres transportant une télévision dans un appartement, un monstre vert à écailles qui lit dans les pensées ou encore un nain, prodige de la danse, aux intentions diaboliques. Pourtant nous ne sommes pas choqués par ces combinaisons osées. Sans doute parce que nous baignons au fil des textes dans une confusion entre rêve et réalité. D’autres procédés expliquent cette douce cohabitation des genres. Dans la nouvelle "TV People" le narrateur évoque l’apparition d’étranges petits êtres avec un calme imperturbable. Il ne les décrit alors pas comme des êtres radicalement bizarres tout en admettant leur singularité.  Dans la nouvelle éponyme, le surnaturel n’est ici qu’une hypothèse pour expliquer la disparition de l’éléphant de la ville.

 Mais au-delà des faits, les personnages eux-mêmes sont complexes et possèdent de multiples facettes. Il est vrai qu’au départ, les personnages paraissent loufoques, bizarres ou encore énigmatiques. Cependant derrière cette bizarrerie se cachent des sentiments profonds et des questionnements existentiels. Effectivement tous les personnages de Murakami souffrent de la solitude et d’une existence maussade. A travers des actes, parfois incompréhensibles, ces hommes et ces femmes ne font que des tentatives de communication, d’ancrage dans un réel difficile à accepter.

D’autre part on peut faire un parallèle avec la vie de l’auteur. On suppose que ce dernier a eu le temps d’observer la population japonaise lorsqu’il tenait un club de jazz à Tokyo. En plus de cette source d’inspiration, on suppose qu’il a lui-même souffert des mutations d’un pays dorénavant moderne et impersonnel puisqu’il est parti vivre plusieurs années aux Etats-Unis.

Ce recueil, à travers des histoires variées, donne une bonne vue d’ensemble de l’Oeuvre  de Murakami. Tous les savants mélanges qui y sont réunis mettent en relief la modernité et la sensibilité de l’auteur.


Samantha, 1ère année BIB.

Autres articles sur Haruki Murakami :

Le Passage de la nuit : articles de Marlène, Chloé, E. M., Virginie.

Kafka sur le rivage : articles de Marion, Anthony, P.

La Course au mouton sauvage : articles de J., et B.



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Published by Noémie et Samantha - dans Nouvelle
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