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6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 21:16
Nathalie Kuperman écrit à la fois pour les enfants et pour les adultes. Ecrivain et journaliste, elle a notamment publié Tu me trouves comment ? et J’ai renvoyé Martha chez Gallimard pour un lectorat adulte, et plusieurs romans pour la jeunesse à l’Ecole des Loisirs dont L’Heure Bleue ou Les signes. Pour cette interview, elle a souhaité s’imposer un jeu : répondre à chaque question par une simple phrase. Une idée originale qui apporte son lot de difficultés ! Il est en effet plus difficile de condenser ses réponses en une phrase plutôt qu’en un paragraphe.



Bonjour Nathalie Kuperman et merci d’avoir accepté de répondre à mes questions ! J’ai fait votre connaissance lors de la dernière Escale du Livre de Bordeaux où vous aviez rencontré plusieurs classes afin de parler de certains de vos ouvrages. J’ai choisi de centrer cette interview sur votre roman pour adultes Petit déjeuner avec Mick Jagger, sorti en août dernier ainsi que sur votre parcours.

Pour commencer, si vous pouviez nous parler de la genèse de Petit déjeuner avec Mick Jagger ? Comment vous est-il venu à l’idée ?


C’est parti comme une blague : quand Olivier Cohen, le patron des éditions de l’Olivier, a dit devant moi qu’il allait lancer une collection où il demanderait à des auteurs qu’il aime bien de parler de leur héros, j’ai dit en riant que moi, si j’étais à la place de ces auteurs, je raconterais le petit déjeuner que j’avais pris avec Mick Jagger ; il m’a alors lancé le défi.

Que pouvez-vous nous dire sur le personnage principal de ce livre ? Il est vrai que la frontière entre le réel et l’irréel est mince et qu’avec cette double-lecture, le lecteur se perd un peu…

Le personnage a quatorze ans, trente ans, quarante ans, il navigue entre les âges, entre le réel et l’imaginaire, s’invente des vies, une passion avec son chanteur, échappe à sa famille comme il peut, fuit la vie qui, pour lui, ne ressemble pas à la vie.

Le roman comprend plusieurs thèmes assez marquants, celui de la mère notamment. La mère de l’héroïne est un peu folle, elle sort d’une maison d'isolement et ne semble pas se rendre compte que sa fille existe. C’est un thème que l’on retrouve dans la plupart de vos anciens romans, même dans certaines parutions jeunesse où la mère est souvent absente (je pense notamment à L’Heure Bleue). Pourriez-vous nous dire votre sentiment sur le sujet ?

La mère est souvent, dans mes livres, à la fois trop présente et pas assez là, et son absence remplit tout l’espace mental de sa fille, d’autant que les raisons de l’absence sont troubles pour une enfant, que l’enfant se sent facilement responsable du malheur de ses parents.

Dans vos livres, vous abordez souvent ces thèmes destructeurs : le deuil, le viol… Pourriez-vous nous dire pourquoi ? Est-ce une manière d’exorciser ? Ou ce sont simplement des thèmes qui vous viennent simplement à l’esprit sans raison particulière ?

Il m’est très difficile en effet d’expliquer comment les thèmes viennent s’imposer à moi, le fait est qu’ils s’imposent et que je suis parfois étonnée moi-même de cette matière avec laquelle je vais devoir travailler.

Mick Jagger est le leader des Rolling Stones, pourquoi lui en particulier ? (une passion ? votre groupe favori ?)

Mick Jagger est un symbole sexuel, un type bourré de talent, un phénomène qui ne laisse pas indifférent, quoi qu’on en pense, une bête de scène, une bête, une sorte de monstre.

D’où vous vient votre inspiration ? Puisez-vous dans votre propre histoire personnelle ?

Je ne m’intéresse pas tellement à moi-même, mais l’écriture m’y force, puisque qu’elle est une prolongation de ma personne, au sens physique du terme, et donc, forcément, mon histoire personnelle est une histoire d’écriture, comme l’est l’invention, une histoire personnelle d’une certaine imagination.

Parlons un peu de vo
us justement. D’où vous est venue cette envie d’écrire ?

De l’envie de ne pas me laisser mourir.

Vous publiez à la fois pour les adultes et pour la jeunesse. Pourquoi ce choix ? Souhaiteriez-vous vous « spécialiser » dans un futur proche ou préférez-vous garder ces deux points de vue ?

Parler de spécialisation en ce qui concerne l’écriture me paraît un peu fou, c’est bien parce que je déteste toute idée de spécialisation que j’écris, et cela date de l’époque où l’on voulait m’orienter vers une seconde spécialisée secrétariat car je ne fichais rien à l’école.

Depuis vos débuts vous avez changé plusieurs fois d’éditeur. Pour quelles raisons ? Désaccords littéraires ?

Je ne suis absolument pas en désaccord avec Gallimard, mais il se trouve que cet éditeur a accepté que je publie à l’Olivier pour un livre seulement, puisqu’il s’agit d’une collection intitulée « Figure libre », étant bien entendu que si prochain roman il doit y avoir, ce sera à Gallimard que je le présenterai en priorité.

Dans votre écriture, avez-vous été influencée par des écrivains particuliers ? Quelles ont été vos influences ?

J’ai aimé Georges Perec, Gustave Flaubert, Nathalie Sarraute, Marguerite Duras, Gertrude Stein, Louis-René des Forêts, James Hadley Chase, Maurice Blanchot, et tant d’autres… franchement, je ne sais pas.



Parmi vos romans, lequel avez-vous préféré écrire ?

Le dernier ! Mais n’est-ce pas le cas de tous les écrivains ?

Aujourd’hui, y-a-t-il des auteurs (en littérature jeunesse ou non) que vous appréciez particulièrement ?

J’en connais peu, mais je pourrais citer Kitty Crowther, Kéthévane Davrichewy, Valérie Zenatti, Geneviève Brisac, Arnaud Cathrine, mes amis, quoi !



Et maintenant, pouvez-vous nous dire quels sont vos projets ?


Un roman sur la violence adolescente, un roman sur un ogre qui ne parvient pas à finir ses phrases, un roman sur la maladie, mais comme je traverse une période où je n’ai pas le temps d’écrire, où le désir, de n’être plus alimenté par les mots, me lâche, je me dis que je n’écrirai peut-être plus jamais, et je pleure comme je l’ai fait samedi dernier, de dix heures à une heure du matin, en comprenant qu’écrire est une grâce, qui arrive, ou qui n’arrive pas.

Merci beaucoup Nathalie Kuperman d’avoir pris le temps de répondre à mes questions malgré votre actualité chargée !!
Je vous souhaite une excellente continuation.



Sophie MICHEL, Licence professionnelle Bibliothèques

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Published by Sophie - dans Entretiens
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