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9 février 2009 1 09 /02 /février /2009 19:01






Jean-Philippe TOUSSAINT
La Télévision
Minuit, 1997


























La télévision
, cinquième roman de Jean-Philippe Toussaint, est un ouvrage entraînant, au cœur de l’actualité plus de dix ans après sa parution, à l’heure où la télévision règne en maître dans les foyers.


L’auteur








Jean-Philippe Toussaint, écrivain né à Bruxelles en 1957, aussi cinéaste, est fortement lié aux Editions de Minuit chez qui il a publié ses neuf romans, parmi lesquels on trouve La salle de bain, 1985, L’appareil photo, 1988, La télévision, 1997, Faire l’amour, 2002, ou encore Fuir, 2005. Après un DEA d’histoire contemporaine, il commence à écrire son premier roman, La salle de bain, qui obtiendra un franc succès dès sa sortie en 1985 ; à ce jour il fait partie des auteurs contemporains occupant un place de choix sur la scène littéraire.







Il a déjà remporté deux prix, le premier avec La télévision en 1997 : le Prix Victor Rossel, prix littéraire belge reconnu. Et le second en 2005 avec Fuir, qui fait suite à Faire l’amour, avec lequel il remporte le prix Médicis du roman français. Ses romans sont aujourd’hui traduits dans une vingtaine de langues.

Ces dernières années, il s’est rapproché des arts plastiques et de la photographie ; depuis 2000, il expose régulièrement en Europe et au Japon.

La maison d’édition

Les éditions de Minuit, bien qu’ayant débuté dans la clandestinité durant la Seconde Guerre mondiale, se sont imposées parmi les plus grands éditeurs français. Avec la particularité de s’attacher à leurs auteurs dans la durée, comme Toussaint, ou encore Echenoz. Mais surtout en défendant des valeurs qui lui sont propres, notamment la défense de la littérature contemporaine.

Le résumé

Partagé entre son projet d’essai sur Titien et une volonté soudaine de mettre fin à sa relation avec la télévision, notre homme, seul dans son appartement berlinois, va devoir faire face à la double tâche qu’il s’est imposée. Mais comment mener à bien cette recherche sans être obnubilé par cet écran noir qui le nargue, qui l’invite à une sieste neuronale si tentante ? Parce que comme le dit l’auteur « une des caractéristiques de la télévision, quand on ne la regarde pas, est de nous faire croire que quelque chose pourrait se passer si on l’allumait » (page 94).

On assiste donc tout au long du texte à la petite vie tranquille d’un historien d’art venu passer son été à Berlin afin de rédiger son essai sur le peintre Titien, laissant femme et enfants partir en vacances en Italie. Cependant un élément va venir perturber ce moment d’étude et de retrait : la télévision, objet maléfique qui a pris trop d’importance avec le temps, imposant ses images et ses sons qui ne sont que des illusions de réalité. Il faut y mettre un terme, dire stop et s’en libérer…mais notre homme va pimenter cette épreuve en gardant son poste de télévision chez lui, pour lui faire face, lui résister jour après jour !

Et pour ne pas y penser, les promenades au parc, les sorties à la piscine, ou encore l’appartement des voisins à surveiller et leurs fleurs à arroser s’avèrent être de bonne distractions, sans oublier ce pour quoi il était là, à Berlin : son essai sur Titien et Charles Quint, financé par une bourse remportée sur dossier auprès d’une fondation privée. Celui-ci s’attache à la relation établie entre les deux hommes, et plus particulièrement à une rencontre, surnommée « l’épisode du pinceau », pendant laquelle Charles Quint se serait baissé pour ramasser le pinceau tombé des mains de Titien, cet acte insolent devant l’empereur fut qualifié d’outrage envers le plus grand commanditaire à l’époque de la Renaissance.

Au final, on peut dire que ce roman est une réelle réflexion sur la télévision et son emprise sur les mœurs, entrelacé de balades au cœur de Berlin et de recherches assez pointues sur la peinture au XVI° siècle. Le ton est léger, l’écriture est limpide, mais surtout le propos développé  sur les effets de la télévision incite le lecteur à se poser des questions sur sa propre  relation à la télévision.

« Assis dans le canapé, les jambes croisées, je me demandais combien nous pouvions être à ne pas regarder la télévision en ce moment, et même de façon plus générale, combien nous étions dans le monde à avoir définitivement arrêté de regarder la télévision. En l’absence de toute enquête statistique précise sur la question, le seul critère à peu près fiable pour établir l’appartenance à une catégorie statistique aussi vague et indiscernable que celle des personnes ne regardant jamais la télévision ne pouvait sans doute être que l’absence de téléviseur dans le foyer. » (page 104).

Mais contre toute attente, on découvre que la règle de ne pas regarder la télévision ne s’applique que chez lui, et dans une logique qui lui est propre cela n’est pas un écart au défi qu’il s’est lancé ! « Il allait de soi, bien entendu, que, dans mon esprit, arrêter de regarder la télévision ne s’appliquait nullement en dehors de chez moi » (page 128).

Point de vue personnel


J’ai choisi cet ouvrage, sans connaître l’auteur, en voyant dans le rayon littérature française de la librairie les différents titres de ses romans ; j’ai trouvé original qu’une grande partie de ses livres aient pour titre un objet, un lieu, une action… J’ai donc opté pour la télévision, objet avec lequel je cohabite depuis ma tendre enfance.


Eva Nonclercq, AS Ed-Lib

Voir aussi l'article de Louise,

l'article de Soazig sur l'Appareil-photo et


 l'article d'Amandine sur Fuir

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