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17 février 2009 2 17 /02 /février /2009 18:46






H
erman MELVILLE,
Bartleby le scribe

Titre original: Bartleby the scrivner, a Wall Street history
Traduit  par Pierre Leyris
Gallimard,1996
Coll.  folio




















Melville



Herman Melville est né à New York le 1er août 1819 et mort dans la même ville en 1891. Il est une grande figure de la littérature mondiale. En effet il fut essayiste, romancier et poète américain mais il exerça aussi des métiers très divers comme employé de banque, enseignant, garçon de ferme et marin sur des bateaux.

En 1835, il s'inscrit au lycée classique. Durant ces années, il découvre des poètes anglais marquants pour sa carrière : James Fenimore Cooper, Walter Scott et Byron. Herman Melville fera, en 1850, une rencontre qui l’influencera pour le reste de sa vie : Nathaniel Hawthorne. Ces deux auteurs échangeront des lettres et Melville écrira Hawthorne and his Mosses.

Parmi les œuvres les plus connues Melville écrit en 1847 Omoo qui fut vendu à plus de 13 000 exemplaires. En 1851, il écrivit un de ses chefs-d’œuvre qui eut un succès posthume, Moby Dick, dédié à Hawthorne. Dans ce livre nous retrouvons la propre expérience de Melville à travers Ishmaël.


Bartleby le scribe

Bartleby le scribe est une nouvelle publiée pour la première fois en 1853 dans une revue : le Putnam’s Monthly Magazine. En 1856, elle apparaît dans le recueil : Les contes de la véranda (« la véranda », « le marchand de paratonnerres » et « Bartleby le scribe »). En France il fut publié sous divers titres : Bartleby l’écrivain, Bartleby le scribe ou Bartleby, une histoire de Wall Street.

Au début de l’histoire, apparaît le sentiment d’humour avec les caricatures de certains personnages mais plus nous avançons, plus se ressent une atmosphère pesante.

Le narrateur de cette nouvelle est un homme de loi de Wall Street qui a trois employés dans son étude : Lagrinche, Dindon, et Gingembre. Mais ses activités croissent, il doit donc engager quelqu’un et décide de passer une annonce. Bartleby y répond et est engagé comme scribe. Il recopie et collationne des textes toute la journée. Il est très obéissant et travailleur mais petit à petit il refuse de travailler et répond à son employeur : « je préférerais ne pas » ou « je ne préfère pas ». Son employeur décide donc de le renvoyer et lui laisse six jours mais quand arrive le dernier, il est encore là. Le narrateur n’ose rien lui dire pour ne pas le brusquer ; il décide finalement de quitter ce bureau et d’aller s’installer quelques rues plus loin. Un jour le nouveau propriétaire vient frapper à sa porte et se plaint parce que Bartleby ne veut pas s’en aller. Le narrateur, ancien employeur de Bartleby, fait tout son possible pour le faire partir mais en vain. Bartleby sera donc évacué par les forces de l’ordre et incarcéré auxTombs (prison). Là, il se laisse aller, préférant
ne pas manger et finira par mourir.

Analyse

Ce livre met en relief deux personnages : le narrateur, employeur de Bartleby, et Bartleby. Le narrateur ne sait jamais comment réagir face à lui. Il décide à chaque fois de lui dire ses réelles pensées sur la situation mais dès qu’il est devant lui et qu’il entend « je ne préfère pas », il est désemparé, submergé de remords. Il est donc, tout au long de ce livre, envahi d’un double sentiment. Il vient même à se  poser la question si c’est de la provocation ou si c’est sa réelle nature.

Bartleby est un personnage inédit dans la littérature. Il est décrit dès le début comme étrange : « un jeune homme immobile apparut un matin sur le seuil de mon étude […]. Je vois encore cette silhouette lividement propre, pitoyablement respectable, incurablement abandonnée ! C’était Bartleby.» .De plus il répètera une trentaine de fois « je ne préfère pas ». Il a donc un comportement bizarre : ne mange que des biscuits au gingembre, dort dans l’étude, ne sort jamais et quand il décide de ne rien faire, il est debout, immobile, silencieux devant une fenêtre comblée d’un «  mur de brique noirci par l’âge ainsi qu’une ombre perpétuelle ».
Le narrateur le décrira dès le début comme un « homme de préférences plutôt que de présupposés. »

Dans la pièce de théâtre Bartleby mise en scène par David GÉRY, le personnage principal est représenté de cette manière :

 
Enfin, nous pouvons voir tout au long de cette œuvre qu’il y a une présence de l’absurde, ce qui semble préfigurer l’existentialisme.

En effet, le fait de ne plus travailler et de rester droit toute la journée devant une fenêtre donnant sur un mur semble absurde. Mais ce thème du mur va se retrouver plusieurs fois dans le livre. Ainsi, même en prison, il restera toute la journée devant un mur et finira par y mourir.

Tout au long du livre nous nous posons aussi des questions existentielles. Celle que revient le plus est celle du sens de la vie. Au début du livre le narrateur dit que « la meilleur façon de vivre est de prendre les choses tranquillement ».

Nous nous demandons, tout au long de l’œuvre, qui du narrateur ou de Bartleby a la raison la plus légitime. S’il vaut mieux faire comme Bartleby ne rien faire ou comme le narrateur qui privilégie le travail et la normalité.

Enfin, les derniers mots du livre : « Ah ! Bartleby ! Ah ! Humanité ! » nous poussent dans une  réflexion qui devrait être quotidienne !

En conclusion, nous pouvons dire que Bartleby le scribe est une œuvre atypique par ses personnages et  son contenu. Cette nouvelle a été adaptée au théâtre et quatre fois au cinéma.

Gille Deleuze, philosophe français, a dit à propos de l’œuvre : « Bartleby n’est pas le malade mais le médecin d’une Amérique malade ».

Elodie, 1ère année Bib
 




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Published by Elodie - dans Nouvelle
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