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21 février 2009 6 21 /02 /février /2009 07:56

Laurent Courau, outre ses qualités de journaliste et réalisateur indépendant, sévit également sur la Toile depuis 1995, date à laquelle il met en ligne la Spirale, l'ezine des mutants digitaux. Galeries, interviews, articles, fictions, le site gagne en contenu et s'impose de plus en plus comme LE site francophone de référence sur la cyberculture. En 2004, Laurent Courau fait éditer sur papier l'anthologie Mutations pop et crash culture, qui reprend des interviews du site et les ordonne par thématiques, avec introductions aux grands thèmes de la cyberculture à la clé. Plus récemment, Laurent est parti avec son compère mutant Lukas Zpira rencontrer et filmer les vampyres de New York et du monde entier. Il en tirera un film à sortir d'ici à la fin de l'année, et un ouvrage qui raconte l'entrée en contact de Laurent avec ce milieu.



Tu animes depuis 11 ans maintenant laspirale.org, l'ezine pour les mutants digitaux, qui recense moult articles, interviews, galeries, fictions et autres à propos de la cyberculture. Peux-tu nous relater l'histoire de la Spirale et son évolution au fil du temps (j'ai cru comprendre qu'il s'agissait au début d'un support papier de type fanzinoïde) ?


Tout a démarré vers 1993 ou 1994 avec une lettre d'information photocopiée et gratuite, consacrée à la culture cyberpunk. Après plusieurs années d'implication dans les scènes musicales alternatives, j'avais envie de donner la parole à des écrivains, des artistes et des éditeurs encore mal connus du public. Les premiers numéros parlaient de films nouveaux et atypiques comme les Tetsuo I et II de Shinya Tsukamoto, de l'underground new-yorkais où j'avais déjà traîné un peu vers 1992 du côté de l'East Village, des cyborgs de Survival Research Laboratories, de livres cultes comme The Industrial Culture Handbook, Incredibly Strange Films ou Modern Primitives de RE/Search Publications, des hacktivistes grecs de Remember The Future ou des Italiens de Decoder. L'idée était de sortir du format classique des interviews de musiciens qui ressassent souvent les mêmes anecdotes de studio et de tournée dans les médias rock. De faire et de partager quelque chose de différent, de prendre le pouls de l'époque en s'ouvrant à d'autres expériences. Cette Lettre de la Spirale était tirée à 3000 exemplaires, dont une partie était distribuée sur Paris et le reste envoyé en province par colis. Ca a duré un peu plus de deux ans avant que je puisse basculer ce fanzine sur le réseau des réseaux.

Au départ, je n'avais pas pleinement conscience du potentiel de ce nouveau support. C'était évidemment neuf et excitant, mais l'idée était surtout d'économiser un peu d'argent en zappant les coûts de photocopie et d'envois postaux. Le vieux truc du Do-It-Yourself, un minimum d'investissement pour un maximum d'impact. D'ailleurs, on ne parlait pas encore de business sur Internet. C'était le début du web en France. Les entreprises réalisant des sites professionnels se comptaient sur les doigts des deux mains. Les entrepreneurs et les politiciens se demandaient encore à quoi ça pouvait servir. Comme l'avait formulé Mark Frauenfelder du fanzine californien Boing Boing, on avait vraiment le sentiment d'être des pionniers, de débarquer sur une nouvelle frontière, digitale et virtuelle... le lieu de tous les possibles. Il nous semblait que tout restait à faire, à construire. Bien qu'on sache aujourd'hui où ça nous a menés, c'est-à-dire droit dans la Grande Foire à la Saucisse Numérique avec gang-bangs et bukkakes intégrés.

Nous étions d'ailleurs peu nombreux. A l'époque, le site cyberculturel français de référence s'appelait Nirvanet. Il y avait aussi La Rafale de David Dufresne, un journaliste de Libération qui travaille actuellement sur I
>Télé. Avec la Spirale, j'amenais quelque chose de différent, une ambiance plus punk qui tranchait dans une cyberculture très influencée par Timothy Leary, dont je ne renie d'ailleurs pas le legs, et d'anciens hippies reconvertis dans les mondes virtuels comme Jaron Lanier ou John Perry Barlow de l'Electronic Frontier Foundation. Après, il y a eu l'avènement de la nouvelle économie à la fin des années 90 et son cortège de start-ups. Internet était soudainement à la mode. Le premier à parler de la Spirale dans la presse fut Maxence Grugier au travers de son magazine, le regretté Cyberzone. Là, ça semblait logique mais à ma grande surprise, d'autres s'y sont ensuite collés comme Les Inrockuptibles, Libération, Nova Magazine ou Technikart. Jusqu'à l'émission Nulle part ailleurs sur Canal +.

Comme nous aurions dû nous y attendre, cette reconnaissance médiatique sonnait aussi le glas d'une époque. Le web artisanal des débuts avait vécu et les nouveaux internautes adoptaient déjà massivement un comportement de consommateurs passifs. La Spirale a néanmoins poursuivi son chemin, soutenue par une petite équipe de collaborateurs qui se sont joints à l'aventure, en accumulant les interviews, les articles et les expositions qui se comptent à ce jour par centaines dans ses archives. Un travail de titans quand j'y repense. Enfin, j'ai été contacté en 2003 par le philosophe Yves Michaud pour publier une anthologie du site qui est sortie en 2004 sous le nom de Mutations pop & crash culture, dans la collection Les incorrects qu'il dirigeait aux éditions du Rouergue. D'après les critiques, le bouquin fait toujours office de référence en matière d'agitation et d'excentricité millénariste.

Comment as-tu découvert la cyberculture ? Quand on sait que les premiers supports traitant du sujet étaient exclusivement américains (les magazines Mondo 2000 et Wired ou encore le fanzine Boing boing), je me demandais si tu les avais eus en mains ou bien si c'est par d'autres voies que tu es entré en interaction avec la cyberculture ?

Effectivement, j'ai eu la chance de découvrir Mondo 2000 et Boing Boing à l'époque de leur publication. Idem pour Wired qui a connu des débuts brillants avant de se fondre dans le moule de l'e-business. On pouvait se procurer ces revues et bien d'autres choses encore, comme les magazines Future Sex de Lisa Palac ou Juxtapoz du peintre Robert Williams, à l'excellente librairie Un Regard Moderne, toujours installée rue Gît-le-coeur à Paris dans le 6ème arrondissement. Habitant cette rue à l'époque de son ouverture, j'ai eu la chance de bénéficier d'un accès direct à la contre-culture la plus excitante du moment.

Outre les écrivains cyberpunk et la fiction spéculative de Ballard ou de Spinrad que j'avais découverte un peu plus tôt, mes influences se situaient du côté de la vague punk des 70's, du mouvement hardcore des années 80 autour des Dead Kennedys et de Black Flag, de groupes de hip hop comme Public Enemy et de l'esthétique techno-industrielle véhiculée par Front 242, les Revolting Cocks ou Peace, Love & Pitbulls. Dans toutes ces références, il y avait la même rage, la même envie d'envoyer promener le vieux monde, d'ouvrir des portes sur d'autres dimensions et de multiplier les possibles pour passer à quelque chose de nouveau.

C'était aussi l'époque des premiers réseaux informatiques ouverts au public, les BBS, et de l'Amiga, un des premiers ordinateurs personnels capables de traiter l'image en mouvement. Les mondes imaginés par William Gibson et Bruce Sterling dans leurs romans de science-fiction cyberpunk prenaient forme sous nos yeux. Les extropiens envisageaient la cryonie pour repousser les limites de notre mortalité. Kevin Warwick faisait ses premières expériences d'implantation de puces électroniques dans le corps humain. Nous découvrions les écrits d'Hakim Bey et le concept de zones autonomes temporaires inspirées de la piraterie du 18ème siècle. Un vrai feu d'artifice, ça fusait dans tous les sens. D'ailleurs, je conseille vivement à ceux que ça intéresse d'essayer de mettre la main sur le User's Guide to the New Edge publié par l'équipe de Mondo 2000 en 1992. De A pour Aphrodisiaques à Z pour Zines, en passant par l'hyperréalité, la vie artificielle, le transréalisme, le wetware, la longévité ou le nouveau nomadisme, cet ouvrage couvre une large partie des utopies et des folies de cet âge d'or. On doit encore pouvoir se le procurer chez certains bouquinistes.

Ceci dit, il n'y a aucune raison d'être nostalgique, car cette agitation se poursuit toujours aujourd'hui. D'autant qu'elle n'est plus relayée par les médias qui se perdent dans un labyrinthe subculturel et technologique dont ils ne savent appréhender la topographie. J'ai l'impression de radoter en écrivant cette phrase, mais on vit vraiment une époque formidable, pour peu que l'on se donne la peine de fouiner hors des sentiers battus. Mais pour ça, il faut savoir détourner un instant le regard de son nombril, aussi piercé, tatoué ou body-buildé soit-il. Et c'est justement sur ce point que la Spirale me semble avoir toujours un rôle à jouer, en attirant l'attention de son lectorat sur les lignes de force sous-jacentes et les initiatives contemporaines porteuses d'espoir ou des germes d'une évolution, quelles que soient les disciplines concernées : scientifiques, artistiques, économiques, médiatiques, mystiques et plus si affinités.

Récemment tu as sorti le livre Vampyres : quand la réalité dépasse la fiction, qui est le fruit de quatre ans d'investigation au sein d'une subculture qui n'aurait pas détonné dans un roman de Gibson. Qu'est-ce que tu peux nous dire au sujet de ce monde vampyrique, et au sujet du bouquin ?

Je suis ravi que tu fasses le lien entre les vampyres et les univers sombres, futuristes et urbains de William Gibson qui reste un Maître en la matière. J'ai découvert la culture vampyrique par l'intermédiaire de Lukas Zpira, ami proche et collaborateur régulier de la Spirale. Après des années de journalisme en ligne sur le site et de boulots alimentaires liés aux nouvelles technologies, j'ai éprouvé le besoin de revenir sur le terrain en me confrontant à la réalité la plus crue. Une envie qui s'est concrétisée lorsque j'ai retrouvé Lukas par hasard à New York au mois de juillet 2002. Toujours sur la brèche, il se préparait à donner une performance, à laquelle il m'a convié, dans une soirée organisée par un clan de Harlem, les Hidden Shadows, où je me suis trouvé au milieu de 300 ou 400 vampyres blacks et portoricains qui hurlaient son nom alors qu'il tournoyait suspendu au-dessus des têtes par des crochets d'acier chirurgical passés dans la peau de son dos.

De cette première rencontre avec les vampyres est née l'idée d'un reportage tourné à la fin de la même année et diffusé en février 2003 dans l'émission Tracks sur Arte. J'ai ensuite croisé Father Sebastiaan, figure tutélaire de la scène, à Amsterdam en février 2004. Son intérêt pour le projet nous a ouvert d'autres horizons et permis d'aller plus loin dans nos recherches en enchaînant les tournages en Hollande, à New York, à Paris, à la Nouvelle-Orléans, etc. L'occasion faisant le larron, ce projet s'est transformé en film documentaire, puis en livre avec Vampyres, quand la réalité dépasse la fiction qui est sorti en avril dernier chez Flammarion. Le bouquin précède le documentaire dont il retrace en grande partie le tournage, en apportant des éclairages historiques et culturels sur la question vampyrique. Le film devrait normalement suivre en fin d'année.

Sinon, que te dire des vampyres ? Il s'agit d'une subculture relativement récente. Ses origines remontent au début des années 90. Ses adeptes se reconnaissent entre autres aux crocs que leur fabriquent sur mesure les fangsmiths, des prothésistes dentaires gagnés à la cause. Elle a pour particularité de se focaliser autour de croyances liées au vampirisme, plutôt que d'un style musical comme les mouvements des décennies précédentes, et se structure autour de clans ou de familles inspirées des sociétés secrètes des siècles passés. Partie de New York et des grandes villes de la côte ouest, elle a depuis essaimé sur l'ensemble du territoire nord-américain et les cinq continents. Father Sebastiaan donne le chiffre d'une dizaine de milliers de vampyres aux seuls USA, un chiffre qui me semble faible d'après mes propres investigations.

Après, on peut en penser ce qu'on en veut et les esprits chagrins se gausser. Personnellement, je considère qu'affirmer et revendiquer son appartenance à une espèce non-humaine constitue déjà en soi un bel exercice de défi au statu quo, aussi psychédélique soit-il.

Le mouvement vampyrique s'étant cristallisé autour du jeu de rôle Vampire : la Mascarade, on peut donc dire de ces Vampyres que ce sont des gens qui ont intégré leurs fantasmes à leur mode de vie. Le phénomène n'est pas isolé puisque dans son ouvrage le Sexe bizarre, Agnès Giard (par ailleurs collaboratrice de la Spirale) recense des pratiques sexuelles qui du fantasme ont rallié le réel. Comment expliques-tu cette tendance à intégrer le fantasme au réel ? 

La chute du Mur de Berlin en novembre 1989 a constitué un des grands tournants de la fin du siècle dernier en sonnant le glas de l'empire soviétique et par rebond de bon nombre d'utopies de gauche. Le néolibéralisme sortait triomphant de la confrontation, libre d'imposer sa vision du monde. De fait, il est aujourd'hui difficile de savoir contre qui et pour quoi l'on se bat. L'ère est à la dématérialisation, le monde apparaît plus complexe. Ce qui offre en apparence moins de surfaces de frappe. De là, peut-être, cette tendance à vouloir s'échapper de la réalité consensuelle pour rejoindre des dimensions fantasmatiques, imaginaires ou mystiques. Ce que l'on retrouve de manière très nette chez les vampyres et en partie dans les pratiques sexuelles documentées par Agnès dans Le sexe bizarre.

Mais il existe aussi d'autres grilles de lecture de ces phénomènes. A l'occasion d'une interview dans la Spirale, Marc Caro, réalisateur avec Jean-Pierre Jeunet de Delicatessen et de la Cité des enfants perdus, avait défini la période actuelle comme celle de la rencontre des sciences, de la technologie et de la spiritualité. Une voie explorée par William Gibson dans les années 80 qui avait introduit des Loas, les esprits du Vaudou, dans le cyberespace de son second roman, Comte Zéro. Et c'est très certainement la convergence de ces univers, la superposition de ces points de vue et de ces grilles de lecture qui vont nous permettre un jour d'avancer vers une vision plus globale de la nature même de la réalité et de l'infinité de dimensions qui la constituent.

Mais pour ce faire, nous devons au préalable nous remettre en question, sortir des vieux schémas égotiques et conflictuels, nous débarrasser des peurs résiduelles en transcendant nos angoisses et nos frustrations. Ce qui n'a rien de simple et ne va évidemment pas dans l'intérêt de tout le monde. Le moins que l'on puisse dire, c'est que les forces de stagnation et de régression sont encore très présentes en ce début de 21ème siècle. Et qu'elles se dissimulent parfois là où on les attend le moins.

Le livre Vampyres est présenté comme « sang pour sang gonzo ». Peux-tu rappeler, pour nos lecteurs, en quoi consiste le journalisme gonzo tel que l'a défini Hunter Thompson (l'auteur de Las Vegas Parano et Hell's Angels) ?

Le terme gonzo a été popularisé pour décrire le style de Hunter S. Thompson. C'est en quelque sorte une extension du nouveau journalisme initié par Tom Wolfe et Lester Bangs, une nouvelle manière plus crue et plus personnelle (donc subjective) de traiter un sujet. Outre son immense talent littéraire et journalistique, Thompson est aussi connu pour son mode de vie autodestructeur et ses frasques qui lui ont valu de se faire lyncher par les Hell's Angels en conclusion de son enquête sur leurs chapitres californiens. Ce qui ne l'a pas empêché de mettre le doigt sur des choses essentielles en fouillant les décombres du rêve américain, notamment dans le roman Las Vegas parano ou au travers des articles compilés dans le recueil La grande chasse au requin qu'il faut absolument lire.

Ce principe d'immersion dans les marges me semble par ailleurs essentiel pour comprendre le monde dans lequel nous vivons. Les mouvements culturels les plus intéressants naissent dans ce que l'urbaniste Paul Virilio nomme la banlieue mondiale, certainement pas dans les centres d'art contemporain des centre ville. D'où viennent le rock 'n' roll, le hip hop, le reggae, le punk et la techno ? De coins perdus du sud des USA, des ghettos de Kingston et de Detroit, des terrains vagues graffités du Bronx, de villes ouvrières sinistrées du Royaume-Uni et d'arrière-salles louches du Lower East Side new-yorkais. Pas des galeries de Soho ou du Marais. Et que le magazine Art Press affiche avec dix ans de retard un portrait de Marilyn Manson sur la couverture de son numéro de l'été 2006 ne change rien à la question. La vie est toujours plus forte, plus vraie à l'écart des projecteurs.

Sur ton site, on s'aperçoit que nombre de mouvements et subcultures d'allumés de tout poil (comme les Vampyres dont on vient de parler) viennent des Etats-Unis. Retrouves-tu tout de même des phénomènes similaires en France ou penses-tu que nous avons ici affaire à un phénomène essentiellement américain ? Le web ne devrait-il pas justement engendrer des subcultures à l'échelle planétaire ?

Mais la plupart des subcultures dont il a été question dans la Spirale se sont déjà répandues à l'échelle planétaire. Pour ne prendre que ces exemples, regarde ce qu'il se passe autour des modifications corporelles ou du fétichisme. Il aura suffi de quelques années pour que ces courants culturels touchent le monde entier, dont la France qui n'est bien sûr pas épargnée. Et pour répondre à ta question, le web a bien évidemment joué un rôle de premier ordre dans cette dissémination. La scène vampyrique moderne prend ses racines aux Etats-Unis, qui restent de par leur mixité et leur vigueur sociales et culturelles un terrain d'expérimentation passionnant, mais tu verras dans le film qu'elle compte aussi des représentants un peu partout sur la planète. En Europe, au Japon, au Brésil, au Mexique. Et dans ce processus d'expansion, de nouvelles excroissances apparaissent, de nouvelles espèces voient le jour. A la suite des vampyres, on trouve maintenant des subcultures qui s'approprient d'autres archétypes comme les loup-garous, les elfes ou les fées.

En guise de conclusion, on peut dire que le philosophe américain Francis Fukuyama s'est assez violemment planté en proclamant la fin de l'Histoire à la fin des années 80. Non, il n'y a pas de début et il n'y aura pas de fin. Et le monde restera non seulement plus étrange que nous le pensons, mais aussi plus étrange que nous pouvons le penser, pour reprendre la citation du physicien allemand Werner Heisenberg qui ouvre Mutations pop & crash culture. Encore une fois, en étant cette fois-ci conscient de me répéter, nous vivons une époque passionnante. La décision d'y participer ou pas de manière active, et d'apprendre à surfer sur son chaos revient à chaque individu...

Thomas
Bégeault, LP librairie

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Published by Thomas - dans Entretiens
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