Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
26 février 2009 4 26 /02 /février /2009 08:40









Chahdott DJAVANN
La Muette
Flammarion Lettres, 2008



























Chahd
ott Djavann est une romancière et essayiste iranienne engagée contre l’intégrisme et la condition féminine. Née en 1967 en Iran, elle va fuir son pays et vit aujourd’hui en France. Son dernier roman, La Muette, publié en 2008 chez Flammarion, est tout simplement bouleversant. Elle a également publié un roman en 2006, Comment peut-on être français ?








Fatemah 
est en prison. Elle tient  un carnet dans lequel elle revient sur son enfance et l’histoire de sa jeune tante : la muette.

La jeune Fatemah vit seule avec sa mère, une femme égoïste que seuls les ragots du village et  l'idée de faire de sa fille une parfaite épouse intéressent. Aux antipodes de cette femme, la jeune tante muette de la fillette : jeune femme fascinante et
mystérieuse qui laisse libre cours à ses envies : elle fume, refuse de porter le voile et surtout laisse s’exprimer sa sensualité et sa sexualité. Naît alors entre la jeune femme et la fillette une relation sensuelle et pleine de complicité. Mais dans un Iran dominé par les mollahs, les pratiques de la jeune femme choquent et elle sera lapidée.

Fatemah se verra alors contrainte d’épouser le mollah, un homme violent qui finira par la battre et la violer.

Un soir, elle décidera alors de fuir l’oppression  et de tuer le bébé né du viol du mollah ; elle sera condamnée à la pendaison. Le carnet de la jeune femme s’achève la veille de sa mort.

Ce court roman tragique et cruel ne laisse aucune espérance pour ces deux femmes qui ont voulu lutter contre la condition féminine en Iran et l’intégrisme des mollahs. Ce roman bouleverse à cause de la cruauté inhumaine faite aux femmes mais aussi à cause de notre immersion dans le désir et la sexualité de ces femmes opprimées, sujet tabou au Moyen-Orient. Il y a d’ailleurs de très belles  scènes sensuelles et voluptueuses entre la muette et la nature… Chahdortt  Djavann a donc su rendre une part de leur féminité à ces femmes opprimées.

Ceux qui s’intéressent au Moyen-Orient apprécieront ce court roman et son écriture à la fois simple et cruelle à laquelle on ne peut pas rester insensible.


Adeline Bouzet, 1ère année édition-librairie




Partager cet article

Repost 0

commentaires

Recherche

Archives