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7 avril 2009 2 07 /04 /avril /2009 07:42
Rencontre samedi 4 avril à l'Escale du livre de Bordeaux



Profil

Né en 1974 dans la banlieue parisienne.
Publie son 1er roman Je vais bien, ne t'en fais pas en 2000 au Dilettante.
Puis aux éditions de l'Olivier
A l'ouest, 2001
Poids léger, 2002
Passer l'hiver, 2004
Falaises, 2005
A l'abri de rien, 2007
Des vents contraires, 2009
Parallèlement, il a publié des romans jeunesse à L'Ecole des Loisirs.
Ses livres ont reçu de nombreux prix et Olivier Adam était favori du Prix Goncourt en 2007.
Certains de ses romans ont été adaptés au cinéma et à la télévision.
Il est lui-même co-scénariste de plusieurs films dont Welcome de Philippe Lioret.



Ses amis


Olivier Adam a beaucoup d'amis.

Il a beaucoup d'amis dans la littérature, qu'il a choisis très tôt :

des écrivains français du milieu du 20ème siècle comme Henri Calet, Raymond Guérin, Georges Hyvernaud, Emmanuel Bove... des plus contemporains, Jean-Paul Dubois, Philippe Djian à travers lesquels il se découvrira de nouveaux amis américains : John Fante, Richard Brautigan, Charles Bukowski, John Cheever...et surtout Raymond Carver.

Adam a pu légitimer son désir d'écrire en lisant Carver et il  reprendra à son compte la formule « No cheap tricks » : pas d'artifices dans l'écriture.

D'où ces phrases courtes, dépouillées, efficaces. D'où cette pudeur, cette sobriété qui évitent à la mélancolie des textes d'Adam les écueils du pathos ou du lyrisme.

L'autre leçon retenue de Carver est de « ne jamais écrire en surplomb des personnages », mais avec modestie, à hauteur de leurs gestes. Pour Olivier Adam, nos vies sont les mêmes que celles des gens qu'il met en mots. Le « je » signifie « nous », ce qui amplifie la proximité et l'empathie qu'on éprouve pour ces hommes et ces femmes dont l'auteur semble capturer des moments de vie.

On comprend qu'après le refus de son premier roman par Olivier Cohen, découvreur en France de Raymond Carver, le tenace Adam soit revenu frapper, cette fois avec succès, à la porte des Editions de l'Olivier.

Aussi bien dans la traduction de littérature anglo-saxonne que dans la découverte de nouveaux talents français, l'Olivier aura produit de nombreuses « huiles essentielles » : Richard Ford, Cormac McCarthy, Jay McInerney, John Berger, Jonathan Franzen... Agnès Desarthe, Marie Desplechin, Guillaume Le Touze, Christophe Honoré, Jean-Paul Dubois..
.
Par la suite, Adam publiera tous ses livres chez cet éditeur et en deviendra une des figures de proue.

Olivier Adam a aussi beaucoup d'amis dans la musique.

Plus jeune, bercé par Noir Désir, Miossec, Dominique A, Bashung, Bob Dylan, Léonard Cohen, Neil Young..., il monte un groupe de rock dont il est le parolier mais très vite, il découvre à la fois ses limites et son désir véritable pour la littérature.
 
Mais la musique continue à l'accompagner, il nous confie qu'elle lui est nécessaire en phase d'écriture et ses ouvrages sont parsemés de nombreuses références musicales. Pour lui, un livre a une musique intérieure, les phrases en donnent le tempo et invitent le lecteur à entrer ou pas dans la danse. La musicalité de son écriture est éloigné des «orchestrations » trop lourdes... Les romans de Adam s'accompagneraient facilement d'une bande originale : un riff de guitare de PJ Harvey, la voix fragile de Cat Power, l'émotion de Léonard Cohen.

Olivier Adam a des amis dans le cinéma.

Il avoue que sa façon d'écrire présente des similitudes avec la réalisation cinématographique : dans un premier temps, sa production est frénétique et abondante, il écrit souvent le double de ce que représentera le livre au final. Puis, dans un second temps, à partir de ces rushes, il élague et procède à une sorte de montage.

Plusieurs de ses livres ont été adaptés au cinéma ou à la télévision:
Poids Léger de Jean-Pierre Améris en 2004,
Maman est folle de Jean-Pierre Améris pour la télé en 2005,
Je vais bien, ne t'en fais pas par Philippe Lioret en 2006.
Son dernier livre, Des vents contraires, sera adapté prochainement au cinéma par le comédien Jalil Lespert.

Olivier Adam a participé comme co-scénariste à l'adaptation de Je vais bien...par Lioret et sur son dernier film, Welcome, oeuvre engagée et bouleversante d'humanité. Adam a pu apporter le travail de recherche effectué auprès des réfugiés de Sangatte, pour son livre A l'abri de rien.

Malgré ces expériences, l'auteur se sent plus à l'étroit dans l'écriture d'un scénario où la narration et l'avancée d'une intrigue prédominent. Il avoue son admiration pour le cinéma de Maurice Pialat (dont la mort faisait l'objet d'une nouvelle de Passer l'hiver) et du cinéma asiatique où l'atmosphère et la description d'un milieu priment sur la narration elle-même. Pour Adam, les lieux, les paysages travaillent, façonnent les personnages.


Ainsi dans son dernier livre, Des vents contraires, il nous parle d'un homme avec ses deux enfants confronté à la disparition inexpliquée de sa femme. Il décide alors de s'installer au bord de la mer, sans la mère, pour retrouver un horizon, pour donner de l'air à la vie de ses enfants qui suffoquent, pour chercher des vents forts qui souffleront les flammes du désespoir.

« Se confronter à un monde vivant aide à nous rendre vivant », dit Adam.

Souvent, les personnages de ses livres sont très laconiques et c'est l'environnement, les lieux qui parlent pour eux. Adam a notamment l'art de décrire la tristesse et l'ennui d'un paysage de banlieue, la vulgarité d'une zone commerciale, l' immensité angoissante d'un bord de mer. Il y place des destins humains avec ce qu'ils ont de magnifique, pathétique, tragique ou grotesque. Mais ces personnages à la limite du déséquilibre, sur le point de rompre, restent combattants plus qu'abattus.

Les thèmes des ouvrages de Adam sont empreints de gravité mais il fait partie des créateurs qui, comme Bashung par exemple, font que le noir devient une couleur.

Olivier Adam a moins d'amis à Saint-Germain-des-Prés qu'à Saint-Malo.

Souvent distingué par des prix littéraires, il préfère malgré tout « rester en lisière du monde littéraire », goûte peu aux avantages de la renommée et s'interroge sur la surprésence médiatique de certains écrivains attirés par la lumière des studios. Pour éviter de s'y brûler les ailes, il a choisi de voler au bord de la mer.

Si toi aussi  tu veux devenir le nouvel ami d'Olivier Adam, ouvre un de ses livres et écoute cette petite musique ténue qui serre le coeur et te prouve que tu es vivant.

Welcome !


Patrice Géant, A.S. Ed.-Lib.

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commentaires

GUENGANT armelle 02/11/2012 20:27

Je voulais connaitre Olivier ADAM,c'est fait,"des vents contraires".Trés trés captivant,trés bien écrit,émouvant,un style qui me séduit.Le 1er certainement pas le dernier,j'ai ADORE.Un écrivain de
grand talent,à lire sans modération.

Armelle

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