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27 avril 2009 1 27 /04 /avril /2009 07:08






Mo HAYDER,
Tokyo
,
traduit de l'anglais
par Hubert Tézenas,
Presses de la Cité, 2005,
Pocket, 2007






















Mo Hayder, est née à Londres en 1962. Elle quitte sa famille à 16 ans et part au Japon à l’âge de 25 ans. Elle y vit pendant deux ans. Elle se rend ensuite à Los Angeles; et une fois de retour à Londres, elle commence à écrire. Pour cela, elle s’informe longuement et de façon studieuse sur la police et les médecins légistes. Deux ans plus tard, son premier roman, Birdman, est publié. Tokyo est publié quant à lui en 2005. Elle a reçu pour ce roman le Prix SNCF du polar européen et le prix des lectrices du magazine ELLE.
 

Ce roman est en fait constitué de deux récits à la première personne, qui se chevauchent et s’entremêlent de chapitre en chapitre.

Le récit principal a pour cadre la ville de Tokyo, en 1990. Les premières pages nous dévoilent une jeune étudiante anglaise, la narratrice du récit, surnommée Grey, fraîchement arrivée à Tokyo, partie sur un coup de tête pour rencontrer un professeur et chercheur de l’université de Todai, Shi Chongming. Par la suite, nous découvrons plus de détails sur le passé sombre et torturé de la jeune femme, ainsi qu’une partie de la raison de sa venue à Tokyo. Elle recherche en réalité des informations, des témoignages sur la prise de Nankin (capitale chinoise jusqu’en 1949) par les Japonais durant la Seconde Guerre mondiale; et plus particulièrement sur les débordements de cette guerre, les massacres et autres horribles crimes de guerresqui s’y sont déroulés. En effet ces sujets et cette guerre ont longtemps été et sont parfois aujourd’hui encore des thèmes très sensibles, habilement occultés dans les manuels scolaires, livres et témoignages en général. 
 
Le second récit quant à lui, qui s’ouvre dès le prologue du roman, est en réalité construit à partir d’extraits du journal intime du professeur Shi Chongming, habitant de Nankin durant la Seconde Guerre mondiale, et donc témoin direct de la prise de la ville. Nous découvrons à travers ses yeux tous les détails de l’occupation, depuis l’instant des premières inquiétudes jusqu’aux moments les plus horrifiants des massacres.
 
Mais le roman nous présente bien sûr d’autres personnages : de Jason, l’étrange colocataire de Grey,  à Mama Strawberry, la tenancière d’un bar à hôtesses, aux  énigmatiques yakusas, membres de la mafia japonaise, et jusqu’à la terrifiante « Nurse », véritable incarnation de l’horreur et du mal dans l’œuvre. Il nous fait également vivre bien des rebondissements, nous tient en haleine parfois sur des paragraphes entiers, et nous entraîne peut-être malgré nous dans le dédale de l’horreur humaine, de l’obsession sordide, et de l’ignorance fatale. 
 
Cette œuvre est à la fois une fiction, une volonté de témoignage sur l‘invasion japonaise en Chine (l‘auteur en parle d‘ailleurs également dans sa note en prologue), et une réflexion sur l’être humain, à la fois sur sa volonté, cette force morale qui nous pousse à nous accrocher à un but et à y fixer notre vie toute entière, mais également sur les choses horribles dont il est capable, par nécessité ou bien par pure logique criminelle.


Alexandra, Édition-Librairie 1ère année

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