Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
28 avril 2009 2 28 /04 /avril /2009 21:01











Gustave FLAUBERT,
Voyage en Palestine : notes

Magellan et Cie, 2008

                                                           














De nombreux écrivains  du XIXème siècle ont laissé des témoignages et des récits de leurs voyages en Orient : François René de Chateaubriand, Gérard de Nerval, Alexandre Dumas, Alphonse de Lamartine, Pierre Loti, Ernest Renan et  Gustave Flaubert en font partie.

Flaubert est né à l’Hôtel-Dieu de Rouen  le 12 décembre 1821 et meurt le 8 mai 1880 à Croisset. Dès son enfance, il rêve de l’Orient. En aout 1840, il effectue un voyage dans les Pyrénées et en Corse. En 1845 il  achève la première Éducation sentimentale  avant que survienne en 1846 la  mort de son père  et de sa sœur. En 1947, Flaubert voyage avec son ami Maxime Ducamp en Bretagne . Ils rédigent ensemble.Par les champs et par les grèves.Un an plus tard, Gustave  fait une lecture décevante de La Tentation de Saint Antoine à ses amis. Dans les souvenirs littéraires, on apprend  que Flaubert est atteint d’une maladie de nerfs et que son médecin  trouve urgent pour  sa santé qu’il  aille dans les pays chauds. La mère de Flaubert donne son accord.

C’est entre la  fin de l’année 1849 et le début de 1851 que Flaubert réalise son voyage en Orient (Egypte, Liban-Palestine-Rhodes-Asie Mineure-Constantinople-Grèce-Italie) avec Maxime Du Camp . Ce dernier est membre correspondant de la Société orientale. Il reçoit une mission du ministère de l’Instruction Publique  pour déblayer les jambes des colosses d’Abou Simbel. Il  fait des reportages photographiques et est l’organisateur du voyage. Flaubert  est  officiellement envoyé par le ministère de l’Agriculture et du Commerce pour constater le mode d’application des règlements et des tarifs de la douane turque, surtout ceux des produits européens entre la Turquie et la Perse.

Voyage en Palestine retrace l’itinéraire des deux hommes qui arrivent à Beyrouth le 18 juillet 1850 et longent la côte méditerranéenne vers le sud, traversant les villes de Sidon, Tyr, Saint-Jean d’Acre, Caïffa,  Césarée et Jaffa (Flaubert évoque les vestiges des croisades). Puis ils poursuivent leur chemin  en direction de la mer Morte en passant par Ramleh et Jérusalem (Ils effectuent deux visites du Saint Sépulcre) et se rendent à Bethléem, lieu de naissance de Jésus Christ. De là, ils remontent vers le nord jusqu’à Damas (1er-10 septembre) et Baalbek (14 septembre) après avoir séjourné à Nazareth, Cana et Tabarieh. Arrivés à Tripoli, ils retournent à Beyrouth (le 26 septembre).

 Durant leur voyage, ils sont accompagnés d’un domestique du nom de Sasseti, de différents guides (Abou-Issa, Abou-Ali, Cheikh Mustapha, Ismaêl  Aga…) et d’un drogman (interprète officiel dans l’empire ottoman). Les séjours dans les grandes villes ne constituent qu’une partie du voyage. Les déplacements se font essentiellement à cheval. Cette aventure n’est pas sans risque : « sur le chemin de Jérusalem, Max se retourne, il aperçoit un homme qui nous mire en joue et me crie alors avec une figure expressive : c’est nous qu’on tire, f... le camp, n… de D … ! » (page 61) ; A Rabatijh : « Les habitants ont fort mauvaise mine, les enfants nous insultent : « Chien de chrétien, que Dieu vous brûle, vous tue, etc. » (page 68).  A  Zafeth, Flaubert  témoigne : «  notre hôte nous parle des dangers de la route : on a assassiné celui-ci à tel endroit, volé celui-là à tel autre, il y’a quelques jours, on a tué un  turc, on lui a coupé la tête et les mains, etc…
» (page 76)

Parallèlement à cette violence Flaubert décrit à travers ses notes la beauté de certains paysages : à Djennin par exemple : « Immense et magnifique plaine connue sous le nom de campagnes d’Israël. Quelques champs de sésame, carrés, verts, qui se détachent sur le fond blond des herbes roussies par l’été ; ombrelles chinoises des chardons » (page 69). Flaubert n’oublie pas les femmes (déjà évoquées à travers Kuchiuk-Hanem en Egypte) : « Femmes à la fontaine, criant et se disputant ; elles sont fort belles ici, et de haut style, avec le bas de leur robe à deux fentes volant au vent (…)l a ceinture qu’elles ont autour du corps comme les hommes leur fait ressortir les hanches » (à Nazareth, page 71).

Si Jérusalem le laisse indifférent (à l’exception des églises orientales ), les  bazars de Damas l’impressionnent : les bazars
«
sont  aussi animés et grouillant de monde que les rues sont désertes et silencieuses ; les robes des hommes, roses, vertes ou bleues, et la quantité de soieries, le tout éclairé par le jour doux d’en haut, fait de l’ensemble une grande couleur bigarrée d’un charme singulier.— Chaque marchand, assis sur le devant de sa boutique, fume le galaoum et reçoit ses visiteurs » (page 87).

L’hébergement varie. L’accueil est parfois assuré par des diplomates. Flaubert et Du Camp doivent se rendre en Perse mais l’insécurité qui y règne et le manque d’argent  les en  empêchent.  Ils prolongent néanmoins leur périple en Asie Mineure, en Grèce et en Italie. Maxime s’arrête à Rome et Gustave remonte  jusqu’à Venise où il sera rejoint par sa mère.  Ce voyage servira d’outil  pour d’autres écrits postérieurs. Ce n’est qu’en 1910 que l’intégralité des voyages de Flaubert est publiée grâce à sa nièce, Caroline Franlin-Grout.


Bibliographie
 
Quelques œuvres de Flaubert 


Novembre (1841), La Tentation de Saint Antoine (1849), Madame Bovary (1851),  Salammbô (1857), LesTrois Contes (qui comprennent La Légende de saint Julien l’Hospitalier ,(1876), Un cœur simple et Hérodias  (qu’il commence en 1876), Bouvard et Pécuchet (inachevé mais qui paraît en 1881).

Sur Flaubert

BUTOR Michel. Improvisations sur Flaubert : essai. Editions de la différence, 1984.
DEBRAY-GENETTE Raymonde (dir). Travail de Flaubert. Editions du Seuil.1983.
DE BIASI Pierre Marc. Flaubert : l’homme-plume. Gallimard. 2002.
DORD-CROUSLE Stéphanie. » Plus qu’une terre promise, un « pays de connaissance »-Flaubert en Terre Sainte (août 1850) in Perspectives.Revue de l’Université Hébraïque de Jérusalem. 2004.
FLAUBERT Gustave. Lettres d’Orient. L’horizon chimérique.1990.
FLAUBERT Gustave. Souvenirs : notes et pensées intimes. Buchet /Chastel.1965.
GOTHOT-MERSCH Claudine (préface). Flaubert : Voyage en Orient. Gallimard.2006 .
LE CALVEZ Eric. Gustave Flaubert. Editions textuel. 2006.
MARTINEZ Michel. Flaubert, le Sphinx et la Chimère. L’Harmattan.2003 .
MASSON G.M. Les écrits de jeunesse de Flaubert.1961.
NAAMAN Antoine Youssef. Les lettres d’Egypte de Gustave Flaubert, d’après les manuscrits autographes, A. G. Nizet, 1965.
RACZYMOW Henri. Pauvre Bouilhet. Gallimard. 1998.
SARTRE Jean-Paul. L’idiot de la famille : Gustave Flaubert de 1821 à 1857.Gallimard, nrf.1988.
TROYAT Henri. Flaubert. Flammarion. 1998.
VÂN TON-THAT Thanh. Flaubert. Albin Michel. 1995.


Aux éditions Magellan et Cie
 
CHATEAUBRIAND François René. Bethléem. 2008.
DE MARCELLUS Vicomte. Le Jourdain. 2008.
DUMAS Alexandre. Le Sinaï. 2004.
LAMARTINE Alphonse de. Jérusalem. 2008.

Sur la Palestine aujourd’hui

GRANGE Jocelyn, DE VERICOURT Guillemette. Questions sur les Palestiniens. Les Essentiels Milan . 2008.

Sur la littérature inspirée de Jérusalem

ERRERA Eglal. Le goût de Jérusalem.Mercure de France.2003.

Théophile Poitevin, Année spéciale Bibliothèques-Médiathèques

Sur le voyage en Orient, voir l'exposition BNF.

Partager cet article

Repost 0
Published by Théophile - dans littérature de voyage
commenter cet article

commentaires

Recherche

Archives