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30 avril 2009 4 30 /04 /avril /2009 18:25


Les Inséparables de Marie Nimier.
Lecture dansée par Claudia Gradinger
Interview : Justine Barbe

Marie Nimier


Marie Nimier a écrit une dizaine de romans publiés chez Gallimard dont Sirène en 1985 (couronné par l’Académie française et la Société des Gens de Lettres), puis L’Hypnotisme à la portée de tous (porté à l’écran par Irène Jouannet sous le titre Dormez je le veux), Domino (prix Printemps du roman) et La Reine du Silence (Prix Médicis 2004). Marie écrit également des livres pour enfants, du théâtre et des chansons. Son dernier livre publié chez Gallimard  est un recueil de textes écrits pour la danse. La plupart de ces textes ont donné naissance au spectacle " A quoi tu penses?" .


Les inséparables (Gallimard)

«J'aimais la voix traînante de Léa, ses cheveux roux, son incroyable vitalité. Nous nous comblions. Que nous est-il arrivé ? Où sont passées les deux amies perchées sur le tabouret du photomaton? Il faudrait retourner dans la cabine pour obtenir l'image vivante, la preuve tangible de cette force qui nous habitait. Au lieu de ça, un rideau se lève, et c'est Léa qui apparaît. Léa et son nouveau métier, rue Saint-Denis. Léa et ses bras troués.

Il n'est pas besoin d'aller très loin, parfois, pour être dans un autre monde.»


ENTRETIEN


Avant Claudia Gradinger, vous aviez déjà travaillé avec un chorégraphe (Dominique Boivin, de la Compagnie Beau Geste) . pourquoi un tel intérêt pour la danse ?

Je ne travaille pas avec des chorégraphes simplement parce que je suis passionnée de danse.
En fait, j’ai été attirée par des personnes exigeantes, curieuses, et surtout très libres, sans idées préconçues de ce que devra être le résultat du travail. Des personnes très ouvertes aux différentes collaborations, et curieuses de travailler avec et autour de ces mots qui ne font traditionnellement pas partie de leur matière première. Il s’agirait pour le danseur de parler au delà du langage, ou plutôt d’inventer un langage muet, voilà une question intéressante pour quelqu’un qui a écrit La reine du silence.


Comment vous est venue l’idée de travailler avec Claudia Gradinger ?

Claudia Gradinger m’a proposé de travailler avec elle à l’issue d’une expérience que nous avions faite autour d’un texte sur un… ficus ! Je venais de terminer l’écriture des Inséparables, je lui ai donné le manuscrit. Elle a tout de suite rebondi sur ce texte, et pensé qu’il y avait quelque chose à faire avec ces deux adolescentes à la fois très liées et différentes, un peu comme le sont dans le spectacle, finalement, l’écriture et la danse, ou l’écrivain et la danseuse, ou Claudia et Marie, ou encore l’écrivain et la chorégraphe.

Comment avez-vous travaillé pour la création de cette lecture dansée ?

Il y a eu tout d’abord un travail de découpage du texte, puis directement dans l’espace je lisais, et Claudia improvisait. Il s'agissait, plus que d’illustrer, de sentir les différents états des personnages. Pour Claudia de trouver des différentes « natures » de danse. Ensuite nous nous sommes forgées un langage avec peu d’accessoires choisis, tous pouvant tenir dans un petit sac à dos. Une lampe de poche, des habits, une peau de bête qui n’est pas sans évoquer les doudounes années 70, des meringues, un fil, une aiguille, une craie, une couverture de survie…

Pensez-vous que cette lecture dansée est réussie et que Claudia Gradinger correspond bien au personnage de Léa ?

Il y a d’étranges connections entre l’histoire personnelle de Claudia et celle des Inséparables. Rien de directement collé, aucun effet miroir, mais une communauté de cœur et d’expériences. De plus, dans son travail, Claudia est quelqu’un qui fonce, qui se met en risque, qui tente tout avec un charme inouï.
Ensemble, nous avons travaillé à rendre ce texte vivant en choisissant les extraits où les corps des deux adolescentes étaient les plus proches – dans une cabine de photomaton, une tente de camping où elles prennent de l’acide pour la première fois, une chambre à coucher, un studio de passe.

Plus d'informations sur le site Les Princes de rien


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Published by Justine - dans Entretiens
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