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12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 07:49








Ben KATCHOR,
Histoires urbaines de Julius Knipl, photographe,
1996
(Julius Knipl, real estate photographer : stories)
Traduit de l’anglais par Jean Esch
Casterman, collection Ecritures, 2005











L’auteur


Ben Katchor est né en 1951 à New York et a été élevé dans la tradition yiddish. Aujourd’hui il vit encore à New York, dont il s’inspire dans ses œuvres. Il débute dans les années 1980 en publiant dans la revue américaine Raw, et plus tard, en 1988 précisément, ses bandes dessinées mettant en scène Julius Knipl paraissent régulièrement dans des journaux tels que le New York Press ou encore le Washington City Paper. Ben Katchor est l’auteur de quatre volumes de bandes dessinées. En 1991, il publie Cheap novelties, the pleasures of urban decay, en 1996, Julius Knipl, real estate photographer: Stories. Puis, en 1998, paraît The Jew of New York et en 2000, Julius Knipl, real estate photographer: the beauty supply district.

L’œuvre

Les Histoires urbaines de Julius Knipl, photographe paraissent en France en 2005. Il s’agit d’un recueil de comic-strips de 8 à 10 vignettes, qui ont été publiées antérieurement dans des journaux américains. Le recueil inclut aussi une histoire plus longue, inédite. Sans aucune continuité entre elles, les histoires ont seulement leur personnage, Julius Knipl, en commun. Ce personnage est un photographe qui travaille pour une agence immobilière. Il sillonne les rues d’une ville américaine, très probablement New York, et rencontre des personnages plus ou moins étranges qui lui racontent des anecdotes souvent incongrues. Parfois les récits sont des instants de la vie du photographe, d’autres fois, de la vie d’hommes solitaires, mais aussi des histoires de lieux, de groupements, d’associations… Les récits sont toujours étranges et évoquent des objets inventés, des concepts insolites… Par exemple l’histoire de cet homme, « le cracheur certifié », dont le métier, légal, consiste à cracher à la figure des gens de la part de personnes malintentionnées ou désireuses de se venger. Ou encore l’histoire de l’hôtel des cure-dents : Julius Knipl et un ami séjournent dans cet hôtel, mais lorsqu’ils se perdent au cours d’une balade, ils se voient obligés de manger SANS cure-dents !



Chaque bande dessinée met en avant une certaine nostalgie des choses du passé, d’objets ou de lieux disparus. Ce recueil apparaît aux yeux du lecteur comme une sorte de requiem pour les technologies démodées, les passe-temps abandonnés, tous ces petits détails du quotidien urbain qui disparaissent si rapidement dans une société de consommation, où seule la nouveauté compte. Ces histoires tour à tour étranges, drôles, absurdes, nostalgiques et émouvantes n’ont pour dessein que d’évoquer la ville. Dans une interview, Ben Katchor a même avoué que le personnage Julius Knipl n’est qu’une excuse pour décrire la vie urbaine : ce n’est qu’un observateur, il ne fait que passer dans l’histoire. Son métier, photographe pour une agence immobilière, montre bien son rôle. Il photographie des instants de vie en ville, servant de prétexte à Ben Katchor pour croquer le paysage urbain new-yorkais.



Le style de Ben Katchor


La simplicité et la brièveté caractérisent le style de l’auteur. L’essentiel de l’histoire est dit en quelques mots, de la même manière qu’un fait divers dans un journal. La seule difficulté est l’organisation du texte dans chaque vignette : généralement le narrateur explique la situation par petits bouts, de manière discontinue, tout en faisant parler ces personnages, ce qui complique la lecture. Les dessins noir et blanc sont quant à eux en harmonie avec les histoires, nostalgiques et étranges. La ville sombre, avec ses larges rues désertes, ses immeubles, ses voitures, le paysage urbain sont très détaillés. Ben Katchor ajoute à cela de nombreux petits détails insignifiants, mais très urbains, comme des panneaux publicitaires, des enseignes de magasins, de restaurants, des noms d’hôtels… En définitive, ses dessins ne sont pas forcément beaux, au contraire, les personnages aux trais marqués sont même parfois effrayants. Mais ils correspondent tout à fait à l’univers de Ben Katchor : un monde urbain où règne une certaine nostalgie des mille et une petites choses du quotidien disparues.

Liens

Site officiel de Ben Katchor : http://www.katchor.com/
Interview : http://www.randomhouse.com/boldtype/0800/katchor/interview.html

Gaëlle B., 1ère année BIB.

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Published by Gaëlle - dans bande dessinée
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