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21 mai 2009 4 21 /05 /mai /2009 07:07








TANIGUCHI Jirô
,
La Montagne magique
Casterman, 2007


















Quelques mots sur l’auteur

TANIGUCHI Jirô est un auteur de mangas japonais de renommée mondiale. Il est né le 14 août 1947 à Tottori, au Japon. Quartier lointain (prix du meilleur scénario à Angoulême) et Le Journal de mon père sont ses deux plus gros succès. Ils sont très représentatifs du style de l’auteur. En effet, la mythologie, les croyances ancestrales japonaises et la famille sont des thématiques fortement présentes dans ses œuvres. Mais au-delà des thèmes qu’il développe, ce qui fait la particularité de

En effet, bien qu’il soit japonais et créateur de mangas, Jirô Taniguchi est passionné par le dessin et le style graphique de la bande dessinée franco-belge. C’est d’ailleurs ce qui fait toute l’originalité de son style car il mêle le mode d’expression du manga au style de la BD pour servir des intrigues très ancrées dans les croyances japonaises.

La Montagne magique est l’œuvre qui se rapproche le plus, par son graphisme et son style, de la bande dessinée occidentale. On peut d’ailleurs noter qu’il s’agit de la première publication entièrement en couleurs que Taniguchi réalise.

Le récit






L’histoire se passe à Tottori, pendant l’enfance du protagoniste. Tottori est une ville construite autour d’une montagne où se dresse le donjon d’un château de l’ère Meiji.
 
Leur père étant décédé et leur mère gravement malade, Ken-Ichi1, 11 ans,  et sa petite sœur passent les vacances chez leurs grands-parents. Un jour, Ken-Ichi fait la connaissance d’une salamandre prisonnière d’un aquarium dans un musée. L’animal se rend alors compte que l’enfant peut entendre ses pensées et elle lui explique qu’il a été élu pour sauver le château de la démolition. En échange de son aide, la salamandre promet au garçon de réaliser un vœu, quel qu’il soit. Ken-Ichi s’engage à ramener la créature là où elle vivait : dans une source merveilleuse située sous le château.

Aidé par sa petite sœur, Ken-Ichi va affronter ses peurs pour aider la salamandre à retrouver son habitat naturel et sauver la montagne de la destruction. En échange de quoi la mère des deux enfants recouvra la santé.
(1 : Ichi signifie « premier enfant mâle »)





Les thèmes abordés et le style de l’auteur : croyances japonaises présentes dans l’histoire





Le récit de Taniguchi débute sur une coïncidence : l’action se dérou
le dans le village natal de l’auteur. C’est un jeune garçon, qui raconte son histoire en commençant par un basculement dans sa vie : le départ pour l’hôpital de sa mère malade.

Nous sommes peu à peu projetés dans le quotidien de cet enfant et dans ses croyances. Pour les Japonais, chaque élément de la nature, chaque objet  quel qu’il soit, héberge un esprit. Aussi, lorsque des industriels souhaitent faire de la montagne et du château qu’elle héberge une attraction touristique, la montagne se venge en faisant trembler la terre. Ce sont là les premiers éléments de réalisme magique. Taniguchi utilise beaucoup cette méthode : il part des croyances populaires pour incorporer progressivement des faits magiques et mythologiques dans ses récits.

Comme dans ses précédents succès, l’auteur met la famille au cœur de son récit. Ici, c’est la famille qui pousse Ken-Ichi à braver ses peurs pour aider la salamandre.



Avis sur l’ouvrage

La Montagne Magique se situe à la frontière de la bande dessinée et du manga mais la griffe de Taniguchi Jirô est reconnaissable dès les premières vignettes. J’ai été attendrie par le personnage de Ken-Ichi, et plus particulièrement par sa candeur et sa détermination.

Néanmoins, le récit m’a déçu par sa naïveté et sa sim
plicité. Il n’y a pas vraiment de surprise, la fin de l’histoire est évidente et on se l’imagine bien avant de la connaître, ce qui gâche quelque peu le plaisir de la lecture.

Le deux précédents succès de Taniguchi Jirô (Quartier Lointain et Le Journal de mon père) m’ont laissée sans voix. Ce sont deux lectures qui donnent à la fois matière à rêver et à réfléchir. Les intrigues sont menées de main de maître et la somptuosité des dessins ne fait qu’ajouter de la valeur à ces chefs -d’œuvre. Taniguchi Jirô pourrait être présenté comme le Miyazaki Hayao de la bande dessinée.



Sandrine, 2ème année Bib.

Sur Taniguchi, voir aussi

 

les articles de Nathalie et de  Marion sur l'Orme du Caucase









de
Fanny et de BenoÎt sur Japon (Collectif).


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