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9 juin 2009 2 09 /06 /juin /2009 07:38









John Kennedy TOOLE
La Conjuration des imbéciles

Traduit par Jean-Pierre Carasso
Editions 10/18, domaine étranger, 1981


















Comment définir le destin de John Kennedy Toole autrement que par une extrème ironie ; né en 1937, il se suicide en 1969 après avoir écrit deux romans, tous deux refusés successivement par de nombreux éditeurs. Grâce à la persévérance de sa mère, La conjuration des imbéciles paraîtra en 1980 et obtiendra le prix Pulitzer l’année suivante. L’ironie est telle que l’auteur avait choisi cette citation de Jonathan Swift au début de son livre : « Quand un vrai génie apparaît en ce bas monde, on peut le reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui. » Dieu merci les imbéciles ont recouvré la raison !
      
La conjuration des imbéciles ne ressemble à aucun autre roman. Inclassable et atypique tout comme son personnage principal. Ignatus J. Reilly est, à l’image de son nom, un personnage improbable. Socialement inadapté et fier de l’être, il méprise ses semblables. A trente ans il vit toujours chez sa mère qui rêve d’une existence tellement plus conventionnelle pour son fils. Confronté malgré lui au monde extérieur il ne cesse de s’embarquer dans des aventures rocambolesques à la rencontre de personnages tout aussi caricaturaux que lui lesquels partagent tous le même accent du sud profond des années 60.


A la fois grossier et philosophe, Ignatus Reilly est le véritable exemple de l’anti-héros ; il n’est pas  attachant et aucun lecteur sain d’esprit ne pourrait se reconnaître en lui ; pourtant, nous le suivons aveuglèment dans le tourbillon de poussière et de crasse de ce quartier de la Nouvelle-Orléans. Aussi étrange que cela puisse paraître, la seule personne qui trouve grâce aux yeux d’Ignatus est une femme et plus qu’une femme, une féministe politiquement engagée : Myrna Minkoff. Si Ignatus est amoureux de Myrna il l’ignore ; un certain attachement les lie
pourtant sans que l’on puisse réellement l’identifier. Mais peut-être est ce une façon on ne peut plus réaliste de concevoir la véritable affection : celle qui ne se définit pas, celle hors de toute convention.

Les conventions, à l’image de son « héros », John Kennedy Toole les balaie ; car bien plus qu’un roman sur l’absurde, il est question de l’Amérique puritaine qui est en train de s’essouffler en ce début des sixties. Ignatus Reilly incarne cette décadence, décadence à la fois comique, absurde mais tragique aussi. C’est dans un tourbillon déroutant que La conjuration des imbéciles nous entraîne, histoire et peinture du sud des Etats-Unis au travers d’un regard unique que seul John Kennedy Toole a pu nous offrir.


Marie-Aurélie, 1ère année Éd.-Lib.



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Published by Marie-Aurélie - dans fiches de lecture 1A
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