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14 juin 2009 7 14 /06 /juin /2009 08:26







Claudie GALLAY,
Les déferlantes

Le Rouergue, 2008





















Une ornithologue, un ancien gardien de phare, un sculpteur, une amoureuse en deuil, un orphelin qui a grandi : tous ont un regard passionné sur la mer. La Hague. Ici, on dit que le vent peut arracher les ailes des papillons. Les personnages sont attachants, si proches et tous si différents. Dans ce roman, la mer est un personnage à part entière. Le vent souffle, la pluie tombe, tout est silencieux et régi par les éléments. Les personnages sont souvent muets mais l’atmosphère est plus bavarde, c’est un roman qui se ressent : « Si vous vous plaquez le ventre contre la terre, vous sentirez battre la mer ».


La narratrice, dont l’âme est blessée, est employée par le centre ornithologique pour observer les oiseaux migrateurs. Elle souhaite se reconstruire dans cet endroit qui au premier abord peut paraître sinistre et elle réapprend à vivre parmi ces amitiés de « taiseux ». Lambert apparaît à la Hague, Nan que tout le monde croit folle pense reconnaître le petit Michel qui a disparu des années auparavant. Un mystère s’ensuit, nourri de photos cachées, de vieux jouets. La narratrice sera très vitre intriguée par ce passé mystérieux, d’autant plus que l’homme lui importe.

Les mots de Claudie Gallay, ses phrases courtes enivrent le lecteur, et on se retrouve très vite à La Hague, à reconnaître ses réflexions humaines.

La mer est aussi destructrice qu’elle peut guérir. « Le silence m’avait pansée ». Ces survivants de la vie, ces automates blessés se retrouvent tous à La Hague, attirés par ce puissant élément. Théo, l’ancien gardien de phare dira : « C’est une maladie la mer vous savez ». Il vaut mieux souffrir de ses maux que vivre loin d’elle. Ce roman de survivants qui se battent pour vivre raconte cette ambiguïté qui vient de la mer. Cette dernière est toujours témoin des aventures humaines, et cette atmosphère sacrée remet en cause l’humain pour que nous ressentions d’autant plus fort ce qui nous anime.  « Pourquoi fait-on toujours tant de mal à ceux qui nous aiment le plus ? » Cette réflexion est bien mise en évidence à La Hague où le silence, la mer et le vent nous transportent. Comme l’a si bien écrit Hervé Hamon, nous avons «  besoin de mer », c’est elle qui nous guide, témoigne et nous accompagne. On se réfugie toujours au bord de la mer car ses vagues, sa puissance, le vent et parfois son calme nous rassurent. On aime autant la mer qu’elle nous effraie, on est franchement attiré par cette mer sublime et dangereuse.

C’est un livre qui s’adresse autant aux gens de mer qu’aux autres ; ce vertige maritime, nous le ressentirons tous.


Elsa, A.S. Ed.-Lib.

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