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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 00:00









Daniel PENNAC,
Merci

suivi de Mes italiennes,
Gallimard, 2004
Folio, 2006

















Imaginez un artiste, quel qu’il soit, primé pour l’ensemble de son œuvre. Imaginez-le obligé de prononcer un discours de remerciement. Imaginez maintenant que ce discours se transforme en une sorte d’étude et de renouvellement du genre. Vous aurez une centaine de pages, toutes plus dôles et intéressantes les unes que les autres. Car oui, qui avant Pennac s’était attaqué à disséquer le genre du remerciement ? C’est vrai que l’on n’y pense pas, et pourtant on en entend, des remerciements. Voilà enfin une occasion de les comprendre, de les analyser, et, après, de les confronter à la réalité. Le pire c’est que ça marche.

Voilà pour Merci. Maintenant, imaginez que l’auteur va devoir lui-même monter sur scène pour jouer son propre texte. Ce n’est pas son boulot, il est écrivain, pas acteur. De plus, il n’ aucune mémoire, et une peur bleue devant ce monologue d’une heure. Qui, en plus, a dû être raccourci. Mes italiennes l’accompagne dans ses répétions et représentations, conseils et fausses recommandations de ses différents amis. Pris au piège de la scène, de la mémoire, des automatismes, ce n’est plus le remerciement mais le travail d’acteur qui est exploré ici. Comment faire ? Et surtout, comment bien faire ? Comment arriver à ce que cela sonne juste, vrai, comme au moment de l’écriture ? Tous les doutes, toutes les révélations qu’ont occasionnés cette expérience sont ici racontés avec l’humour et l’autodérision propres à l’auteur, pour le plus grand plaisir du lecteur. Avec, au milieu du livre, en bonus, un joli texte tout raturé, vestige du passage de la première version (écrite) à la seconde (orale), que l’on retrouve aussi à la fin du livre. Pour pouvoir comparer.

En grande adoratrice de l’auteur, je n’ai pas pu m’empêcher d’être conquise par ces textes, drôles et pleins de bon sens à la fois, drôles probablement parce que pleins de bon sens, reflets d’une vérité que l’on n’avait pas songé à aborder.


Loriane B., 1A édition-librairie.

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