Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
21 juin 2009 7 21 /06 /juin /2009 20:09













Marie-Sabine ROGER,
La Tête en friche

Editions du Rouergue, 2008
Collection la Brune











La Tête en friche
, n’est pas un de ces livres qui vous laissent un goût amer ; ce n’est pas non plus un livre qui vous retourne l’estomac et le cœur ou que vous regrettez d’avoir fini trop vite tellement il vous a captivé…

Non il n’est pas de ce genre-là. Je ne veux pas dire que ce livre ne laisse pas de trace, bien au contraire. Ce livre est humain, ce livre est rafraîchissant mais surtout ce livre, c’est un petit bout de vie racontée avec tellement de pudeur et d’innocence qu’on a du mal à y croire au départ… et puis on se laisse porter, on virevolte à travers les pages et on rebondit de mot en mot… Car c’est de mots qu'il est question, mais aussi de livres, de lecture et d’amour… Ce livre est simple, il parle vrai, sans costumes.

C’est l’histoire de Germain, la quarantaine, un de ces bêtas pas gâté par la vie et gentil comme tout. Ce grand dadais un peu niais, un peu perdu va rencontrer Marguerite, une vieille dame amoureuse des livres. Entre eux va naître une complicité incroyable sur le banc du parc d’où ils observent les pigeons et se lisent des histoires à haute voix. « L’affection, ça grandit sous cape, ça prend racine malgré soi et puis ça envahit pire que du chiendent. Ensuite c’est trop tard : le cœur, on ne peut pas le passer au Roundup pour lui désherber la tendresse. » Nous aussi on s’y attache, à ces deux personnages : l’une petite, frêle, consciente de sa vieillesse, voulant transmettre ses passions, ses amours, l’autre avide d’apprendre et de recevoir l’attention qu’il n’a jamais eue.

L’écriture est très élaborée ; c’est Germain qui écrit. Au départ ses mots sonnent faux, avec une pointe de vulgarité et beaucoup de maladresse… puis, au fil des pages, il apprend à lire le dictionnaire, à aimer Camus et Le vieux qui lisait des romans d’amour. Alors ses phrases deviennent plus fluides, bien qu’encore naïves dans le choix des mots. L’auteur réussit à nous montrer le changement du personnage par l’évolution de son style et de sa réflexion. Nous sommes à la lisière entre une esthétique littéraire empreinte d’innocence et de jolis mots et une conversation de comptoir un peu crue.

Marie-Sabine Roger écrit habituellement pour la jeunesse, milieu où elle est une personnalité reconnue. Ce roman a été fortement remarqué en librairie où des petits papiers « coups de cœur » ont fleuri çà et là.


Louise, 2ème année Ed.-Lib.

Biographie, bibliographie et photos sur le site de l'atelier n89

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Recherche

Archives