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3 juillet 2009 5 03 /07 /juillet /2009 20:19
La saga Death Note











Death Note
est un manga japonais scénarisé par
ÕbaTsugumi et dessiné par Obata
Takeshi. Il a été publié en douze tankõbon (volumes) par la maison d’édition japonaise Shūeisha (qui publie également l’hebdomadaire Weekly Shõnen Jump dans lequel ont été prépubliés les cent huit chapitres du manga avant d’être compilés). La version française a été publiée par la maison d’édition Kana (qui publie également Naruto, Hunter X Hunter et Détective Conan). Le manga a été adapté en série animée en trente-sept épisodes par le studio japonais Madhouse en 2006 et a connu trois adaptations cinématographiques en 2006 (Death Note et Death Note 2 : The Last Name) et 2008 (L : Change the world).







Les auteurs


Õba Tsugumi est un scénariste de manga dont la bibliographie ne comprend que Death Note et Baku-man. Personne ne connaît son véritable nom, ni son visage, mais il existe plusieurs rumeurs le concernant,  ainsi, ce pseudonyme cacherait en fait un (ou une) célèbre mangaka…

Obata
Takeshi est un dessinateur de manga (11 février 1969 - …). Il a réalisé les planches de mangas tels que Shigaru no go ou Baku-man et le design des personnages du jeu vidéo Castlevania Judgment.

L’histoire

Raito Light Yagami est un étudiant modèle lassé du monde qui l’entoure. Un matin, alors qu’il rêvasse en cours d’anglais, son regard est attiré vers un cahier noir tombant du ciel sur la pelouse de l’université. Il découvre ainsi le Death Note, carnet maudit des Dieux de la Mort (Shinigami).

« La personne dont le nom est écrit dans ce cahier meurt ».

Au début, Light ne croit pas au pouvoir du Carnet de la Mort… La télévision de sa chambre annonce une prise d’otages dans une école maternelle. Raito note sans trop se faire d’illusions, presque comme par jeu, le nom du criminel qui s’affiche à l’écran. 40 secondes plus tard, l’homme est mort d’une crise cardiaque.

Light fait alors la rencontre de Ryukku, le Shinigami à qui appartient le Death Note, qui l’accompagnera comme une ombre tout au long du manga.

Raito Yagami comprend enfin qu’il est de son devoir d’éradiquer tous les criminels de la planète, car les Dieux lui en ont donné le pouvoir. Animé par cette frénésie meurtrière, il devient Kira (dérivé de l’anglais « Killer ») le justicier.

La criminalité baisse, et le monde entier a les yeux rivés sur le Japon. La police de Tokyo, divisée, crée une cellule d’enquête destinée à la capture du Justicier. Pour cela, elle engage un détective privé, « L », dont le nom et  le visage sont inconnus de tous…

Shõnen ? Nekketsu ? Seinen ? Seijin ?

Le nekketsu (« sang bouillant ») est souvent confondu avec le shõnen manga (en japonais : manga pour jeune garçon). Or, alors que le shõnen manga définit juste une ligne éditoriale, c'est-à-dire le public visé par le magazine dans lequel le manga est prépublié, le nekketsu répond à un canevas de critères scénaristiques précis : le héros doit être orphelin, naïf, honnête, dôté de capacités hors-norme et d’esprit de groupe, fatalement conduit à combattre ses meilleurs amis…

Le nekketsu se caractérise par son manichéisme. Le héros est foncièrement bon, et lutte physiquement contre le Mal. Ces deux entités sont clairement définies, même si les personnages se rattachant à l’une ou l’autre ont leurs raisons, les pions du Mal affrontent forcément les pions du Bien. Le héros se relève toujours car il est animé d’une force pure, et le méchant perd.

Le nekketsu déborde de valeurs morales fortes, les jeunes garçons s’identifient au personnage principal qui est souvent un peu gauche et très attachant. Ils vont l’accompagner dans son parcours initiatique et s’en imprégner. Ces mangas rencontrent un franc succès au Japon et en France qui est le premier pays importateur de manga (papier ou animé). Les shõnen manga les plus emblématiques sont Naruto, One Piece, Bleach, Dragon Ball

Le seinen manga s’adresse aux jeunes adultes (15-30 ans). La trame est cette fois plus importante, plus approfondie tout comme le style graphique, il y a moins voire pas de combat. Les personnages sont plus complexes et les sujets sont abordés de façon réaliste, crue et parfois violente. Là encore, il ne s’agit que d’une ligne éditoriale.

Le seijin manga s’adresse à un public d’hommes adultes. Les sujets qui sont abordés sont cette fois complexes (politique, histoire, enquêtes policière) et il peut y être développé une forme d’érotisme.

Ces trois genres ont évidemment leur pendant féminin ; la fracture générationnelle ou sexuelle, très marquée au Japon, est loin d’être la même en France.

Il est difficile de définir à quel genre de manga appartient Death Note. Il a été prépublié dans le Weekly Shõnen Jump, il est donc censé être lu par des jeunes garçons, adolescents ou pré-adolescents. Or, il est clair que Death Note ne correspond absolument pas à la grille de critères des nekketsu, le genre dominant du shõnen manga.

Death Note traite de notre société actuelle en y ajoutant un aspect magique. Il est clair que le héros est dôté de « super-pouvoirs », mais qui ne sont en aucun cas de son fait, et qui servent encore moins à contrer le Mal absolu… La question du Bien et du Mal est très complexe dans le manga, car elle relève de la subjectivité de chaque personnage, et des éléments de l’intrigue policière (thème récurrent du seijin manga) qu’il a en main… Même le lecteur a du mal a se faire une opinion.

En effet, Kira ne s’attaque qu’aux criminels au départ, il a une vision du monde assez manichéenne et idéaliste (un peu comme s’il avait lu trop de nekketsu…) : les méchants doivent être punis, et je suis le héros à qui le choix du châtiment incombe, car j’en ai le pouvoir.

Raito Yagami est un élève modèle et, comble de l’ironie, le fils du chef de la police locale. Pourtant, il est adulé des foules car il réduit la criminalité grâce à sa solution finale. Mais sa vision idéale va être menacée par des hommes sans casier judiciaire, parfois même des proches, et pour protéger sa geste, il va devoir jouer double-jeu et intégrer la cellule qui le recherche. C’est donc un menteur, et un tueur. Et il prend plaisir à mépriser les autres hommes et à les éliminer…

Le rôle de l’orphelin naïf pourrait donc être joué par le détective qui le poursuit, « L ». Il se pose en unique opposant à la hauteur de Kira, et pourtant, c’est un étudiant assez replié sur lui-même, gourmant et supérieurement intelligent. Il est complètement détaché du monde réel, et malgré sa détermination et ses capacités de déduction, il va perdre. Et mourir.

Car il y a d’autres forces qui entrent en jeu : les Shinigami, qui eux non plus ne se posent pas en maîtres bienveillants, ni en créatures malfaisantes. Ils sont issus des superstitions
japonaises traditionnelles et apparaissent sous d’autres formes dans d’autres manga comme Bleach. Ce sont des personnages fluctuants, animés de sentiments mais pourvus de pouvoirs surnaturels, comme les Dieux de l’Olympe, dont la Terre est le terrain de jeu.

La complexité des personnages et la gravité des sujets traités (la mort, la justice, les croyances religieuses ou les superstitions, la fatalité, l’homosexualité – la relation entre les deux protagonistes et assez ambiguë, et l’un des Shinigami présenté comme femelle est amoureux de la petite amie de Raito au point de se sacrifier pour elle…) font de Death Note un manga extrêmement riche.

Je le conseille à tous ceux qui ont peur des bandes dessinées et du Japon !


Sources

Wikipédia
Article fluctuat.net :
http://livres.fluctuat.net/blog/6421-les-mangas-decollent-en-france.html
Enquète de Jean-Marie Bouissou « Pourquoi aimons-nous le manga ? » : http://www.ceri-sciencespo.com/themes/manga/documents/com4_jmbouissou.pdf


Lila, 2A BIB

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