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17 juillet 2009 5 17 /07 /juillet /2009 19:25









Jean TEULÉ,
Mangez-le si vous voulez,
Julliard, mai 2009





















Après  Je, François Villon, Le Montespan, ou encore Ô Verlaine, Jean Teulé historien, nous entraîne dans une effroyable fresque de la fin du 19ème siècle français ! Alain de Monèys, jeune noble périgourdin, victime d’un quiproquo se fera massacrer, torturer, brûler et même manger par ses concitoyens ! Pourtant apprécié du village de Hautefaye, il sera abattu sans pitié par ses voisins, qui, le lendemain du drame ne se reconnaîtront pas dans le massacre ! Les faits se déroulent en 1870, lors de la guerre avec la Prusse. Le pays est sous tension et Alain de Monèys  a le malheur de prononcer, sur le ton de l’humour, un vivat en faveur de la Prusse…

Le processus du massacre peut alors commencer… C’est à qui torturera le mieux « le Prussien » !  Comment peut-on arriver à un tel degré de barbarie ? C’est la question à laquelle tente de répondre Jean Teulé à travers cette  chronique réelle. Il ne donnera pas de véritable réponse mais aidera à réfléchir, grâce à ce très court roman, sur la cruauté humaine.

Cette œuvre fait le récit de toutes les misères qu’il subira pendant toute une journée par  tout un village. Seuls deux de ses fidèles amis se porteront à son secours ainsi que le prêtre (qui, ironiquement,  finira ivre mort au pied de l’autel en tentant d’appâter les monstres avec du vin). Anna, jeune femme éprise de cet homme au cœur pur, succombera à l’obscénité pour lui accorder quelques minutes de répit... Elle mourra quelques mois après le décès de son aimé au bord d’un chemin, de froid et de chagrin… 

Au lendemain de ce massacre, les sanctions seront légères au regard de ce que le malheureux aura subi ! Punir tout un village est impossible… La possibilité de le rayer de la carte est évoquée, mais seuls quatre hommes seront condamnés à mort. Jean Teulé nous fait une description parfois un peu trop réaliste des tortures endurées par ce « trop » brave homme, qui ne cessera tout au long de son chemin de croix de clamer son innocence ! Il fera même preuve d’humour devant ses bourreaux, ridiculisant le morceau de chair sanguinolent qu’en quelques heures il deviendra… 

Jean Teulé rend à merveille, grâce à son écriture simple le parler populaire des hommes et femmes de ce village. L’écriture est concise, sans ornement. L’impression est donnée d’être un petit élément, placé dans la foule en furie et assistant au carnage, impuissant. Âmes sensibles s’abstenir…


Laure, A.S. Éd.-Lib.

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