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20 juillet 2009 1 20 /07 /juillet /2009 19:04














Tom SHARPE,
Wilt 1
 ou Comment se sortir d’une poupée gonflable
et de beaucoup d’autres ennuis encore

traduction :
François Dupuigrenet Desroussilles

Éditions du Sorbier, 1982
10/18, 1988







Entamé dans l’habitacle (momentané certes) morose qu’est le métro francilien, ce livre drolatique a su me faire oublier la pénibilité des transports en commun et suscité maintes interrogations des passagers quant à ma santé mentale !! Totalement déjanté et tellement hilarant, Wilt est mon premier véritable éclat de rire de lecture.


Henry Wilt, qui donne son nom à l’ouvrage, est professeur de culture générale dans un lycée technique londonien. Il s’acharne à enseigner à ces futurs maçons, bouchers, plombiers quelques bases fondamentales du savoir quand  ceux-ci préfèrent discuter des nouvelles pilules anticonceptionnelles ou du suicide d’un professeur , suicide qu’ils ont provoqué. Ajoutez à cela sa femme, Eva, aux passions aussi insolites qu’éphémères, critiquant le goût prononcé de l’inaction de son mari et à peu près toutes les initiatives qu’il entreprend et vous obtiendrez un désir de meurtre.

Un désir, en effet, car Henry ne passera jamais à l’action mais sera fortement soupçonné par la police. Un gigantesque quiproquo que traverse le fantasque enseignant avec brio, humour mais surtout grâce à l’expérience accumulée en cours avec les apprentis. Des heures passées à discuter de tout sauf de Shakespeare ou Orwell ont forgé la rhétorique de Wilt qui s’amuse avec ses investigateurs. En somme, Tom Sharpe défend la grande tolérance de son protagoniste principal et par ce biais encourage la diversité des compétences, des cultures et des Hommes. La vérité peut venir de n’importe qui, quel que soit son secteur de prédilection ou si absurde soit-il !!

Vraiment, on se marre.


Extrait

« Il s’était surpassé et n’était pas peu fier de réagir aussi bien à une situation que la plupart des gens auraient qualifiée d’épouvantable. Mais pour Wilt c’était bien autre chose : un défi auquel il se préparait depuis longtemps. Gaziers et plâtriers l’avaient défié autrefois mais il les avait mis dans sa poche. Il fallait les laisser parler, poser leurs questions, les encourager, suivre toutes leurs fausses pistes, en proposer soi-même quelques-unes, mais surtout ne jamais laisser passer sans les relever leurs idées toutes faites. Chaque fois qu’ils assénaient une vérité d’évidence du genre : « Au sud de Calais tous des basanés » il fallait d’abord approuver puis signaler que 50 % des grands hommes de l’histoire d’Angleterre étaient étrangers, exemple Marconi ou Lord Beaverbrook, que la mère de Churchill elle-même était yankee, ou bien rappeler que les premiers Anglais étaient les Gallois, parler des Vikings, des Danois, passer ensuite insensiblement aux médecins indiens du service national de santé puis au contrôle des naissances ou n’importe quel autre sujet susceptible de les tenir tranquilles, un peu hébétés, cherchant désespérément un argument définitif pour lui clouer le bec. »


Adrien, 1ère année Éd-lib

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