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26 juillet 2009 7 26 /07 /juillet /2009 19:30











Virginie LOU,
Un papillon dans la peau
,
Gallimard Jeunesse, 2002,
 collection « Scripto »















Un papillon dans la peau a obtenu le prix Jeunesse de la Foire du Livre de Brive, lorsqu’il est paru pour la première fois en 2000 dans la collection Page Blanche.


A propos de l’intrigue

Une rencontre. Une de celles qui changent notre vie, peut-être à jamais. Omar, surnommé le Crabe, est un lycéen de terminale menant une vie des plus calmes. Il ignorait tout du désir et de la grâce avant de rencontrer Alexandre. Alexandre, cet être polyglotte, avec un semblant d’aménité, vêtu de la même chemise blanche, été comme hiver, qui lit de la poésie à Omar tous les matins au café, et qui connaît la littérature mieux que personne. Dès lors, plus rien n’a d’importance. Seul compte le bonheur d’être ensemble, de se confier, d’être son seul ami. Mais Alexandre est fait d’une autre matière, aérienne, inaccessible. Il a d’autres rêves et d’autres folies en tête que le bac et porte sur le monde un regard grave. Omar s’imagine bien vite percer ce mystère et se lancer à corps (et surtout âme) perdus, voler au secours de son ami retenu par son père mercenaire, broyeur de chair humaine. Cette aventure va entraîner les deux jeunes garçons aux confins de leur réalité ; Omar se heurtera pour la première fois à la violence du monde, tandis qu’Alexandre accédera à une sorte de dépassement de lui-même…

Intérêt du roman

Il y a double intérêt à ce récit. D’une part, il prend  la forme d’un journal adressé à la belle-mère d’Alexandre, rédigé quelques jours après les faits que le lecteur découvrira.  Cette confession de son histoire avec Alexandre, Omar  la raconte par la voix de l’auteure qui, sans alourdir sa syntaxe d’effets tragiques ou de fioritures, parvient à retranscrire les pensées pleines d’aspérités d’un adolescent face à ses premières confusions, en route vers l’âge adulte.

D’autre part, ce roman regorge de références rimbaldiennes. Alexandre étant un fervent lecteur du poète ; ce n’est pas par hasard si Virginie Lou a choisi Rimbaud, l’une des incarnations de la passion, qui se fait attrayante et dangereuse, plus encore à l’âge d’Omar et d’Alexandre, pourvu qu’il y ait un idéal en jeu. Le père d’Alexandre, Omar et Alexandre lui-même, nous renvoient des figures humaines incapables de catalyser leur désir, autrement que par la violence. Ils paraissent en être eux-mêmes inconscients.  C’est pourquoi le lecteur doit ruser pour décrypter un récit sous-jacent, plus subtil encore que les rapports ambigus des protagonistes entre eux,  perçu en écho dans les non-dits d’Omar.

Ce livre, dont la couverture a attiré mon regard, l’auteur a réussi à me le faire « éprouver », je me suis immergée au-delà du corps du texte comme on s’immerge dans la mer, les yeux tournés vers les profondeurs, ne sachant pas ce qu’on y observera. On y découvre un hommage sensible à Rimbaud et à ses odes, « ce passant considérable… » comme l’appelait Stéphane Mallarmé.


Anaïs, 2ème année Bib

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Published by Anaïs - dans jeunesse
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