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9 août 2009 7 09 /08 /août /2009 19:30













Mathias MALZIEU
La Mécanique du Cœur

Flammarion, 2007
Rééd. J'ai Lu, 2009





















Quand j'ai vu que Mathias Malzieu, chanteur du groupe Dionysos, avait écrit un livre, je me suis dit que c'était encore un de ces artistes en mal de couverture médiatique  qui se mettent à l'écriture sans avoir une once de talent. Heureusement pour lui, j'avais tort, en tout cas en ce qui concerne la qualité du livre.

Jack, notre héros, naît le jour le plus froid du monde. Mais sa vie commence mal puisque Madeleine, la sage-femme qui l'a mis au monde, s'aperçoit que son cœur est gelé. Sorte de docteur-mécanicienne, Madeleine va alors lui bricoler une horloge-cœur pour le sauver.

Elle élève Jack dans le souci constant du bon fonctionnement de son horloge, l'obligeant pour cela à fuir toute émotion trop forte. Mais l'étouffante protection que Madeleine déploie autour de lui va voler en éclats aussitôt qu'il croisera la route de Miss Acacia, ravissante jeune chanteuse. Les pires craintes de Madeleine se réalisent quand Jack part sur ses traces, fou amoureux...


L'histoire peu paraître simplette et un peu cliché. Mathias Malzieu y développe surtout les thèmes de l'amour et du rejet de la différence (relatif au drôle d'engin qui permet à Jack de vivre).

À mon avis, le meilleur se situe dans l'écriture. Elle est pleine de charme grâce à l'infinité des images étonnantes que trouve l'auteur. Elles ponctuent chaque phrase, contrairement à la majorité des livres où l'on peut trouver une perle par-ci par-là. L'univers de Mathias Malzieu ne surgit et n'est crédible que grâce à ces images magnifiques et inattendues. Tout le charme de La Mécanique du cœur est d'ailleurs dans cet univers créé par l'auteur, un univers vieilli mais pas trop, à la fois sombre et fleur bleue, rappelant celui de Tim Burton.

Extraits

« Il neige sur Edimbourg en ce 16 avril 1874. Un froid de canard paranormal cadenasse la ville. Les vieux spéculent, il pourrait s'agir du jour le plus froid du monde. (...) Le vent est coupant, les flocons plus légers que l'air. BLANC ! BLANC ! BLANC ! Explosion sourde. (...) L'ancienne rivière, habituellement si sérieuse dans son rôle de rivière, s'est déguisée en lac de sucre glace qui s'étend jusqu'à la mer. (...) Les arbres ressemblent à de grosses fées en chemise de nuit blanche qui étirent leurs branches, bâillent à la lune et regardent les calèches déraper sur une patinoire de pavés. »

« Elle pleurait déjà en escaladant la colline pour arriver ici. Ses larmes glacées ont rebondi sur le sol telles les perles d'un collier cassé. À mesure qu'elle avançait, un tapis d'étincelants roulements à billes se formait sous ses pieds. Elle a commencé à patiner, puis a continué encore et encore. La cadence de ses pas est devenue trop rapide. Ses talons se sont emmêlés, ses chevilles ont vacillé et elle a chuté violemment en avant. À l'intérieur, j'ai fait un bruit de tirelire cassée. »

Anaïs, Éd.-Lib.

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