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10 août 2009 1 10 /08 /août /2009 19:30












John CHEEVER

Une Américaine instruite
précédé de  Adieu, mon frère

Traduit de l’américain
par Dominique Mainard

Ed. Gallimard, 2007 (Folio)















Né dans le Massachusetts en 1912 et mort à New-York en 1982, John Cheever est un auteur peu connu en dehors des frontières américaines.
Son œuvre est essentiellement constituée de nouvelles (environ 200), petites chroniques familiales qui dépeignent avec une ironie teintée de tendresse la middle-class américaine des années d’après-guerre. Mieux que personne, John Cheever (surnommé « le Tchekhov des banlieues ») sait décrire la vie quotidienne des faubourgs et quartiers résidentiels aisés de l’Est des États-Unis, ces familles qui, sous l’apparence d’une vie heureuse sans histoires, recèlent souvent de petites névroses et haines sous-jacentes. Cela n’est d’ailleurs pas sans évoquer l’œuvre picturale d’Edward Hopper qui, sans avoir témoigné de la même époque, a souvent peint les mêmes lieux et les mêmes ambiances légèrement sombres et mélancoliques.

John Cheever a également écrit quelques romans, certains récemment traduits en français : Les Wapshot (1957) et Les Lumières de Bullet Park (1967), parus respectivement en 2008 et 2009 aux Editions Gallimard (Folio), ainsi que On dirait vraiment le paradis (1982) traduit en 2009 aux Editions Joëlle Losfeld.

Une Américaine instruite présente deux nouvelles : Adieu, mon frère et la nouvelle éponyme, toutes deux extraites du recueil Déjeuner de famille publié en 2007 aux éditions Joëlle Losfeld.




Adieu, mon frère

 
Edward Hopper
The Long Leg (1935)

A Laud’s Head, sur la plage  d’une île du Massachusetts qui pourrait être le Cap Cod cher à Hopper, s’élève une grande maison qui, le temps d’un été, réunit une mère et ses quatre enfants. Même Lawrence, le plus jeune que personne n’a revu depuis quatre ans, est là avec sa petite famille. Mais, loin des réjouissances attendues, sa venue électrise peu à peu l’ambiance apparemment sereine.

Le narrateur, un des quatre enfants, s’attache pourtant, dans un premier temps, à exprimer l’apparente unité familiale, la formidable loyauté qui règne entre chacun des membres : « Notre famille a toujours été très unie », « nous sommes loyaux les uns envers les autres, en dépit de nos différences »...  Mais peu à peu, on sent percer dans son discours les rancœurs passées, dirigées vers Lawrence qui, de son côté, affiche un mépris ostensible vis-à-vis des siens. Tous, y compris la mère, cherchent son approbation et paraissent ne pas pouvoir se remettre du fait que Lawrence ne correspondra jamais à leur « moule ». Et progressivement, irrémédiablement, la belle unité que tout le monde affiche en faux-semblants va s’effriter.


Une Américaine instruite

Edward Hopper
Summertime (1943)

Jill n’est pas seulement une femme brillante, elle est également très active : elle a mis sur pied une école privée, a présidé toutes les associations de sa ville, a dirigé une agence de voyages, écrit une biographie de Gustave Flaubert et occupe des fonctions de conseillère municipale. La mère de Jill lui a souvent répété qu’une femme de son intelligence n’a pas à se préoccuper des tâches ménagères : c’est donc Georgie, son mari « quarterback de quatre-vingt-six kilos dénué de toutes prétentions intellectuelles »,  qui prend en charge, de sa propre volonté, leur foyer et l’éducation de leur fils unique.

Malheureusement, dans l’effervescence de ses activités mondaines, Jill délaisse peu à peu son foyer, laissant s’insinuer sa vie publique dans sa vie privée. Lorsque son mari et elle partent pour Venise, c’est en tant que guide touristique qu’elle lui fait arpenter la ville ; lorsqu’elle le rejoint dans le lit conjugal, c’est pour écrire quelques mots de français. Mais quand leurs intérêts et leurs modes de vie opposés finissent par les brouiller complètement, il est déjà trop tard.

Pauline L., A.S. Bib.-Méd.-Pat.

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Published by Pauline - dans Nouvelle
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