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19 août 2009 3 19 /08 /août /2009 19:30







Catherine MEURISSE
Mes hommes de lettres :
petit précis de littérature française

Paris : éditions Sarbacane, 2008.





















Née en 1980, ancienne élève de l’école Estienne, Catherine Meurisse est dessinatrice pour de nombreux organes de presse, adulte et enfant, parmi eux Charlie Hebdo dont elle rejoint l’équipe en 2005. Illustratrice de livres pour la jeunesse, la jeune femme publie également des bandes dessinées chez divers éditeurs. C’est son dernier album que nous allons découvrir.

Lorsque l’on catalogue, il est plaisant de pouvoir ranger tel ouvrage dans telle catégorie. Difficile avec celui-ci. Ni tout à fait bande dessinée, ni roman graphique, ni recueil, ni compilation de caricatures, ce n’est pas non plus un livre d’initiation à la littérature destiné à la jeunesse, ni un manuel de rattrapage pour les nuls, ni un Lagarde et Michard illustré.

Mes hommes de lettres se compose d’une succession de saynètes, invitations au voyage à travers l’histoire de la littérature française, du Moyen Âge à nos jours. Différents narrateurs, Renart, Panurge, Rastignac, vont et viennent, amenant le lecteur d’amusements en découvertes, d’attendrissements en retrouvailles. Au détour des pages des souvenirs d’études, de lectures remontent à la surface. L’ouvrage titille, chatouille notre mémoire d’écolier et de lecteur.

Au gré du texte et des images, une multitude de voix s’élève. Celles des auteurs : Montaigne, Racine, Corneille, La Fontaine, Sand, Balzac, Proust, Sartre, etc. Celles de leur entourage, amis et grandes figures de l’édition. Enfin et surtout celles de leurs personnages, qui prennent vie sous nos yeux ; cela est particulièrement vrai pour les œuvres anonymes, les personnages s’exprimant d’autant plus qu’ils sont nés de pères inconnus.

Derrière toutes ces voix transparaît celle de l’auteur principal. De l’eau, des couleurs, quelques coups de pinceau, un crayon aux traits vifs, assurés, et Gustave Flaubert surgit de la feuille blanche. Avec énergie et humour, Catherine Meurisse mène une danse au travers des siècles et des œuvres. En véritable conteuse elle nous guide dans ce qui aurait pu être une accumulation d’histoires décousues. Pour moi c’est une farandole où se côtoient les hommes et les femmes qui ont fait la littérature, qu’ils soient de chair ou de mots. Car même si le lecteur peut suivre ses envies, passer du Moyen Age au XIXème siècle puis revenir en arrière, même s’il est fait une large place au second degré, l’auteur illustre avec succès la construction progressive et continue des lettres françaises.

Un regret cependant, que ce livre ne soit pas plus long. Certes, il n’y a ici nulle volonté d’exhaustivité. Bien des noms sont déjà présents. Mais tant d’écrivains auraient pu être croqués par Meurisse ! Elle-même le reconnaît, en nommant les absents à la fin du livre (Ronsard, Beaumarchais, les Dumas et bien d’autres...). Ainsi, Renart version Meurisse joue les troubadours, il se lamente de l’absence de François Villon, énumérant au passage tout ce qui devrait en être dit...

Mais c’est qu’il y a beaucoup à dire sur les lettres en France. Ne manquent ni les personnalités remarquables ni les anecdotes étonnantes. Une vie n’y suffirait pas. Remercions donc Catherine Meurisse pour cette promenade en littérature. Ses quelque cent-quarante pages se dégustent comme une madeleine, ouvrant l’appétit (et l’esprit)  pour de nouvelles lectures.


Marie-Charlotte, A.S. Bib.-Méd.

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Published by Marie-Charlotte - dans bande dessinée
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