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24 août 2009 1 24 /08 /août /2009 19:30









Serguei LOUKIANENKO

Nightwatch

traduit du russe
par Christine Zeytounian-Beloüs

Albin Michel, 2007
















Wouah !

Tel est le premier mot qui m’est venu à l’esprit en ayant terminé la lecture de Nightwatch, les sentinelles de la nuit. Moi qui ne suis pas une fan pure et dure de science-fiction, le pari n’était pourtant pas gagné…

On ne peut pas dire que la ville de Moscou soit un cadre particulièrement commun pour ce genre d’histoire, mais elle a un passé si particulier qu’on a le sentiment qu’il imprègne chacun de ses immeubles crasseux et imposants, vestiges de l’époque soviétique. C’est donc cette ville qu’a choisie Serguei Loukianenko, ancien médecin en psychiatrie devenu écrivain, pour nous conter le conflit millénaire opposant les forces de la Lumières aux forces de l’Obscurité.

« Que de manichéisme ! » me direz-vous, rien qu’à entendre ces mots… Que nenni ! Car faire partie de l’une ou l’autre de ces forces tient plutôt à une philosophie de vie consistant (en gros) à faire passer ou non le bonheur de sa personne avant celui des autres humains. Ces personnes, ce sont les Autres, des êtres supra-humains qui, à la révélation de leur véritable nature, ont (selon leur état psychologique du moment) choisi la voie de la Lumière ou de l’Obscurité. Ils sont alors initiés à aller et venir dans la Pénombre, une dimension parallèle où le temps humain n’a pas cours, sont dotés de pouvoirs inhérents à leur classe (mage blanc ou noir, loup-garou, vampire, guérisseur, etc…) et d’une vie que nous, pauvres mortels, qualifierions d’éternelle.

Un traité fut signé entre les chefs de ces deux forces il y a fort longtemps pour que les humains cessent de faire les frais de leurs batailles, ce qui a imposé un certain équilibre : chaque fois qu’une bonne action est faite, cela donne le droit aux Sombres d’en commettre une mauvaise de même valeur et vice versa. Par conséquent, les deux camps se surveillent mutuellement, essayant de résoudre les conflits de la manière la plus diplomatique possible. De plus, une entité supérieure neutre se charge de veiller à cet équilibre, c’est l’Inquisition.

Dans Nightwatch, nous nous plaçons du côté des sentinelles de la nuit, à savoir les Clairs (les sentinelles du jour étant les Sombres). Plus précisément, nous suivons Anton Gorodetsky, analyste informatique au Contrôle de la nuit qui débute, plein de beaux idéaux et de préjugés en tête, sa première mission de sentinelle sur le terrain, à la recherche d’un vampire chassant sans licence dans les rues de Moscou…

Je m’arrêterai là car vous en dire plus sur l’intrigue vous en gâcherait tout l’intérêt. Sachez juste que les trois histoires qui composent ce livre s’enchaînent parfaitement bien et donnent au fur et à mesure de l’épaisseur aux personnages. De plus elles donnent beaucoup à réfléchir sur la nature humaine en général, sur sa propre nature en particulier.

L’environnement ne nous est pas familier, à nous Occidentaux, pour un roman de science-fiction, mais les descriptions nous immergent totalement dans la ville de Moscou, que l’on sent tiraillée entre son passé (toujours présent au travers de l’architecture) et la modernité présente. Les personnages, ni anges, ni démons, sont les soldats d’une bataille dont seuls les chefs connaissent le véritable enjeu, ce qui ne peut que tenir le lecteur en haleine à chaque intrigue…

Les trois tomes suivants (Daywatch, Twilightwatch et Finalwatch) sont également composés de trois histoires et dévoilent petit à petit les arcanes du Contrôle du Jour et de la Nuit. Pour vous dire tout le succès que cette saga a eu en Russie, Serguei Loukianenko n’a cessé d’être comparé à Isaac Asimov, un des maîtres incontestés de la science-fiction et du roman d’anticipation !












Personnellement j’ai dévoré les trois premiers tomes d’une traite et attends avec impatience la traduction française du quatrième et dernier…

Pour les fainéants et cinéphiles, cette saga a donné naissance à deux films, Nightwatch et Daywatch (qui en fait ne reprennent que la substantifique moelle du premier livre) plutôt divertissants mais pas comparables aux livres… En tout cas ils ont le mérite de montrer que le cinéma russe est capable de rivaliser avec les films de science-fiction américains !

Marie, Bib.-Méd.

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Published by Marie - dans science-fiction
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