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6 septembre 2009 7 06 /09 /septembre /2009 19:30









Jean-Pierre MARTINET
La Grande Vie

Éditions de l'Arbre vengeur, 2006


















Jean-Pierre Martinet est né à Libourne en 1944. Elève brillant, passionné de littérature et de cinéma, il devient assistant-réalisateur à l’ORTF à partir de 1966. Il y renonce en 1978 lorsqu’il comprend qu’on ne lui donnera jamais l’occasion de réaliser son propre film. Plus tard, il sera propriétaire gérant d’un kiosque à journaux à Tours. Il mène une vie chaotique, déraisonnable, marquée par les déambulations nocturnes et l’alcool. Usé, il retourne vivre à plus de quarante ans chez sa mère à Libourne et meurt hémiplégique en 1993, à seulement quarante-neuf ans.


Il est l’auteur de trois romans La somnolence (1975), Jérôme, son chef d’œuvre (1978) et L’ombre des forêts (1986). Parallèlement, il mena une activité de critique littéraire. Considéré par certains comme l’un des plus grands écrivains de la deuxième moitié du XXème siècle, il ne connut jamais le succès de son vivant, tout au plus une timide reconnaissance. Sans doute est-ce à cause d’une écriture de désespéré. En effet, ses récits sont marqués par un pessimisme omniprésent et une noirceur sans faille. Il développe des univers sombres et cruels, teintés de touches d’ironie et d’humour.

La grande vie est parue, pour la première fois, dans la revue Subjectif des éditions du Sagittaire en mai 1979.

La grande vie raconte l’existence d’un nabot, laid, d’un mètre quarante, Adolphe Marlaud. L’homme ne désire pas grand-chose, et suit impassiblement sa règle de conduite : vivre le moins possible pour souffrir le moins possible. Il habite, depuis plus de quinze ans, un immeuble qui fait face au cimetière Montparnasse, rue Froidevaux, et qu’il nomme sa prison. En effet, il s’y cantonne obstinément et ne dépasse que rarement le périmètre de son quartier sans charme. Il gagne sa vie comme petit employé servile d’un magasin d’articles funéraires. Bien que solitaire, il sert occasionnellement d’homme phallus à une amoureuse, Madame C., sa concierge, colosse de deux mètres et de plus de cent  kilos…
 
« Comme on se sentait seul dans ce désert. Rue Froide. Avec tout ce que cela évoquait : chambre froide, morgues, cadavres abandonnés, jeunes filles à moitié pourries, mauves et vertes et blanches, veaux assassinés à coups de merlin, au petit matin, sous une pluie fine. Comment peut-on porter un nom aussi horrible ? Froideveaux ! Ah, comme vos rues sont froides, messieurs, et comme on y meurt lentement, à petit feu, à petits pas, de chagrin et d’ennui ! Comme le cœur est lourd à porter en vos déserts ! On y chemine en exil toute sa vie. Etrange voyage d’hiver » (p. 24).

Simon, A.S. Bib

Autres articles sur des ouvrages édités par L'Arbre vengeur :








Jean-Yves Cendrey, Le Japon comme ma poche


 

Jacques Spitz, L'œil du purgatoire, article de Jean-Baptiste







Article de Laurent sur Trous noirs de Lázaro Covadlo
Quatre articles sur Qinzinzinzili, ceux d'Isabel et de Marine, ceux de Maylis et de Marie

Eric Chevillard, L'autofictif, article de Marine

Léon Bloy, Histoires désobligeantes, article d'Adrien
Léo Lipski, Piotrus, article de Marie-Amélie
Marie-Louise AUDIBERTI, Stations obligées : article de Julie.

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