Jeudi 8 octobre 2009
4
08
/10
/Oct
/2009
19:30
Jean-Michel GUENASSIA
Le Club des Incorrigibles Optimistes
Albin-Michel, 2009.
C’est un pavé! Un gros livre de plus de 750 pages ou presque 800 suivant que l’on est optimiste ou pessimiste… Mais pourtant il vous file entre les mains, on tourne
les pages : déjà le deuxième chapitre ? Bon, j’en lis un autre et j’y vais, je vais être en retard… un troisième ? Non, cette fois on m’attend…bon…mais je fais vite alors ! Je peux mettre l’eau
du thé à chauffer le temps d’un dernier volet…oups, j’ai trop attendu; elle est froide !
Le libraire aurait pu me prévenir : NE RIEN PRÉVOIR CE WEEK-END ! Et heureusement qu’on est samedi… ce livre en pleine semaine, c’est un truc à vous faire
virer !!!
Vraiment, Le Club des Incorrigibles Optimistes est une vraie saga. Un petit jeune de 12 ans nous raconte les péripéties de sa vie
parisienne : il aime le baby-foot, lire en marchant et a un énorme problème de compatibilité avec les maths ! On est dans les années 60. Une vie simple et bien réglée va se transformer en
véritable chaos, un sac de nœuds impossible à démêler duquel notre héros (terme ô combien approprié!) va tenter de se dépêtrer. D’abord il fait la connaissance de membres d’un club d’échecs. Un
endroit caché au fond du bar « le Balto » où l’on parle français avec un accent russe et où Sartre et Kessel aiment bien venir boire des bières. Mais il y a aussi Cécile, la petite-amie du grand
frère, abandonnée, névrosée qu’il faut surveiller, les parents qui se séparent et qui hurlent, Nicolas qui l’aide en math, Juliette qui n’arrête pas de parler et lui, Michel, qui veut un appareil
photo ! Tout ce bazar sur fond de guerre d’Algérie (avec ses partisans et ses réfractaires), de guerre froide très très cruelle, et d’histoires de famille à dormir debout !
L’auteur inconnu (jusqu’alors), Jean-Michel Guenassia, signe là un premier roman comme je les adore. Les personnages sont très attachants. La
longueur du roman laisse le temps au lecteur de s‘attendrir, de s’immiscer dans la vie tumultueuse de Paris et donc aussi de laisser son empreinte quelque part ! L’air de rien, grâce
au choix d‘un personnage tout jeune, frais et naïf, en évitant toute critique directe (et pompeuse), Guenassia nous dresse un portrait de la France et du monde dans les année 60. Et je vais vous
dire une chose : c’est le bordel ! Vraiment ! Tout s’embrouille dans la vie de ce petit bonhomme comme si tous les problèmes de la planète à cette époque s’incarnaient en lui. Plus on avance dans
les péripéties plus on a envie d’offrir un refuge et un répit à ce petit.
L’écriture n’est pas prétentieuse mais pas simpliste pour autant. L’auteur se contente de raconter et le message passe tout seul ! Guenassia est vraiment un
auteur comme je les aime. Il ne tente pas de « jouer » à l’écrivain, il raconte, simplement.
J’espère vraiment que les libraires soutiendront ce roman dans la folie de la rentrée littéraire. Je suis très heureuse de constater qu’il est déjà retenu dans la
sélection du Goncourt et du prix Interallié ! Comme quoi on peut débuter en littérature sans être lourdingue, médiatique et bling-bling ! Libraires, incorrigibles optimistes, À VOUS DE
JOUER !
Annabelle, 2e année Éd.-Lib.
Derniers Commentaires