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6 mai 2011 5 06 /05 /mai /2011 07:00

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Abé Kōbō
La Femme des Sables

Traduction de

Georges Bonneau

et Tadahiro Oku
Stock, La Cosmopolite, 2002

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Ici une biographie succincte de l’auteur Abé Kôbô (Wikipédia).

 
Résumé

Un instituteur décide un beau jour de prendre congé de son travail et de son foyer pour fuir son quotidien et s’adonner à sa grande passion : l’entomologie. Au milieu des dunes, à la recherche d’une nouvelle espèce d’insecte, les membres d’un petit village isolé acceptent de lui offrir le gîte et le conduisent chez une femme (veuve) qui habite au fond d’un gigantesque trou, entouré de falaises de sables. Le lendemain, au moment de repartir, l’homme s’aperçoit que l’échelle par laquelle on l’avait fait descendre a disparu. Il se retrouve alors pris au piège, seul en compagnie de son hôtesse. L’homme arrivera t-il à sortir ? Par quels moyens ? Question qui servira de fil conducteur et de véritable colonne vertébrale tout au long du récit. 

 

Kōbō met ici son histoire au service de toute une symbolique. Le lecteur, à travers le personnage principal, va ainsi se heurter à de nombreuses questions existentielles. Grande réflexion sur la place de l’Homme dans l’univers, de son destin, et des chemins possibles à emprunter… autant de questions mises sur la table par l’auteur et qui donnent au récit une portée universelle. Impression d’autant plus palpable qu’aucun nom de lieu ni aucun nom de personnage ne nous sont donnés (excepté p.123 où l’on apprend que l’homme s’appelle en réalité Nikki Jumpei). Les contours et les identités sont floues : « l’homme », « la femme », « l’autre », « les villageois ». Des désignations qui viennent renforcer le côté onirique du roman. En aucun cas le Japon n’est évoqué explicitement. On aurait plutôt tendance à penser à un conte, où le vrai personnage central serait le sable. Un personnage omniprésent, envahissant, et qui va jouer un rôle symbolique majeur.

 

Il serait fastidieux et rébarbatif d’expliquer en détail l’histoire. Le phénomène du huis-clos impose une tension dans le récit difficilement transcriptible. Attachons-nous plutôt au message qu’a voulu faire passer l’auteur.

L’itinéraire d’un homme, ou plutôt devrait-on dire des Hommes. En effet, le protagoniste de La Femme des sables passe par tous les états de la vie, de la condition humaine (espoir, désespoir, colère, acceptation, folie, solitude, espérance, amour…) et nous rappelle à chaque instant l’universalité du message. Un travail sur soi quotidien, une quête existentielle (comment ne peut-on pas penser ici à l’existentialisme de Sartre…). Autre référence majeure pour Kōbō, la pensée d’Albert Camus et son Mythe de Sisyphe (1938). Accepter l’absurdité de la vie, en être conscient et vivre avec. Se fixer un but et s’y tenir, telles sont les conditions pour espérer le bonheur. Le personnage du roman est donc aux prises avec lui-même, seul face à ses contradictions. Le sable agissant comme une véritable contrainte, et puis plus tard dans le récit, comme un allié.

Kōbō joue habilement avec les extrêmes, tiraillant son personnage (mais aussi le lecteur), d’un bout à l’autre de l’échelle émotionnelle. De cette façon, il dresse une sorte de tableau de l’humanité qui n’a d’autre but que de faire réfléchir le lecteur sur sa propre condition. En somme, ce roman revêt un caractère quasi métaphysique.

 

Inutile néanmoins de s’étendre plus sur la portée philosophique du récit. Finissons par ce paragraphe p. 314-315 qui résume à lui seul l’ouvrage :

« Je n’avais pas compris…et puis comprendre quoi ? Oh non, de quelque façon que l’on s’y prenne, ce n’est pas la force de l’intelligence qui fait tourner la vie humaine… Cette existence-ci, cette existence-là, l’évidence, c’est qu’il y a beaucoup de manières d’exister… et qu’il arrive parfois que l’autre versant, celui qui fait face au côté où l’on se trouve, vous apparaisse un tant soit peu plus désirable… À vivre ma vie comme je la vis, de me demander ce qu’il en adviendra est bien pour moi en vérité, la chose la plus insupportable au monde ! Et quant à savoir ce qu’est au juste la nature de mon existence, ça, c’est une impossibilité de condition : aucun moyen d’en rien saisir… Mais quand même, si sur ce chemin-là, il se trouve quelque côté plus clair où l’esprit aperçoive de quoi le distraire, si peu que ce puisse être… eh bien, j’ai beau ne pas savoir pourquoi, je finis par me persuader que c’est encore là la meilleure direction… ».

À noter : La femme des sables a été adapté au cinéma en 1964 par le réalisateur et ami de l'écrivain, Hiroshi Teshigahara, avec une bande originale signée par l'excellent Toru Takemitsu.


Florian, A.S. Bib.-Méd.

 

 

Abé Kōbō sur LITTEXPRESS

 

Abe Kobo Cahier Kangourou


 

 

Article de Mélanie sur Cahier Kangourou.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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