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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 07:00
Agota-Kristof-Le-Grand-Cahier2.jpg















Agota KRISTOF
Le Grand Cahier

Seuil, 1991
Points, 2001








   







Allemagne, durant la Deuxième Guerre mondiale. “Nous arrivons de la Grande Ville. Nous avons voyagé toute la nuit. Notre Mère a les yeux rouges.” Le roman commence par une fuite ; quittant la ville où la famine règne, la mère laisse ses deux jumeaux aux soins d’une grand-mère qu’ils ne connaissent pas, et qui ne va pas leur mener une vie facile. Elle est avare, analphabète, acariâtre et cruelle. Claus et Lucas apprennent seuls les lois de la vie, se soutenant mutuellement. Ils sont abandonnés à eux-mêmes, forgeant leur propre éducation. Ils s’entraînent à s’endurcir, se livrant à d’étranges exercices.
   
Se réfugiant dans le grenier de la maison, ils inscrivent dans un grand cahier la liste des tâches effectuées et des lois auxquelles ils répondent, telles que :
« Il est interdit d'écrire : "la Petite Ville est belle", car la Petite Ville peut être belle pour nous et laide pour quelqu'un d'autre. » Ils apprennent à vivre en se fixant des règles et en listant leurs actions, dans le froid, la faim et la dureté de la guerre qui fait rage. Aussi cruels que le monde qui les entoure, ils apprennent à tuer sans remords, et à ne pas s’apitoyer sur la douleur des autres. Ils découvrent la jalousie, la faim, la misère, la mort, la méchanceté. Ils n’ont aucune trace de tristesse lorsque leur mère meurt sous leurs yeux un peu plus tard; aucun sentiment, seulement l’acceptation de la mort sans ciller.   
agota kristof
Premier roman d’une trilogie, Le Grand Cahier est publié en 1987, une trentaine d’années après que son auteur - Agota Kristof - s’installe en Suisse. Elle a émigré de Hongrie, son pays natal, sous occupation soviétique. Cette migration forcée va influencer son oeuvre. Elle reçoit pour ce livre le prix du livre européen.

Il est devenu très rapidement un succès et est inscrit au programme des lycées. Il est suivi en 1988 par La preuve, et en 1991 par Le troisième mensonge, livre qui clôt la trilogie. Ce livre nous transmet avec force les malheurs de la vie dans un pays totalitaire en guerre, les sentiments, les  inquiétudes et la cruauté de ces deux jumeaux qui réussissent à s’accommoder de la vie qu’on leur impose. Il nous emmène dans la réalité de cette guerre qui a tant détruit, autant le monde matériel que le monde psychologique. Nous évoluons et apprenons en même temps que ces deux frères, vivons leur quotidien, ressentons les mêmes sensations, les mêmes sentiments suscités par l’écriture vraie et crue de l’auteur, mêlée d’humour noir.

    Ce livre nous apporte autant sur le plan sentimental – car il nous fait découvrir une atmosphère que l’on n'a pas connue ou bien ravive des souvenirs qui restent à fleur de peau –, que sur la plan historique, car même si l’auteur ne prétend pas tendre vers l'objectivité, c’est voir la Seconde Guerre mondiale non d’un point de vue politique, mais humain.


Mélissa, 1ère année Ed.-Lib.

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commentaires

Noémie 26/04/2010 19:46


Mon but n'est pas de critiquer mais il n'y a aucune précision quant a l'endroit ou se déroule le récit, cependant l'auteure étant hongroise on peut supposer qu'il se passe en hongrie plutot qu'en
allemagne!


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