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5 août 2011 5 05 /08 /août /2011 07:00

Ahn-Do-Hyun-Saumon.gif


 

 

 

 

 

 

 

 

AHN Do-hyun (안 도현)
Saumon (연어)
Traduit du coréen
par Yeong-hee Lim et Françoise Nagel
Illustrations de Eom Taek-su
Éditions Picquier, 2008

Picquier poche, 2011






 

 

 

 

 

 

Ahn-Do-Hyun.jpgBiographie

Ahn Do-hyun est un poète et nouvelliste de la jeune génération coréenne né en 1961. Sa carrière littéraire commence véritable lorsqu'il reçoit le prix « Shinchun Munye » organisé par le quotidien Dong-A Ilbo en 1984. En effet, les grands quotidiens coréens (dont Dong-A Ilbao) ont parmi leurs objectifs l'encouragement de la création littéraire et la découverte de nouveaux talents grâce à des prix appelés « shinchun munye ». Ces quotidiens consacrent une rubrique à la découverte de ces jeunes artistes littéraires sous la forme de romans-feuilletons.

Ce prix ne tarde pas à être suivi d'autres pour des recueils de poèmes comme Feux de bivouac, Seul et triste ou le Bureau de poste au bord de la mer. Ahn Do-hyun est également récompensé pour des contes pour adultes dont Saumon et des essais comme Assumer sa solitude. Il est également couronné du prix des jeunes poètes en 1996 et du prix Sowol en 1998. Ahn Do-hyun est publié dans de nombreuses langues asiatiques, et depuis quelques années, il commence à se faire connaître des lecteurs européens.

Son livre Saumon paru en 1996 en Corée a été vendu à un million d'exemplaires dans toute l'Asie. L'ouvrage est devenu rapidement un classique dans les écoles coréennes. Il s'agit également de son œuvre la plus connue en France.

 

Saumon

Le premier chapitre est consacré à la genèse du livre et à l'explication de cette phrase : « le mot saumon sent la rivière ».

La véritable histoire du roman débute avec un article rédigé par Ahn Do-hyun dans un magazine de pêche à la ligne qui commence précisément par cette phrase. L'objectif premier de ce court article était pour Ahn Do-hyun de proposer la création d'un mouvement de défense des saumons. Mais, très rapidement, l'auteur a reçu des appels et des courriers de lecteurs le questionnant sur cette première phrase, voire lui reprochant de ne pas véritablement connaître les saumons étant donné que ceux-ci passent la plus grande part de leur vie en mer. Ce roman n'est pas vraiment une justification de l'emploi de cette phrase mais plutôt la volonté de faire découvrir et partager la vie des saumons. Il s'agit d'un hommage poétique aux saumons, doublé d'un discours critique sur l'impact humain sur la nature, projet littéraire qui n'est pas cependant un plaidoyer écologique à portée politique.

 « Pour comprendre parfaitement les saumons et les aimer, il faut les observer en se plaçant à leur niveau. Cela demande également un brin d'imagination. En un mot, il est indispensable de les regarder avec le cœur, c'est à dire d'avoir le désir de saisir ce que les yeux ne voient pas et d'être ainsi capable de percevoir l'invisible. »

 Ahn Do Hyun Saumon image 3

Vif-Argent n'est pas un saumon comme les autres. Non pas seulement parce que ses écailles sont argentées mais également parce qu'il se questionne. Il s'interroge sur le sens de la vie. Il n'est pas comme les autres saumons qui ont pour seul raison de vivre de remonter le fleuve Émeraude et d'assurer leur descendance. Non, Vif-Argent désire autre chose. Mais quoi ? Il ne le sait pas lui-même. Nous suivons donc le périple de Vif-Argent qui découvre l'amour grâce à Regard-Limpide et doit faire face à de nombreuses épreuves dans sa quête du sens de la vie.

 Ahn-Do-Hyun-Saumon-image-4.jpg

Nous plaçant « à leur niveau », nous portons un regard excentré sur l'impact du comportement de l'homme sur la Ahn-Do-Hyun-Saumon-image-5.jpgnature. Cela est rendu notamment avec le fleuve malade. Une des thématiques importante du livre est aussi la capacité de chaque être vivant de choisir son propre chemin dans la vie. Il peut s'agir d'un chemin facile, celui qui permet de remonter la rivière sans risque, ou celui, dur mais rempli de gloire, qui fait affronter la cascade.

Ahn Do-hyun ne tombe pas non plus dans la stigmatisation. En effet, les humains ne sont pas tous décrits comme des êtres vils et corrompus. Le fleuve raconte à Vif-Argent deux types d'êtres humains : ceux avec les cannes à pêche et ceux avec les appareils photo. De plus, il n'existe pas que des gentils saumons sous l'eau.
Ahn-Do-Hyun-Saumon-image-6.jpg
Ahn Do-hyun nous emmène dans un monde poétique et émouvant où chaque être vivant est doué de paroles et de pensées : les saumons, la rivière... et même les pierres. Il s'agit d'un style d'écriture assez simple mais qui, toutefois, soulève des questions très profondes sur les rêves, le sens de la vie, notre maîtrise relative de la vie... C'est un ouvrage qui peut être aisément abordé par un jeune lectorat mais qui permet également une double lecture pour un lecteur plus âgé. Ahn Do-hyun abolit la barrière d'un âge de lecture à travers ce roman.

 Le dernier chapitre reprend, à son début et à sa fin, la fameuse phrase « Le mot saumon sent la rivière ». La dernière page est particulièrement émouvante. En effet, il s'agit d'un message d'espoir, teinté me semble-t-il d'un brin d'envie de la part de l'auteur :

 

« Je voudrais avoir les yeux et les oreilles du cœur pour savoir, au seul bruit de leurs nageoires, que les Vif-Argent sont revenus à la rivière. C'est avec cet espoir que je me répète inlassablement : le mot saumon sent la rivière. »



Les illustrations de Eom Taek-su

Les dessins de Eom Taek-su rythment l'ouvrage de AHN Do-hyun, rendant encore plus poétique et enchanteresse l'histoire philosophique de Vif-Argent.

 Ahn-Do-Hyun-Saumon-image-7.jpg

Mon avis

J'avoue n'avoir pas été très emballée à la lecture des premières pages du roman en raison d'un style d'écriture a priori naïf, sentiment renforcé par le choix de l'éditeur d'utiliser une typographie à gros caractères. Mais très rapidement, j'ai été emportée par la poésie de Ahn Do-hyun et de Vif-Argent. J'ai été vraiment touchée par l'histoire et l'univers « parallèle » du monde naturel qui coexiste avec le celui des hommes. J'avoue également que je ne regarderai plus les saumons de la même manière après avoir lu ce roman.

Il est  flagrant que l'auteur est également un poète inscrit dans la tradition asiatique. Les phrases sont simples, dépouillées, porteuses d'une grande sensibilité et d'une réelle profondeur de pensée. J'ai également apprécié les dessins de Eom Taek-su qui illustrent l'œuvre avec beaucoup de poésie et proposent à chaque page une découverte esthétique.

 Ahn-Do-Hyun-Saumon-image-8.jpg

Margot, 1ère année Bib-Méd-Pat.

 

 

AHN Do-hyun sur LITTEXPRESS


 

Choi Kyu-sok l'amour est une protéine

 

 

 

 

 

 Article de Camille, sur L'Amour est une protéine, manhwa de Choi Kyu-sok, adaptation d'un roman de Ahn Do-hyun.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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