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29 novembre 2009 7 29 /11 /novembre /2009 21:00







Åke EDWARDSON
Ce doux pays

traduit du suédois
par Marie-Hélène Archambeaud
JC Lattès Septembre 2008
10/18 Octobre 2009





 

















On le présente comme le digne successeur d’Henning Mankell et son nom est aussi connu en Suède que le maître du polar national. Åke Edwardson est un journaliste et écrivain de Göteborg où se déroulent la majorité des investigations de son commissaire, Erik Winter. Ce dernier, loin des clichés des enquêteurs brutaux et égoïstes,  travaille de pair avec son équipe pour résoudre ses affaires. Cultivé, passionné de jazz et calme, sa capacité à ingurgiter des boissons alcoolisées semble humaine, ce qui semble exceptionnel dans le polar d’aujourd’hui.



Lors de ce septième roman, la ville de la côte occidentale suédoise est encore une fois à l’honneur et théâtre cette fois-ci dans les quartiers nord les plus défavorisés d’un réglement de comptes sordide qui laisse sans visage trois immigrés. L’enquête progresse lentement, technique d’écriture sûrement héritée du police procedural de Sjöwall et Wahlöô et maintenant marque de fabrique du polar scandinave. Les policiers doutent, les recherches piétinent et les aides techniques restent poussives à l’heure où les enquêtes trouvent leur dénouement dans les laboratoires en un temps record. Ici pas d’experts aux explications improbables mais des enquêteurs à l’ancienne qui vivent pour la résolution des crimes, cela à un rythme de vie insoutenable. Peut-être l’auteur exprime-t-il aussi un profond rejet de la modernisation qui envahit sa ville, une bétonisation à outrance qui englue les immigrés et n’aide pas à la rencontre des peuples. Raison pour laquelle le crime apparaît comme une solution d’intégration : l’appât du gain unit toutes les communautés… La réflexion sur ce sujet est acide et les autorités suédoises ont les oreilles qui sifflent, coupables selon lui d’augmenter le gouffre culturel et d’user d’une sensibilité peu commune pour chasser les familles expulsées par-delà les frontières. Comme nous l’annonce le titre, le propos est ironique pour qualifier « le plus beau, le plus accueillant de tous les pays du monde, notre bonne vieille Suède ».

Vous l’aurez compris, même si le cours de l’enquête reste passionnant et d’un réalisme rassérénant, l’important demeure la critique acerbe d’une société longtemps érigée en modèle social et politique. Lorsque la douceur  climatique estivale règne en Suède, c’est Åke Edwardson qui vient refroidir les corps et les esprits.


Adrien, 2ème année Ed-Lib


Le polar scandinave sur LITTEXPRESS




Article de Julie sur Les hommes qui n'aimaient pas les femmes, de Stieg Larsson








La fille qui rêvait d’une allumette et d’un bidon d’essence
, publié par Actes Sud en 2006 : voirl'article de Sandrine









Camilla Läckberg, La Princesse des glaces, article de Valentin


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Published by Adrien - dans polar - thriller
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