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12 juillet 2010 1 12 /07 /juillet /2010 07:00

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Alaa EL ASWANY
Chicago

Traduit de l’arabe (Égypte)
par Gilles Gauthier
Actes Sud, 2007
collection « Babel »
, 2009


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

BIOGRAPHIE

Alaa El Aswany, Égyptien, est né au Caire. Il a étudié dans un lycée de langue française et est parti pour Chicago étudier la médecine pendant trois ans. Il reviendra en Égypte pour travailler en tant que dentiste, métier qu’il continue d’exercer deux fois par semaine, cela lui permettant de rester en contact avec sa clientèle. L’auteur égyptien s’inspire beaucoup d’anecdotes que lui racontent ses patients. Il a besoin d’être près du peuple égyptien pour écrire ; d’ailleurs il est souvent décrit comme un auteur empreint d’humanisme.

Alaa El Aswany se définit lui-même comme « un écrivain qui a des idées politiques et non comme un politique qui écrit des livres ». La fiction reste sa priorité. Cependant à travers ses trois romans à succès, L’Immeuble Yacoubian (2002), Chicago (2006) et J’aurais voulu être Égyptien (2009), le « bon docteur El Aswany » dénonce la corruption, l’extension des interdits religieux et la pauvreté, entre autres. C’est un homme engagé dans l’opposition au Président égyptien Mohammed Hosni Moubarak, militant pour une Égypte démocratique aux côtés de son éditeur égyptien, le seul à avoir accepté de le publier avant son succès.

Cet engagement et la dénonciation de certains faits dont souffrent les Égyptiens où qu’ils soient (Chicago) peuvent nous amener à penser qu’Alaa El Aswany est une sorte d’héritier des muckrakers des Etats-Unis de la fin du XIXe siècle et du début du XXe.


L’écriture…


Alaa El Aswany observe une rigueur scientifique lorsqu’il écrit ses romans. Il se donne trois ou quatre heures quotidiennes pour la rédaction, fait des recherches documentaires afin de « dessiner » le plus précisément ses personnages ; par ce souci de précision, les romans de l’écrivain égyptien sont empreints de réalisme.

 

 

LE ROMAN CHICAGO

Ce roman a pour point de départ l’arrivée d’étudiants égyptiens en histologie (étude des tissus humains) dans la ville de Chicago, au sein de l’université de l’Illinois après le 11 septembre.

Dans une microsociété où Égyptiens et Américains évoluent dans la ville de Chicago, ce roman nous donne à voir différentes facettes de l’Amérique ainsi que de l’Égypte. Tour à tour, ces deux pays se rencontrent, s’unissent, s’opposent, se soutiennent à travers des personnages symbolisant chacun à sa manière l’amour, la religion, la corruption, la nostalgie, la révolte…

 

 

QUELQUES THÈMES ABORDÉS …

Chaque chapitre de ce roman polyphonique nous raconte les différentes histoires des personnages de manière discontinue et qui de temps à autres se croisent dans la ville de Chicago qui fait partie intégrante de leur vie et qui façonnera leur destin…

La sexualité.
Dans Chicago, le thème de la sexualité est abordé sous tous ses angles. Elle sera symbole de l’amour qui unit John Graham à sa femme Carol, un instrument de torture pour Safouat Chaker et elle fera sa renommée dans les services secrets égyptiens. Le sexe se révèle être aussi une échappatoire avec la drogue pour Sarah, fille du docteur Raafat Sabet, qui est ballotée entre deux identités, égyptienne et américaine. Source de malaise pour le docteur Saleh, ce dernier s’apercevra que son problème d’impuissance est la conséquence d’un malaise beaucoup plus profond.

L’intégration
Après le 11 septembre, il paraît difficile, dans ce roman, de s’intégrer pour les étudiants égyptiens qui viennent d’arriver à Chicago. Cheïma se retrouve arrêtée car en faisant cuire des piments, la fumée épaisse qui émanait de sa chambre a été prise pour un début d’incendie (à Chicago, depuis sa création la chose qui effraie le plus ce sont les incendies…)

Mais il y a aussi des Égyptiens arrivés avant le 11 septembre comme le docteur Raafat Sabet, marié à une Américaine, Michelle, qui affiche au début du roman des propos clairement antiégyptiens.

La corruption
Dans cette « Little Egypt » en plein centre de Chicago,  la corruption fait pourtant rage. Ici, Chicago nous paraît sournoise cachant derrière son beau visage de ville démocratique une réalité beaucoup plus dure où les services des gouvernements égyptien et américain utilisent des stratagèmes illicites pour arriver à leurs fins.

Face à la corruption, Nagui Abd el-Samad symbolise cette Égypte jeune qui a le courage de se soulever contre le gouvernement égyptien. Ce personnage n’est pas ici sans nous rappeler les idées militantes de l’auteur et c’est le seul protagoniste pour qui El Aswany a opté pour une écriture en narration interne.

 

 

CONCLUSION

Alaa El Aswany écrit de façon simple, ce qui permet au lecteur de bien suivre l’évolution de chaque personnage dans cette microsociété. De plus, par cette simplicité, mêlée à la précision des détails, le roman nous paraît plus ancré dans la réalité, une réalité qui dérange dans le pays qui symbolise la mixité des peuples mais qui reste traumatisé par la sombre journée du 11 septembre.

Ici l’auteur nous rappelle que le portrait d’une ville ne se constitue pas que par les bâtiments qui la composent mais aussi qu’elle existe à travers chacun de ses habitants ainsi que leur histoire.

 

 

Anaïs, 1ère année Bib.-Méd.-Pat.

 

 

Alaa EL ASWANY sur LITTEXPRESS

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Article de Maude sur L'Immeuble Yacoubian

 

 

 

 

 

 

 

 

alaa el aswany chicago

 

 

 

Article de Jean-Baptiste sur Chicago

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