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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 07:00

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Alessandro Baricco
Soie
Titre original : Seta
Première édition italienne
R.C.S. Libri & Grandi Opere S.p.A, Milan, 1996
Traduit de l’italien par Françoise Brun
Albin Michel, 1997
Gallimard
Collection Folio, 2001




 

 

 

 

 

 

L’auteur

« Écrivain et musicologue, Alessandro Baricco est né à Turin en 1958. Dès 1995, il a été distingué par le prix Médicis étranger pour son premier roman, Châteaux de la colère. Avec Soie, il s’est imposé comme l’un des grands écrivains de la nouvelle génération. Il collabore au quotidien La Republica et enseigne à la Scuola Holden, une école sur les techniques de la narration qu’il a fondée en 1994 avec des amis. »

Notice sur l’auteur, Soie, Alessandro Baricco (Gallimard)

 
 
Quatrième de couverture (collection Folio) :

« Vers 1860, pour sauver les élevages de vers à soie contaminés par une épidémie, Hervé Joncour entreprend quatre expéditions au Japon pour acheter des œufs sains. Entre les monts du Vivarais et le Japon, c'est le choc de deux mondes, une histoire d'amour et de guerre, une alchimie merveilleuse qui tisse le roman de fils impalpables. Des voyages longs et dangereux, des amours impossibles qui se poursuivent sans jamais avoir commencé, des personnages de désirs et de passions, le velours d'une voix, la sacralisation d'un tissu magnifique et sensuel, et la lenteur, des saisons et du temps immuable. »

 

L’œuvre

Soie se compose de 65 chapitres, de quatre voyages « jusqu’à la fin du monde », de deux couples, d’un triangle amoureux, d’un homme Hervé Joncour, de sa femme Hélène, d’Hara Kei le chef d’un village japonais, de sa maîtresse et d’une lettre d’amour.

Cette histoire commence au début des années 1840 lorsque Baldabiou, un homme au passé impossible à tracer décide de bouleverser la petite ville de Lavilledieu en y implantant des filatures à soie. Grace à cette nouvelle activité la ville va se développer pendant près de vingt ans. Mais dans  les années 1860, l’épidémie de pébrine qui touche les colonies de vers à soie en provenance des pays méditerranéens rend les œufs inutilisables.

C’est en 1853 que Baldabiou a bouleversé la vie d’Hervé Joncour, le fils du maire de Lavilledieu, en faisant de lui son importateur d’œufs de vers à soie. Ainsi jusqu’en 1861, Hervé Joncour a traversé tous les ans six cents milles de mer et huit cents kilomètres de terre à l’aller puis au retour jusqu’en Syrie et en Égypte pour aller chercher les œufs indispensables aux filatures de soie de Lavilledieu.

En 1861 lorsqu’il paraît désormais impossible d’utiliser les œufs de vers du bassin méditerranéen ou d’Inde, Baldabiou propose une nouvelle destination commerciale à Hervé Joncour, le Japon : « Ils disaient que dans cette île on produisait la plus belle soie du monde. » (chapitre 10).

C’est ainsi que le 6 octobre 1861, Hervé Joncour entreprend son premier voyage « jusqu’à la fin du monde ». Lors de son départ, sa femme Hélène lui dit pour seul encouragement : «  Tu ne dois avoir peur de rien. » Il va suivre un trajet très précis qu’il effectuera une fois par an durant quatre ans aller et retour : toujours le même ; la guerre civile rendant ses voyages impossibles au-delà de ces années. L’exportation d’œufs hors du Japon est interdite et Hervé Joncour doit de ce fait utiliser un réseau souterrain pour obtenir les œufs. C’est ainsi qu’il fera la connaissance d’Hara Kei : « l’homme le plus imprenable du Japon, maître de tout ce que le monde réussissait à faire sortir de cette île » et d’une jeune femme dont les « yeux n’avaient pas une forme orientale » qui va piquer son intérêt. Lors de ce premier voyage, Hervé Joncour resta six jours l’invité d’Hara Kei.

« Le premier dimanche d’avril — à temps pour la grand-messe — il était aux portes de Lavilledieu. » (chapitre 17).

Le 1er octobre 1862, Hélène dit à son mari : « Tu ne dois avoir peur de rien. » Cette phrase sonne le début du second voyage d’Hervé Joncour pour le Japon. Lors de ce voyage il retrouve Hara Kei et passe quatre jours dans son village où il est traité comme un invité de marque. Lors de ce voyage Hervé Joncour découvre l’amour que porte Hara Kei à sa maîtresse grâce au gage d’amour dont il lui fait don :

«  Il se souvint d’avoir lu dans un livre que les Orientaux, pour honorer la fidélité de leurs maîtresses, n’avaient pas coutume de leur offrir des bijoux : mais des oiseaux raffinés, et superbes. »

Toutefois, à veille de son départ du village, alors qu’Hervé Joncour prend un bain, l’amante d’Hara Kei lui remet un petit billet écrit en japonais.

« Le premier dimanche d’avril — à temps pour la grand-messe — il était aux portes de Lavilledieu. » (chapitre 24).

À son retour il va se rendre à Nîmes pour rencontrer Madame Blanche —  « Elle est riche. Et elle est Japonaise — » afin d’obtenir la traduction du billet : « Revenez, ou je mourrai. » (chapitre 27).
:


Cependant on ne sait pas pourquoi la jeune femme mourra. Est-ce qu’elle mourra parce qu’elle est transie d’amour ? Ou pour une autre raison ?

À son retour, il va emmener sa femme en vacances à Nice pendant l’été et ils décident de concevoir un enfant.

Au début de septembre des nouvelles d’une probable guerre civile au Japon installent le doute auprès des exploitants de Lavilledieu quant à la sureté du voyage de Monsieur Joncour. La décision  revient donc à Baldabiou et : « Hervé Joncour partit pour le Japon aux premiers jours d’octobre. » Il rejoint le village d’Hara Kei et participe à une soirée dans la demeure de ce dernier. À son retour dans son habitation après la soirée, la maîtresse d’Hara Kei l’attent à avec une jeune femme qu’elle lui offre en cadeau puisqu’elle ne peut passer la nuit avec lui.

« Le premier dimanche d’avril — à temps pour la grand-messe — il était aux portes de Lavilledieu. » (chapitre 38).

À son retour il commence à concevoir un jardin et il emmène une nouvelle fois sa femme à Nice pour les vacances. « C’était Hélène qui l’avait voulu, persuadée que la tranquillité d’un refuge isolé réussirait à tempérer l’humeur mélancolique qui semblait s’être emparée de son mari. »

À son retour, Baldabiou lui rend visite pour lui annoncer que la guerre a éclaté au Japon. Cependant Hervé Joncour insiste pour partir au Japon.

Le 10 octobre 1864, Hervé Joncour  part pour son ultime voyage au Japon avec cette phrase de sa femme : « Promets-moi que tu reviendras. » Arrivé au Japon, il trouve le village dévasté : « La fin du monde. » Il cherchera des survivants et un messager lui est envoyé par la maîtresse d’Hara Kei qui va le mener à son convoi. Cependant le messager sera condamné sous l’autorité d’Hara Kei :

« Sa loi est très ancienne : elle dit qu’il existe douze crimes pour lesquels il est permis de condamner un homme à mort. Et l’un de ces crimes est d’accepter de porter un message d’amour pour sa maîtresse. »

Par la suite Hervé Joncour sera banni du village par Hara Kei : « Allez-vous-en, Français. Et ne revenez plus jamais. »

Pour la première fois Hervé Joncour rentre de son périple avec du retard, sans larve à rapporter à Lavilledieu : « Des millions de larves. Mortes. On était le 6 mai 1865. Hervé Joncour entra à Lavilledieu neuf jours plus tard. »

Ce retour signe la fin des voyages d’Hervé Joncour au Japon. Lorsqu’il rentre de ce dernier voyage il ne rapporte pas la richesse à Lavilledieu mais il va cependant réussir à proposer une alternative aux gens de son village. Quelques mois après son retour, il reçoit par la poste une lettre écrite en japonais. Il part pour Nîmes demander à Madame de lui faire la traduction de la lettre. Hélène la femme d’Hervé Joncour décède d’une maladie en 1874.

La lettre d’amour était remplie de passion et de regret. Toutefois ce n’est que quelques mois après le décès de sa femme qu’Hervé Joncour réalisera qu’elle ne lui a pas été envoyée par la personne qu’il croyait : « Elle l’avait déjà écrite quand elle est venue chez moi. Elle m’a demandé de la recopier, en japonais. Et je l’ai fait. C’est la vérité. »

 

Analyse

Ce livre retrace les voyages d’Hervé Joncour et les différents apprentissages qu’il fait tout au long de ses voyages et de ses rencontres. Il va développer une relation amicale avec Hara Kei ainsi qu’une certaine fascination pour sa maîtresse à qui il ne va pourtant jamais parler. Lorsque la relation entre Hervé Joncour et Hara Kei passe par l’oralité, celle qu’il va développer avec la maîtresse d’Hara Kei va passer par l’échange de regards et de gestes légers. Au cours de ces voyages on peut remarquer qu’Hervé Joncour apprend à observer les petits détails de la vie et de ce qui l’entoure.

La relation entre Hervé Joncour et sa femme est très forte et pleine de confiance mais aussi de non-dit. Hélène va être tout au long du récit un soutien lointain et effacé pour son mari. C’est une épouse dévoué et amoureuse qui ne cherche que le bonheur de son mari, le laissant partir loin d’elle.

La construction du récit  passe par des répétitions, des passages entiers du livre sont utilisés et réutilisés dans le but d’encadrer certaines descriptions ou d’introduire une analepse. Alessandro Baricco utilise plusieurs fois ce procédé pour amener la description de personnages en lien avec des événements passés mais aussi pour insérer dans le récit des éléments historiques. La reprise de ces motifs encadre les digressions et permet de reprendre le récit là où il a été mis en pause par l’auteur. Au fil de la lecture lorsque l’on se rend compte de ces répétitions, on essaye de rechercher dans chaque passage une différence mais tout est identique au mot et à la virgule près, comme un refrain.

 

C.S.-L. 1ère année édition-librairie.

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Published by CSL
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